I.K l'A\S III Sdl.KII, l»i; MIMIT
in;iis, ;'miii rlicMiMi , clic csl lie I , I !l 'i |M('iIs, cl , |ii(''s di' si m cvliriiiilc, ilc 2 Kl I lied s. \ sdii ciilri'c, l:i I.NSIcr ;i 2, 1 7(1 pieds i le |uiiluiidi'iir; ;i mi cliciiiiii, I , I 7(i pieds ; \cis Sdii evIii'iMilé, 27(> pieds. M.iis, d;iiis 1' A.ii(l;d el 1,1 l.aeiil.d, ipii Idniieiil j'evlirnulé siipérietii'e du Sdj^iie, l;i iiier;i, d;ins le preniiei', HK» |iieds, el diiiis le di'iiiiei', 7SU pieds. I,;i l.-ii'^eiir lii(i\euiie du Sdi'iie \,ine de (|ii;ilre ;'i deux nulles, el s.i loiiuiieili' eu ligne dni'cle esl ;'i plus de Ifois dejJii's de l(in;.'ihiile, un inie disl.ince d'iMiNn'on (pi.ilre \inyl (pi.ilic iiniles, .'ivec ses didiuns.
IMlisieni's iii.iiulies l.iler.des s'elendeni .ni nniil el an sud, uiilre des li.'iies el Ars anses pnildiides. Sur le Imrd sepleiiliidii.d, un rencdiilie le V.ideiin el le l''iaei'laiids, ce deriner ,i\,nil ipi.ildiv.e nulles de ioii^; le Sdynd.d di\ milles, el le l,\sler \in^l (pi.ilre milles. Sur le liord iiii'ndidiial sdiil le ItreMve, 1' \in(' el I \ni l.iiid ; ('e deinier ;i sei/,e milli's de Idiit;, a\ec sa hiMiiclie, le \ai'r("i, (pu a envirun si\ nulles. Nulle des- (-l'ipliiin ni' peiil ilumier an leclenr nue nli'e siilislaisaiile de l.i ma<^iiiiirenci' de la sci'ne iprulTreiil ces élnnls lidnls laléraiix dn Sdjjne.
i'.ir un liean jum ilii ciimmencemenl de jnillel, je me li'iiiiN.iis puni' l.i secumle luis dans la cli.iniianle \dle de Iterijen, .illend.uil le sif Ile! ilii sle.uiier ipii ile\,ul me lianspuiler .in Sui^ne, iiiun luil l'Ianl de m'anèler en clieniin à ipielipie puinl cunven.ihie el de me iliii;;i'r de l;i vers le lien un m. i laiiLiisie me Cdiidiiiiail. l.e \u\a;.^e. puiir aller de Mergeii an liurd el en reNcnir. demande ipi.ilre juiirs, el les steamers parleiil deii\ Idis par sem.iiiK', l.a lunle ne l.ird.i p.is à se lassemliler, el des li.ileanv idiargès de niunde ipiillèreni le i'i\ai;e l'nn après r.iiilre. .\près la cdiiriisidii ipii lèune lialnlnellemenl >nr un sie.imer à snii dép.'ii'l, iimir ilémarràmes.
