BERGEN : LA VILLE ET LES HABITANTS
dont les arrangements intérieurs ne ressemlilent à ceux d'aucune des églises que j'avais vues jusque-là. A droite, et regardant l'autel, elle est divisée en loges, contenant des sièges qui rappellent un peu le tliéàlro. Après le service, l'aile principale se remplit de garçons et de filles qui devaient subir un examen pour être admis à la confirmation. La cérémonie commença par une allocution du pasteur, puis, en présence des parents, il fit poser question sur queslioii par le domprovst (le doyen) à chaque enfant, sur la Bible et le calhécliisme. Plusieurs heures se passèrent de cette manière, aussi les enfants devinrent-ils fatigués et inattentifs. Cette longue cérémonie, si peu nécessaire, étant terminée, le doyen prononça une bénédiction sur chacun d'eux séparément, en disant : « Que le Seigneur te bénisse et te conserve ! Que le Seigneur tourne sa face vers toi et te soit favorable ! Que le Seigneurie protège et te donne la paix! » Le dimanche suivant, après la confirmation, les enfants devaient communier.
Le dimanche après midi, aussitôt après le service, la bande militaire joue sur la place pendant une demi-heure, et alors V élite de Bergen se promène et écoute les morceaux de musique. La foule se compose de dames mises à la dernière mode de Paris, de pêcheurs dans leurs costumes du dimanche, et de bôndcr de la province de Bergen dans leurs atours rustiques. On remarque quehiuefois, dans la multitude, des personnes aux cheveux noirs dont l'aspect contraste du tout au tout avec celui de la majorité du peuple.
L'une des coutumes du pays consiste à engager les servantes pour six mois, et à renouveler leurs engagements si les deux parties sont d'accord. Ceci a lieu les 14 avril et 14 octobre. On appelle ces deux jours Fhjttcdafjer f jours de changement). Je fus surpris de voir une telle animation en ville. Le soir, le Strandgaden offrait un spectacle extrêmement gai ; car la coutume veut que, lors du Flyltedag, toutes les filles engagées pour un service domestique quittent leurs anciennes places à deux heures de l'après-midi et entrent dans leurs nouvelles maisons à neuf ou dix heures du soir. Elles mettent alors leurs meilleurs vêtements et vont se promener dans le Strangaden, où leurs futurs et leurs amies viennent les trouver. Le Strangaden correspond à Broadway, aux Boulevards, ou à Régent street; une foule épaisse le parcourt de sept à onze heures du soir, puis il redevient désert. En Suède, les dates
du rcnouvollemciit snni les 24 avi'il el 2\- orlolire; mais les scrvaulrs y ont pour elles trois jnurs dont elles i)euvent disposer à leur gré, ce qui cause souveiil bien de l'emliarras aux dantes, lesquelles smil (diligées de faire de leur mieux pour se servir.
La position géograpliirpie de Bergen, enlre le Sogne, le Hardaiigi'r, d'autres fiords el des districts pêcheurs, lui donne une grande impor-
Pèclionr poilaiit un jjoisson.
lance commerciale. De celle ville, deux fdis par semaine, des steamers cliaufl'ent pour les parties les plus idoignées de ces grands bras de
mer.
La ville est bien pourvue d'iiislilulions de charilé cl de bienfaisance, dhopiiaux, et d "un asile pmir les gens âgés et infirmes. Les habitants sont sociables, bons el hospitaliers. J'ai conservé un fort agréable souvenir de mes visites répétées en cette ville. Ses savants onl toujours été disposés à me donner tous les renseignements que je ])(iuvais désirer. Le musée m'a fait un cadeau (pii m'est très précieux: