‹ Le pays des fourruresChapitre 5 sur 67 · DU FORT RELIANCE AU FORT ENTREPRISE · texte numérisé non relu

DU FORT RELIANCE AU FORT ENTREPRISE

Les premiers beaux jours étaient arrivés. Le fond vert des collines commençait à reparaître sous les couches de neige en partie effacées. Quelques oiseaux, des cygnes, des tétras, des aigles à tête chauve et autres migrateurs venant du sud, passaient à travers les airs attiédis. Les bourgeons se gonflaient aux extrêmes branches des peupliers, des bouleaux et des saules. Les grandes mares, formées çà et là par la fonte des neiges, attiraient ces canards à tète rouge dont les espèces sont si variées dans l'Amérique septentrionale. Les guillemots, les puffins, les eider-ducks allaient chercher au nord des parages plus froids. Les musaraigni s, petites souris microscopiques, grosses comme une noisette, se hasardaient hors de leur trou, et dessinaient sur le sol de capricieuses bigarrures du />out de leur petite queue pointue. C'était une ivresse de respirer, de humer ces rayons solaires que Le printemps rendait si vivifiants! La nature su réveillail de son long sommeil, après l'interminable nuit de l'hiver, ei souriait eu s'éveillant. L'effet de ce renouveau est peut-être plus sensible .-m milieu des contrées hyperboréennes qu'en tout autre point du globe.

Cependant le dégel n'était point complet. Le thermomètre Fahrenheit

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