‹ Le pays du soleil de minuitChapitre 113 sur 147 · EXHUMATIONS DE VAISSEAUX · texte numérisé non relu

EXHUMATIONS DE VAISSEAUX

monticule de terre et de pieries; il ensevelit ensuite ses ennemis dans d'autres navires. On oit encore ces monticules au sud de Frejderbjerg à l'entrée du fiord nord. De hauts bautastenar indiquent la tombe, d'Eigil Ullsârk.

Près de Borre, dans le voisinage de Horten, non loin du liord Christiania, on a trouvé, en 1852, dans un grand monticule, les restes d'un vaisseau qui avait eu de 30 à 55 pieds de long, et, dans ce vaisseau, des ossements humains brûlés, les squelettes de trois chevaux et d'un chien, outre plusieurs antitpiités précieuses. Une tradition préleiid

Navire vikiinl tioiivo diins im uioiilictilc funéraire à Tune.

que ce monticule renfermait les tombes des rois de Vestfold, Oslen et Halfdan, (pii llorissaient à la tin du vm° siècle.

Dans un autre monticule, à Ultuna. au sud d'Upsal, on a ramené au jour, en 1855, les restes pounis, mais parlaitemenl visibles encore, d'un vaissi'au dans lequel avait été enterré un homme avec ses armes et ses chevaux. Les chevilles (jui assemblaient les planches se trouvai(Mil encore à leurs places. Le bâtiment semble avoir eu la taille d'un petit sloo]». A côté du corps gisait une épèe avec une magnifique poignée en bronze, superbement ornéi'. ainsi ipn' les rcslcs d'un fourreau en bois et ses moidures dorées. En sus de ces objets, on ramena un c.TSipie avec cimier d'argent, incrusté de lironze, — le seul casque des tenq)s païens découvert en Suéde ; — l.i boucle de fer d'un bouclier incrusté de bronze, la poignée de ce boucliiT, un paquet de pointes de llèches, deux mors de bride, trente-six pièces d'ècliecs, trois dés et des débiàs de deux squelettes de chevaux. A l'arriére du vaisseau, on avait déposé un gril en fer, un jiol faltriqné avec des plaqnes rivées et un manche à

demeure, et des os de porc et d'oies, — restes de la fête fiinélire, ou du festin préparé eu l'honneur du défunt pour son vovrii^e vers la Valhalla. Ou fabriquait ces articles en fer, excepté ipiaud C(da était autrement spécifié.

A Nydaui, sur la cote méridionale du Jutland. on areliré d'un marais, en 1803, un jirand et beau bateau eu chêne, (|ui était mis en mouvement |)ar (jualorze avirons de chaque c(jté. Il avait 80 pieds de long, et 11 pieds de large dans sa partie la plus développée; liant et pointu à chaipu' exirémilé; au ccnln'. il plongeait de .'i jiieds dans l'eau, et ressend)iait assez au clippcr de nus jdnrs. Ou l'avail cdiistruit avec onze lourdes planches, cin([ de cliaque cùté, et la dernière placée au fond en forme de (]uille. Les madriers se recouvraient l'un l'autre et étaient rivés ensemble par des chevilles en fer dunl li's (êtes rondes apparaissaient extérieurement ; h's espaces avaient élé calfatés avec de la laine trempée dans de la poix. Ces mailrins éliiicnt ajustés d'une curieuse manière aux membrures du bateau ; à chaipie place où ils les touchaient, on avait ajouté une bande longiindinale de chaque côté; un trou était jiercé à travers la membrure el à travers ce trou passait une corde, faite avec la partie ligneuse de l'écincc du tilleul. On donnait de la sorle an lialean ini éiiiiiiciil degré de souplesse, très avantageux dans le ressac el dans les uhms houleuses. A chaque extrémilé, une poutre, s'élevant de beauconp au-dessus du bajean, retenait les madriers. A traveis la partie supérieure ili'. chacune di' ces poutres, on avait percé un gr.ind h(in, dans hMpicl. ;'i en juger par la manière doni ils siuil usés, on passai! iiroliablenicnl des cordes (piandle liatean devait élrc lin'' snric ri\age. Mênie à léïKupic des Vikings, les plus grands navires l'Iaient amenés à Icric |»i'ndaiil l'hiver. Les deux extrémités dn bateau se ressemblent tellement, (pi'il est difficile de décider (pnd est l'avant ou l'arrière. Cette forme rappelle d'une façon frap|)anle la description des navires des Suiones donnée par Tacite, ipuMcpies généralions seulemeid avant la conslruclion du bateau de Nydam, (|ui, selon les monnaies loiuaincs (pie Ion y a trouvées, doit avoir été effectuée environ trois cents ans après l'ère chilienne. Tacite dit que les navires des Suiones ne ressemblaient pas à ceux des Romains, car, dans quelque direction que l'on ramât, ils avaient toujours un avant pour aborder à terre; ils ne portaient point

LE TUMLLUS DU HOI, A GOLKSTAD «3

lie voiles. Le bateau de Xydam ne |)()iivait avancer ([u'au moyen des rames, et Fou iTa pas liniivi' de (races d'nii mât; les avirons, de même l'orme que ceux maintenant en usage, avaient une longueur de douze ]iieils. Sur un côté du lialean. on a trouvé le gouvernail. i|ui est ('troit et ressemlde plus à une rame iju'à ceux de nos jours. — Les ^gouvernails de la plus ancienne période, et jusqu'à répo(|ue médiévale, étaient attachés à droilc de l'arriére, et non au milieu, comme maintenant. C'est le côté (pie nous appelons tribord.

