ACTE III, SCÈNE VIII
Là, Flieoteaux, ce réfectoire Où l’on mangeait, trompant la faim.
Avec tant de projets de gloire Si peu de viande, et tant de pain!
Je reconnais ton toit d’ardoise,
Vieil Odéon, où tant de fois
Nos cris, nos clefs ont cherché noise
A la tragédie aux abois!
Plus loin encor, la closerie.
Où chaque été les frais lilas Font une campagne fleurie A tant d'amants qui n’en ont pas!
Égayant les hivers moroses.
Là-bas j’entrevois le Prado,
Où la ronde, des minois roses Porte en triomphe Pilodo !
Où souvent l’on fait une idole Dans les sœurs de Mimi-Pinson.
Le dimanche Jeanne la Folle,
Et le jeudi Liso-Chanson !
Dn jour, on passe la rivière,
Et, grand docteur, grand avocat,
Lorsque l’on regarde eu arrière.
Plus d’une fois le cœur vous bat!
On est sur la terre promise.
Mais... — on ne le dit que tout bas... —
Comme au bras de Jeanne ou de Lise On retournerait sur ses pas!...
Pays latin, où l'espérance Couronne les fronts de vingt ans,
Pépinière d’où, pour la France,
Sortent tant d’esprits éclatants;
Au soleil couchant qui te dore.
Je te revois, des pleurs aux yeux...
Pays latin, je t’aime encore,
Et mon cœur te fait ses adieux!
ROSE, passant sur la terrasse et posant sur ta table le café et deux tasses.
A table, voyageur!
VALENTIN
A table, petite fleur des toits! (ils se mettent à table. — On entend des sons de guitare, puis une voix qui chante : )