ACTE I, SCÈNE III
RIGANDARD.
Eh ! eh ! eh ! j’aime ça, moi ! en souvenir d’une aimable parfumeuse de Bordeaux , ventre-de-lion !.. (Tirant an flacon de sa poche.) Voilà une jolie odeur; tenez ! qu’est-ce que vous dites de
ça?., (il se verse quelques gouttes du flacon dans la main et s'en met aux cheveux, au mouchoir, etc. — Reprenant.) Ah Çà ! mais, je Croyais trouver ici mon beau-frère Berthoud avec Natalie !
VALENTIN
Ils devaient donc venir?..
RIGANDARD.
Eh! oui, cher ami, vous annoncer un retard de quelques jours à votre mariage.
VALENTIN
Comment?
RIGANDARD.
Oui, oui, Berthoud ya vous expliquer ça ! c’est sans importance...
VALENTIN
Mais, cependant !..
RIGANDARD, allant à la table*.
’ Vous déjeuniez donc en ce lieu?., ça me donne envie de manger un morceau !..
VALENTIN
Voyez ce qu’il y a encore, ce ne sera pas indigeste.
JONAS
Un fromage de Neufchàtel...
RIGANDARD.
Bravo ! ça me rappellera la Suisse, Guillaume Tell, J.-J. Rousseau !.. M’a-t-on gardé du vin, au moins?., oui ! nous sommes sauvés... (il se met i table.)
VALENTIN
Faites connaissance avec mon ami Jonas, cher oncle, je crois qu’il compte sur vous pour quelque chose.
RIGANDARD.
Ventre-de-lion ! Valentin, votre bonne étoile a voulu que vous épousassiez ma nièce ! mais 11e m’appelez pas votre oncle, cher ami, ça me vieillit!., et j’aime à laisser planer sur mon âge une certaine obscurité... appelez-moi de mon petit nom... Aimé. Aimé! nom bien justifié, du reste, car... (s« tournant vers
* Jon. Rig. Val Théo.
jonas.) lorsque j’ai été flanqué en demi-solde... Tenez, il faut que je VOUS conte ça... (il continue plua bai, Jonas s'est assis è côté de lui.)
THÉO, à Valentin, en l'attirant à lui.
Adieu! je reviendrai te voir demain, lu me diras ce qui arrive...
Ah! bien, oui! demain! mais demain, mon cher, je ne serai plus ici. C’est loué, ici; on vientce soir même enlever toutcequi est à moi, et, mon appartement d’homme marié n’étant pas prêt, me voilà sans asile.
„ THÉO
Tu viendras chez moi... Ah ! tu sais que nous allons en soirée, demain, chez mon client le baron Stévens de Wolverschott : j’ai une lettre d’invitation pour toi.
VA LENTIN, riant.
Oh ! j’irai, j’irai...
THÉO
Pourquoi ris-tu comme ça? (iis parlent plus bas.)
RIGANDARD, à Jonas.
C’est comme quand je créai mon affaire de l’utilisation de la fumée de Paris, je fis rencontre d’une petite femme de fumiste, extrêmement rousse... il faut que je vous conte ça... (il
continue à roix basse.)
VALENTIN, à Théo, reprenant haut.
Bien, bien! je ne ris plus! je serai chez toi à dix heures. (Au
moment où Théo ta sortir, entrait Berthoud et Natalie. — Jonas se 1ère.)