‹ Le pays des amours comedie en cinq actes melee de chantChapitre 20 sur 82 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

VICTOR, à sa pensé*.

Ah! l'argent! c’est bien ce que le diable à inventé de mieux pour gâter la vie!

VALENTIN, encore à lui-même.

Bah ! après tout, Natalie est charmante ! Et ce n’est pas le père que j’épouse! (Haut.) Enfin, mon cher Denis, au vampire près, vous êtes heureux?

VICTOR, se levant.

Si je suis heureux, moi 1 dans mon coin! auprès d’une femme comme Louise! ah! vous ne savez pas ce que c’est que l’amour dans le ménage ! la vie à deux.

Air de Rose et Marguerite.

La vie à deux, c’est la source féconde De tout espoir, toute force, tout bien !

Du paradis c’est un coin dans ce monde,

Entrons-y donc et défendons-le bien !

On n’y croit guère en commençant la vie,

On veut aimer, mais librement toujours ;

L’on va, l’on vient de Rosette à Julie,

Et l’on a peur des trop longues amours!

Oh! le beau temps! Le cœur à son aurore Se sent si riche et d’aimer si pressé.

Qu’il se ruine et se ruine encore,

Croyant toujours qu’il n’a rien dépensé.

C’est le printemps de notre humain voyage.

Où l’on s’arrête à lanl d'illusions!

Où, sans lasser les jambes du bel âge.

Dans tout chemin on suit des papillons!..

Derrière soi, pourtant, sur d’autres roses.

On voit bientôt briller d’autres beaux jours,

Et l’on entend d’autres beautés écloses Chanter sans vous les nouvelles amours!

(Valentin se lève.)

Dam’! c’est l’été, l’on court un peu moins vite,

Et puis l'on marche, et, petit à petit.

Illusions, rêves, fleurs, tout nous quRto,

Quand notre pas encor se ralentit...

Pour nous conduire à l’ombre, sûr la mousse.

Pour en chemin ne pas s’arrêter seul.

Heureux qui trouve une compagne douce !

— La solitude est un premier liuceul ! —

• Tandis qu'on laisse au loin les jeunes rire.

On fait son nid pour les automnes froids...

Puis un beau jour largement on respire :

Au fond du nid, c’est qu’on se trouve... trois!

La vie eu vous ce jour-là recommence,

Le nouveau-né mène votre maison...

Ses premiers cris y fout un bruit immense.

Et son sourire emplit votre horizonl Au doux foyer, au travail, à l’étude,

Que de railleurs sont ainsi revenus !

C'est un bonheur à l’état d’habitude!

C’est le plus sûr, n’en demandons pas plug !

La vie à deux, c'est la source féconde Le tout espoir, toute force, tout bien!

Du paradis c’est un coin dans ce monde :

Quand vous l’aurez, ah! conservez-le bien ! ■

VALENTIN

Je vous le promets! votre exemple est assez encourageant pour cela.

VICTOR, s'animant.

Grâce à la femme dont .je suis aimé, voyez-vous, je défie l’homme le plus beau, le plus puissant, le plus glorieux, d’être heureux eomme moi!.. Ah ! c’est que rien ne peut dire quelles tendresses, quels dévouements, quels trésors d’âme j’ai trouvés! Je vous souhaite autant de bonheur qu’à moi; mais, vous aussi, je vous défie bien d’en rencontrer davantage.

VALENTIN

Oh! obi vous avez la fatuité du bonheur! j’espère pourtant pouvoir parler un jour comme vous, lorsqu’en me venant voir on me trouvera sous le charme d’une femme adorable, dont j’aurai été le premier amour!

LOUISE, qui a reparu à gauche, l’air inquiet, tressaillant aux derniers

mots.

Ah!.. (Victor se retourne.) Pardon...

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