Mil ipiillinl iter^eii, le li.ileaii à v.ipeiir purle vers le iidiil peiidani envudii sdivaiile nulles, ;iii indien d'une scène s.invani'. I..i prune ilii iia\ii(> èl.iil eiiCdinlui'e de pass.i^ers, l.i pliiparl l'eiiiuers el pèclieiirs reluniiianl clie/. eii\ avec di's cullVes. des p.iniers el i\v<. m.innes, Les femmes el les enl'.inls siirlunl el.iienl y.iis, cir lie.iiicunp a\aieiil èlè à ller^;eii puiir l.i première l'dis. el re\en.uenl encli.inlès île l.i ville, ipii liMir avail paru si i;i'amle. Jamais encore ils n'avaienl mi de si he.inv ln;it!asiiis el tani de jolis olijels; aussi avaiiMil ils .ichelè un i;ranil umiiiire trarlicies,
lue chose ipTim /lom/rr ne l'i>ra jamais, ipielipie riclie ipnl puisse
LK FKHll) l)(i S()(iNI<; 2(V)
cire, c'est de iimnln! un Itillrl ilc iirrmirrc fhissc; |i(iiir lui l'.iiijcnl dépensé de celle manière est, enliéreuieiit (;;is|>illé, cl il le refjrelter.iit cl le iiieiirer.'iil bien longlemps; noii iiii'il sdil ;iv;ire, loin de h'i; ni;iis il préfère dépenser son ,'M'j;cnl nmlic nnc \\\\v\w icciii', |i;ir exein|)le, Ir.'iiler ses .'irnis pend;inl la Iravcrsrr. Il n'a pas la moindre inclinalion à se rnèler fivec les j^ens de la ville, dont Iteanconp, ici comnie aillniis, regardent de haut ces cidlivatciirs du s(d, se nio(|ni'nl ilr Inns haliits el, de leurs manières, el refusent de se joindre à v\\\, nirnir sur le iionl, dans la crainif (|im' leur silnalion dans la socièlr n'en puisse èhe diniinilée. I)e |iIm>, >i lui friniier élail ilisjiosé à |ireiiilii' un hillel de |)remièri! classe, il s(! };arderail de le faire, dans la crainle d'èlrtï tourné en ridicule par ses amis, (pii penseraient ipi'il veut se donner de ^'rands airs et (pi'il tient à paraître un /irrrr f^'entleman). l'ar 1(^ heau temps, la troisième classe ou |r |junl soul assez hons pour lui et sa lamille; en cas de tem[)ète ou de froid, il pousse un soupir ipiainj il est forcé de prendre la seconde cahine où il trouve un alui conforlaMe, mais |Hiinl d'amenhlement; car il n'y a ipie des hancs et des laides en liois nu, et c'est sur ces tables, sur ces bancs et sur le plancher (pi'il re|)ose du mieux qu'il peut. Mais la majorité reste éveillée toule la miil. La seconde cabine est liabiluellement rem[)lie de fumée de tabac, à travers hupielle on distingue une foule joyeuse; avec celle ipii est sur le poid, elle a ccrlainemenl le meilleur temps à bord ; ilsrienlet[daisanb'nl, jouent aux cartes, mangent et semblent tenus de se donner du plaisir avant de rentrer à la ferme et de re|)rendre les durs travaux, lieaucoup retournent chez eux heureux de leurs ventes onde leurs achats. La (piestion invariable en Xonège, c'est: « Combien cela coùle-t-il? » car le peu[»le tient à savoir le prix de charpie chose.
J'ai toujours eu grand plaisir k me mêler k ces hondpr, k bord des steamers, el à jeter un cou|t d'reil sur leur caractère, à faire ce (pi'ils faisaient, à. être comme l'im d'eux; j'ai ainsi passé bien des heures agréables cl je me suis fait des amis.
La roule (pii mène au fiord du Sogne passe au milieu de lanl d'iles, que l'on croît voguer sur une rivière; la scène parfois est extrêmement belle, La plus grande partie du pays est inbabiléf^; de temps en temps, la mer paraît si corn|ilélement fermée par la terre, (pie l'on sup|»ose le voyage fini; mais soudain une ouverture se présente, et on aperçoit au
loin une vaste étendue cfeau ; le canal est quelquefois si étroit et si tortueux, que le navire touche presque les rocliers des deux bords.
Rarement les steamers abordent à un quai; ils stoppent simplement. Un grand bateau part du rivage et apporte de la cargaison ou en prend. Une quantité de petites embarcations arrivent avec des passagers et emmènent ceux (jui vont à terre; souvent a lieu une indescriptible confusion; les bateaux cahotent les uns contre les autres; les gens se disputent et crient; marchandises, chevaux, moulons, passagers vont et viennent, et, en même temps, on transporte les caisses par l'étroit passage. Ici, des individus sautent de bateau en bateau jusqu'il ce qu'ils soient arrivés à celui qu'il leur faut; un homme retourne en hâte au steamer pour chercher quelque chose qu'il a oublié; une femme appelle son mari, qui est encore sur le pont, dans la crainte qu'on le laisse en arriére. Un autre aileiut le navire dans nue traiispiraliou effrayante, provoquée par l'appréhension qu'il a de manquer le vapeur; dans son ahurissement, il vient rouler dans le giron d'une femme qui, au lieu de se fâcher, rit de tout son cœur. Des hommes en bateau crient en vain au caiiitaiue d'arrêter. Ce que j'admirais surtout, c'était l'urbanité de tons les officiers. Dans le tumulte, quelque ennui qu'on leur fasse éprouver, pas un mot inconvenant ne sort de leur bouche et ne blesse l'oreille.
