I . SvcM. Sucilc
CHANTS NATIOXAIX 373
l.KS EriRTS nr soleil (SOLVIliKMNO) (NorvP!;ii'n. ;
Au loin dans li's montagnes, sur les versunls rouverts de |iins
Une noble vue sOuvie devant nous; C'est Ifi que passe le sentier du saeter. (Test là que réonme des torrents tombe en rascades!
L'air fortiliant est d'un bleu clair, C'est le soleil de la Saint-Jean, c'est le milieu du joui'.
Les rayons étincelants se jouent
Sur la rivière, et sur ses sombres bords ;
L'embrun du brouillard se lève tranquillement,
Quand le foss se jette dans les profondeurs.
Là, la rivière ])0ursuit son cliemin cacbé.
Elle ne connait pas le i)rùlant soleil de la Saint-Jean ;
Mais le versant de la niontagne
Est enveloppé d'un flot de lumière dorée!
Vovez les sapins au sonunel du mont.
Avec son cône lu'illaut et sa base ombragée :
Sur le sentier tremble avec des rayons d'argent
La bruyère florissante, le précipice bordé de mousse.
VOYAGE M'I'TIAI. A IIARUANOER
L'n et incelant jour d'été luit
Et cbaulïe les eau\ du tiord Hardanger:
A quelle liauteur vertigineuse et dans quelle trinli' hli'ue
S'élève la puissante chaîne de montagnes !
Fjlle reluit depuis le glacier, elle est verte sur les collines
La nature s'est revêtue de ses habits de fête.
Voyez! sur les vagues claires et vertes
filisse un cortège nuptial.
Aussi lière que la tille d'un roi d'aulrelois. Avec un collier d'or, et de l'écarlate, Sur l'avant est assise la splendide liancée. Aussi belle que le liord et que li' jour.
376 1>K PAYS DU Si IL El L DE MINLMT
lIciiriMix, le Hiincé agite son rliajioau : 11 emmôiip cliez lui son chiT lii'sur:
Il voit dans ses doux jeu\, Sa vie comme une fête nuptiale.
Tout murmure les cadences enchanteresses
Des airs et des mélodies sur les vagues:
De montagne en montagne roule le bruit du fusil,
Et des éclats de joie répondent de la forêt.
On plaisante avec les filles d'honneur de la nwriée
Et le chef-cuisinier n'a pas oublié
De remplir sans cesse la cruche.
En honneur de la maison nu|itiale.
Ils vont ainsi, jouant des airs joyeux,
Sur la surface éclatante des eaux ;
Les bateaux, l'un après l'autre, vienneut les rejoindre.
Avec leurs in\ités poussant des cris de joie.
La lumière est bleue sur les falaises, elle descend du glacier;
Le parfum des pommiers en fleur embaume l'air ;
L'église en cet endroit apparaît vénérable,
Et les bénit au son du carillon de ses cloches.
Nous allâmes ensuile sur In tciinsse d'où nous eûmes une vue magnifique sur la plaine (|ui s'étcndail à nos pieds, fraîche et verte avec ses teintes prinfanières et ses fleurs sauvages qui s'épanouissaient. Les immortelles abondaient; les deux demoiselles de la maison en firenl une couroiuie (pi'olles posèrent stu- ma tèti? en juTseuce de tmile la société; — compliment inattendu et peu mérité. La plus jeune fille, charmante et modeste enfani de Ireize ans, aux yeux bleus, à la taille délicate, me duim.i nu pelil lunKiiiet de a ne m'oubliez pas » et d'immortelles, que je mis aussitôt à ma boutonnière, au ravissement de cette aimable enfant. J'ai conservé la ronronne et les lleurs comme un souvenir de cette délicieuse visite, et je me demande quelquefois si celte hospitalière famille se souvient encore de moi.