UNE VISITE AU PALAIS D'I^LRIKSDAL
liabit? ilemandai-je ; Elle ne pourra pas peindre aussi aisément. Mais le roi garda son frac, cl nous entrâmes en conversation.
— J'ai eu grand'peine à trouver Votre Majesté, lui dis-je, car ni soldats ni policiers ne veillent sur Elle, el les domestiques n'empêchent personne de s'inlrodiiire dans le palais.
— Di^s soldats pour me garder! s'écria le roi en souriant; en
Cliaiii^s XV.
eiï'et, il n'y en a poini. Les soldais sont pour le pays, et non pou/ moi. J'aimerais mieux renoncer à être roi, si j'étais obligé d'avoir des soldats pour veiller sur moi. Nous sommes tons libres ici.
Voilà ce qu'était la simplicilé de manières de Charles XV. Le peuple semble si bien connaître les convenances, qu'il s'abstient d'importuner un homme et de le suivre à la piste. Itien que ce soit un
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souverain. On janil allribuer ce peu ilf euridsilé à ce qirou voil le roi parlout, comme tout autre citoyen, et qnc le peuple s'accoutume à sa présence.
Je priai Sa Majesté de continuer sa peinture. « Non. ilil le roi; je veux vous faire voir les curiosités (jue j'ai réunies dans ce palais. J'aime tant cet endroit, que j'y passe toujours une giande partie de l'été. » Il me pria de garder mon cliapeau. et, 'se Icoillanl lui-même d'un feutre mou à larges liords, il me conduisit de cliamltre en chambre, me montrant avec fieilé sa belle et rare collection d'ameublements, de porcelaines, de tapis des Gobelins, de vieilles poteries, de vases, de coupes à boire, de cornes, etc. ; la plupart de ces objets 1res anciens et de grande beauté, quebpu's-uns d'un |iuissaut iidérèt historique, et tous témoignant de son goût artistiipie.
Nous entrâmes ensuite dans sa propre chambre, où il unvril une cassette dont il sortit quelques-unes de ses pliotograidiies. Il me demanda si je les trouvais bonnes et m'en donna une sur laquelle, à ma requête, il mil sa signature. Puis, prenant un album contenant des autographes de personnes illustres, il me dit à Ijrùle-poui'point : « Faites-moi l'amitié d'y inscrire votre nom, » ce ipie je lis, un peu malgré inoi. »
Quand sonna l'heure du dépari, il descendit l'escalier el m'accomitagna jusqu'à la porte pour me dire adieu. Il me serra la main très alïectueusement. me souhaita santé et succès pendant mon voyage au Nord et ajouta : « Ne manquez pas de venir me voir à votre retour.
Le lendemain matin, une ordonnance m'ap|)orta un |ia(pui (pii conienail dru\ lithograpldes représentant la salle à manger de l'L'lriUsdal que m'envoyait le roi, et une lettre de l'un des chambellans accompagnant le cadeau, avec les meilleurs souhaits de Sa Majesté pour mon voyage.
Telle fut ma première connaissance de cet aimable monarque. Plus je le vis ensuite, plus j'apjjréciai ses senlinienls alTecluenx envers moi, et. comme ses concitoyens, j'appris à admirer les nobles traits de sou caractère.
On le voyait souvent dans les rues de Stockholm et de Christiania, visitant les magasins comme un simple particulier, et. lorsqu'il