A six heures de Bergen à peu prés, on atteint l'entrée du Sogne, qui a six ou sept milles de large. En côtoyant le bord méridional, on passe devant une masse énorme de rochers. Le Sognefest (château du Sogne) est très harili dans ses contours, et semble former deux c(j|és d'un carré. La scène qui se déploie devant le voyageur est superbe: c'est un panorama toujours changeant dans ses tableaux de montagnes couvertes de neige; au nord, les glaciers de Justedal, dominant les montagnes de l'est, et, au sud, les champs de neige de Fresvik. La végétation augmente à mesure que l'on pénétre d ns l'iulérienr; les bases des montagnes et des collines soûl couvertes de bois. Sur le côté septentrional il y a un tiord étroit sur les bords duqui'l, ot à son extrémité supérieure, sp trouve le hameau de Vadeim avec ses maisons peintes en blanc et deux ou trois fermes. Le steamer s'arrête ici à un quai pour débarquer les passagers et s'alléger de sa cargaison. En cet endroit, une grande route conduit vers le nord au tiord de Forde et au Julster-Vand.
LA VALLKE DE LA SOONDAL 237
Les vallées aui»rès des liords soril souveiil liés fertiles et bien cultivées, contrastant singulièrement avec les montagnes stériles qui les entourent. Depuis la mer, elles semblent lonner un bassin ovale avec un ravin à l'extrémité; les versants des montagnes descendent doucement vers ce bassin, creusé évidemment par l'action de la glace et de l'eau. Quelquefois deux ravins entrent dans la vallée comme deux branches rayonnantes. A la base des montagnes, les terrasses s'élèvent l'une sur l'autre au nombie de trois ou (piatre.
A environ soixante milles de son entrée, le Sogne semble fiiiii' tout à coup à la base des hautes montagnes; il tourne brusquement an nord et dépasse l'île de Kvamsn; à ([uelques milles plus loin, le fiord principal court encore une fois à l'est, tandis qu'au nord apparaît l'entrée du Fiaerland, la |)remière grande branche du Sogne.
Le steamer stoppe au chaimanl hameau de Balliolmen, en face duquel est situé Vangsnaes, lieu de la scène de la « saga » de Frithiof. Sombre est le Fiaerland avec ses montagnes, ses glaciers et son aspect sauvage. Des cours d'eau, alimentés [lar la neige et la glace fondues, descendent de chaque versant. Sur les montagnes dominantes sont les Langedals et les glaciers Biôrne. s'élevant à 4, .500 et 4,780 pieds audessus de la mer. Un peu phis au nord, siu' le côté occidental, sont les fjords Sraere et Vetle, entre des montagnes, dont la plus haute, l'Oatneskri, atteint jusqu'ti 5,000 pieds. Au bout du hord Vetle, se trouve une route de quelques milles, conduisant au grand banc de glace de Justedalfonn. Si Ton navigue plus loin dans l'inlérieur, des montagnes encore plus hautes se mirent des deux côtés du fiord, la Melsnipa, 5,620 pieds, et les glaciers Gnnvonis et Stendals, 5,200 pieds. L'eau est d'un vert opaipie tout particulier, (pi'elle doit à l'elïet des nombreux cours d'eau produits par les glaces. Trois vallées divergent des terres basses au bout de ce fiord; les deux plus intéressantes sont la Suiihelle et la Boyum. La première est un long et étroit ravin, enfermé entre des montagnes rugueuses; son glacier, à environ quatre milles de la mer, est alimenté parles éboulemenls d'un autre glacier avec lequel il n'a point de communication directe, les masses de glace tombant d'une hauteur de 2 à 3,000 pieds. La Boyum est à l'ouest de laSuphelle. Les montagnes sont escarpées; elles portent des bouleaux à une grande élévation surmontée par le glacier.
