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villes, (|iioique petites, son! très i-iches; idiisieiiis maivliands passent pdiir (Mre millioiiiiaires; ils posséilenl de nombreux navires qu'ils envoient dans toutes les parties du monde ; les eiitrepi'ises de transport sont extrêmement importantes en Norvège. La petite ville ([ui m'a produit le plus d'impression par son activité est Arendal. Il y a peu d'années, elle a été détruite par le feu; les maisons en bois ont été remplacées par d'autres en briques enduites de stuc, et les magasins ont des devantures en glaces importées de France.
La paix publique est mainleiuie par nn petit corps de pidii'iers; car le peuple respecte la loi; et le brigandage ainsi que le vagabondage son
Ferme île Hùf, à Aker.
inconnus. La configuration du paysinleidit l'exécution de chemins de fer; c'est-à-dire que, matériellement, on pourrait en établir; mais le cont en serait si considérable qne jamais l'exploitation ne deviendrait rémunératrice. Les communications par bateaux à vapeur sont très dévelop|)ées.
J'ai souvent rencontré, pendant les mois d'été, sur les steamers, des troupes de personnes appelées lâsare (piétistes), que le bon peuple regardait comme des espèces de religionnaires fanatiques et sentimentals. Dés qu'ils étaient montés à bord, ils chantaient leurs hymmes et continuaient ainsi pendant toute la traversée, jusqu'à leur campement.
Connaissant l'hospitalité de ce peuple, j':ivais coutume, lorsqu'une maison attirait mon attention, d'arrèler mon cheval devant la porte et
i70 LE PAYS DU SOLEIL DE MINUIT
d'y tMiIrer. Depuis une couple iriicuics, j'avais (|uitlé Holnipsli-aud, village pilloresque au pied de falaises hoisées, et je venais de passer le hameau de Saiide, lorsque j'arrivai à une belle maison; je mis pied à ■ terre el j'enli'ai. A ma liraiide surju-isc. je fus accosié par deux jeunes femmes liahillées à la dciniére ludde. Je vis sur-ie-rlianip i|ne ce n'étaient pas des filles de fermiers; je m'excusai sur la manière peu ;.*r('monieuse avec laquelle je m'étais approché et je fis mine de me /étirer, mais elles me prièrent de rester.
La maison où je fus introduit était la résidence d'un juge qu'une <le ces dames fit ajipeli'r cl (pii me salua l'n anglais. Il était déjà âgé, mince et maigre, avec le visage hrnié par le soleil. Il venait de (piilter la charrue; cai'. Iiien qu'homme de talenl dans sa profession, il ne dédaignait pas les durs travaux de sa fernu'.
Dans le cours de la conversation, nous |iarlàuies des lois du pays et i"i''C(inlai avec hcauciiup iliiiléiél di' quelle façon solennelle on adminislre le seiiiieiil aux lénioins en Norvège; j'adniiiai l'exlioilalion émouvante el élaborée ipù l'accompagne, conformément à l'article 8, chapitre \iii, du cinquième livre des Lois, prouvant le caractère religieux du peuple et quelle sainteté il accorde à la vérité.
Toute personne (]ui ]irononce un serment lève trois doigts: le [)ouce, l'iadex el le médium. Le ponce représente " Dieu le Père », l'index « Dieu le Fils ». el le doigl majeur « Dieu le Saint-Esprit ». Les deux autres sont infiéchis dans la main; laïuiulaire représente l'âme qui est cachée dans l'homme, el le pelil doigl, le corps, précisément parce (|ue le corps est de peu d'inqiorlance, coinpai'è à l'àme. ïoule la main symbolise le Dieu lonl-puissant, éternel et créateur, (pii a l'ail l'homme et Joules les choses du ciel el de la leri'e.