En 1867. on a extrait d'un monticule à Tune, en Smaalenene, Norvège, un vaisseau viking, aujourd'hui au musée de Christiania. €e navire, qui n'avait i)oiiit de [tout, est en chêne; les |danches étaient attachées à la charpente par des chevilles en bois. Le boisage est snpéricnremeni l'ail; la (piille, formée d'une seule pièce, a été ^entièrement préservée. Le Ijateau a environ (|uarante-deu\ jiicds dr long, sur douze de large; sa hauteur ne doit pas avoir excédé (|uatre I)ieds trois i)Ouces ; l'avant et l'arriére sont très pointus et exactement semblables. Le plat-bord étant complètement détruit, les trous des rames manquent, et le nombre d'avirons employés est incertain; mais le vaisseau itortait aussi des voiles, et la partie inférieur!' du mal, qui était en sapin, est encore en |)lace. Le gouvernail, ressemblant à une rame, se trouvait un jti'u en an-ière du mât; cependant, l'apparence de la barre du gouvernail prouve (pi'on l'altachail sui' le colè du vaisseau. Ce navire contenail le cadavre non Inùlé d'un cin'f, [dus trois chevaux, des épées, dfs épicnx, des boucliers, etc.

Sur les bords dn liord Sande. à l'cnlrée dn liord Christiania, une trouvaille plus remanpiable encore a été l'aile en 1880. Dans la ferme de (iokstad, est situé le cèlèlu'e Kong's Hang (monticule du roil. En creusant à cet endroit, on a ramené au jour un navire bien conservé de l'époipie viking. Sa coque a 70 pieils de long et environ I '(• pieds de large jtar le travers; sa liaulenr perpendiculaire ne peut pas avoir ■dépassé 3 pieds; contrairenieni an baleau de Tune ci-dessus mentionné, qu'il dépasse de beaucinq) en laille, il est très long, étroit et bas. Au milieu est ajustée une j)Oiilre, dont les deux extrémités sont taillées en queue de poisson; elles servent à supporter le mât, (hnil un morceau existe encore, mais la parlie supérieure, qui a été coupée, gît au fond du navire. Dans ce vaisseau, et à côté de lui, on a déconverl

dos portions de deux ou trois bateaux jdus petits, et aussi des morceaux de voiles, de £;réement. de rames, le gouvernail, (|ui était attaché sur le côté du vaisseau, etc. Les plats-bords étaient couverts de boucliers dont les moidures en fer, aussi iiien (iiic les pièces peintes de diverses coulems. (nil été conservées. Hors du vaisseau étaient les ossements de trois chevaux et d'un chien. Quand les Vikings arrêtaient leurs vaisseaux, notamment itendant la miil, ils avaient cou-

Restes (lu navire trouvé à Ui'ikstad.

tume d'élever des teides au-dessus d'eux pour les proléijer. Sur ce vaisseau, — comme le repos du chef devait durer justpi'à Ragnarok Ha lin des lemps-. — au lieu d'une lente, on avait conslriiil une cliindiir funéraire en Imis. Elle était située un \)Ci\ en arriére du mal et formai! ciininn' le loil d'uiii' di'ini'in-i'. Mallii'tinMisemriil, la [iressioii de la masse de terre ipii le couvrait a brisé les espars (pii soutenaient la siruciure; il est évident aussi (|u'à une époque antérieure, celle chambre a été visitée; celui qui a remué la terre a crevé le fond du bateau, et sans doute dérobé une graude partie du contenu de la

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tombe; c'est pourquoi on n'y a trouvé que peu de cliose; mais ce peu de chose est néanmoins d'un grand intérêt : débris d'ossements non brûlés, restes de vêtements magnifiques, d'élolïe brochée de soie et d'or, de brides et de liarnais, montés de belb's }ilaques en bronze doré, parmi lesquelles on compte des pièces admirablement Iravailées et d'une excessive rareté. Ces trouvailles sont d'une haute valeur, car elles illustrent les récils des vieilles sagas, sur la coutume d'ensevelir dans son vaisseau le champion décédé. Ce fut sans doute sur des navires comme ceux-ci (]ue les Vikings exécutèrent leurs téméraires prouesses.

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