:2o8 LE PAYS DU SOLKIL DE .MINUIT
En 1868. un grand numbie cravalanches roulèrenl sur dilTérentes parties du pays et ocoasionnèreni drs morts dMiommes et des deslruclii)ns de itropriélrs. Sin- le Fiaerland, du côté uccidental, il en descendit une de telle taille, (ju'elle fomi'a un pont sur le fiord qui, à ret endroit, est large de o,00U pieds et que l'on put le traverser à sec. Si la chose ne m'avait été affirmée par plusieurs personnes dignes de foi, je ne l'aurais pas crue, tant ce fait parait incroyable.
En quittant le Fiaerland et eu icuioiilanl de ikhivimu le li(U'd Sogue, la scène devient plus gaie; les bois, les champs et les prairies, les hameaux et les fermes deviennent plus nombreux : à la base des montagnes, les collines les plus basses sont couronnées tle bois. Ici se voit le hameau de Fejos, pondant (|ue le champ de glace Fresvik, haul de .3,000 pietls, domine le t(uit. Le Kaiiger, le plus grand assemblage de fermes t|ue j'aie vu sur le fionl, se trouve sur le bord septentrional, ])res((ueen face. Deux courants du Grindsdal et de l'Henjumdal, — deux vallées séparées de (pielques milles — formés par le glacier Gunvord, 5,000 pieds au-dessus de la mer, se jettent ici dans le fiord, et fournissent de la force motrice à de nombreux moulins à blé.
A quelipies milles plus haut, sur le bord scplcntrional, le fiord Sogndal apparaît, avec son aspeci lalal. ses régions fertiles et ses vallées transversales, sur lesquelles sont disséminées des fermes. Ici aussi, la mer est décolorée par les cours d'eau venant des glaciers. Dans les montagnes, on trouve de nombreux sactcrs. Le village de Sogndal possède beaucoup de maisons, bâties tout [irés l'inie de l'autre, et le steamer stoppe à un (piai. La pupulaliou se compose d'environ cinq ceuls âmes. Le district est célèbie par ses vergers de pommiers et aussi par son (ja)ninel(Kst (vieux fromage), qui, lorsipi'il est assez vieux, est le plus fort des fromages connus. Quand on y est accoutumé, c'est un excellent apéritif.
Depuis la Sogndal, l'aspect du Sogne est superbe. Sur le bord septentrional surgit Storehog, 3,830 pieds; en face Blejen, S, 400 pieds; le fier dpasse entre eux, avec deux milles de largeur et 2,900 pieds de profondeur. La plupart des montagnes s'élevant du fiord sont déchirées; en divers endroits, on aperçoit, à une grande hauteur, des bouleaux, des sapins, des pins; l'œil rencontie aussi une ferme solitaire et un moulin à blé. A quinze milles au-dessus du fiord Sogndal, sur le bord septen^
LA BAIE DK KAUPANliEM 23!)
Irional, se trouvent les petits luiiiieaux (rAiiible .suitérieiir et iiiféiieiir, et l'église de Kaupanger. Ils sont situés sur les bords d'une jolie baie, de forme ovale. Les collines les jilus basses descendent doucement vers la mer et sont garnies de bois jusqu'à leurs sommets, et çà et là des bosquets d'aunes, da tilleuls, de bouleaux et d'antres arbres. Deux beaux cours d'eau tombent dans la mer, et, sur leurs rives, on a établi de petits moulins à blé. Des prairies, des champs jaunissants et des plants de pommes de terre, sont épars autour des fermes. Par un clair soleil, l'endroit est d'une exquise beauté. Que de lieux pilloresques on trouve sur ces fiords ! ils frappent les regards au nmment où l'on s'y attend le moins. Un peu plus loin, en entrant dans le fiord Lyster, on aperçoit un immense et magnifique panorama de montagnes et d'eau. La neige et les glaciers appellent les regards vers les hautes régions, pendant qu'une ferme, un hameau ou une église, i)rouvenl que des hommes vivent près de la mer, au milieu de cette grande et stupéfianle nalure.
A (luelques dix ou douze milles dans l'intérieur, sur un promontoire du bord oriental, est située Urnaes, d'où une vue admirable du fiord se présente d'elle-même, avec sa chaîne de collines et d'éperons descendant vers la mer. Sur le bord occidental, en face d'Urnaes, estSolvorn, pittoresquement placée dans le creux des montagnes.