DU FORT RELIANCE AU FORT ENTREPRISE
Les premiers beaux jours étuient arrivés. Le fond vert des collines commençait à reparaître sous les couches de neige en partie effacées, Quelques oiseaux, des cygnes, des tétras, des aigles à tête chauve et autres migrateurs venant du sud, passaient à travers lesairs attiédis, Les bourgeons se gonflaient aux extrêmes branches des peupliers, des bouleaux et des saules, Les grandes mares, formées çà et là par la fonte des neiges, attiraient ces canards à tête rouge dont les espèces sont si variées dans l'Amérique septentrionale. Les guillemots, les puffins, les eider-ducks allaient cherci er au nord des parages plus froids. Les musaraignes, petites souris micrescopiques, grosses comme une noiselte, se hasardaient hors de leur trou, et dessinaient sur le sol de capricieuses bigarrures du out de leur petite queue pointue. C'était une ivresse de respirer, de humer ces rayons solaires que le printemps rendait si vivifiants! La nature se réveillait de son long sommeil, après l’interminable nuit de l'hiver, et souriait en s’éveillant. L’effet de ce renouveau est peut-être plus sensible au milieu des contrées hyperboréennes qü’en tout autre point du globe.
Cependant le dégel n'était point complet, Le thermomètre Fahrenheit
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