L'i'xliorlatiuii prononcée en ciile occasion est calculée pour pi'oiluire luie profonde iuq)ression. Elle commence ainsi : « Toute persomic (|ui est assez inqiie, assez corrompue, et assez hostile à elle-même pour prêter un faux sernn'ul, ou ne pas tenir le serment juré, pèche comme si elle disait : » Si je fais un faux serment, (|ue Dieu le Père, , » Dieu le Fils el Dieu le Saint-Espril me punissent I (jue la bonté pater- » nelle, la grâce et la miséricorde de Dieu, le Père céleste qui m'a créé » el loule l'humanité à son image, ne me prolilenl pas,et que, moi, comme » [léchenr endurci et transgresseur ohsiiné, je sois puni élernellement
LA VALLEE DE SAETERS i7l
•i) en enfei"! » Celle cxhoilation qui est très longue, conclut ainsi : « Quand aine personne prête un faux serment, c'est comme si elle disait : « Si » mon serment est faux, que tout ce que je possède en ce monde soit » maudit! maudits soient mon champ, ma terre, ma prairie ! ([uc je ne » imisse jamais jouir de leurs fruits! maudits soient mon i)ètail, mes » bêtes, mes moutons, et que, dès ce jour, ils ne me (lonnciit plus aucun » bénéfice! (|ue je sois maudit en tout ce que j"entre})rendrai ! » 0 homme ! rèllêchis sérieusement et vois quelle sentence sévère, terrible, prononce sur lui-même celui qui profère un faux serment. Un chrétien pieux doit être alarmé et trembler sur les consé(|uences auxipielles entraîne un parjure; celui qui le commet s'éloigne de Dieu, s'exclut de ses bénédictions temporelles et éternelles, se sépare de la communion (diréticnne, enfin il est perdu et damné, corps et àme. C'est pourquoi, un chrétien se gardera de prêter un faux serment ou de jurer légèrement, si le bon état et le salut de son àme lui sont chers. Que le Dieu toutpuissant nous l'accorde par son cher Fils, notre Seigneur Jésus-Christ. Amen. »
En courant le long du promontoire, on voit ]ilusieurs vallées gj'andes et intéressantes; entre autres, celle du Saetersdal, oili habile un peuple remaripiable. Depuis la ville de Christiansand, qui aune population d'environ 12,000 âmes, une bonne route carrossable conduit un peu au delà de l'église de Valle, à 98 milles environ de la ville; après i[uoi, un sentier mène à 23 mUles plus loin, près de l'église de Bykie, d'où un autre s'étend jusqu'à la grande route de Thelemarken ou de Stavanger.
Une particularité (ju'il est bon de remaniuer dans les vallées de la partie la plus méridionale de la Norvège, c'est qu'elles courent du nord au sud. En été, on peut faire la route du Saetersdal en partie par eau, sur de petits steamers (jui [tarcourent les lacs de Kyle et de Bygland, au bout desquels on trouve des abris confortables jionr la nuit. Le touriste qui explore cette vallée peut se préparer à des déboires. La nourriture et les commodités de la vie y sont de la sorte la plus ordinaire, et des légions de puces, de l'espèce la plus vorace, empêcheront de dormir celui qui a la peau sensible. Les gens du Saetersdal ont la réputation d'être extraordinairement sales; mais je ne les ai pas trouvés pires que ceux d'autres districts montagneux. Ils se ressemblent en malpropreté, quni([u'il y ail des exceptions. Souvent
ils dorment enveloppés dans des peaux de numlon sans le moindre vêtement sur eux.
Les hommes du Saetersdal sont les plus grands et les plus forts
CosluQiPs (le Saelcrsiliil
de la Norvège, et, je cniis, de toute la péninsule. J'ai lu dans une des puldications annuelles de la Turisiforening, que la taille moyenne des lionnnes, prise par un gentleman, à Osstad, lorsqu'ils sortaient de l'église, était de ein(j pieds dix pouces. Leur ciistunie est très ])articulier. Les hommes portent des pantalons ijui muntent jusqu'aux aisselles, et une veste courte agrémentée d'ornements d'argent. Les femmes ont les robes les plus courtes de la Norvège; leurs jupes de laine hleu foncé, ornées au bord de rubans de