LE VIEUX CHATEAU D'UPSAL
rencontrai un Américain, auquel je n'étais pas étranger; il avait été étudiant à l'université du Michigan, à Ann-Arlior, lorsque j'y fis des lectures. Il avait entrepris un voyage en Suède, afin d'étudier l'histoire du pays.
Le lendemain, j'allai au vieux cliâleau où je lus reçu avec une amabilité exquise par le gouverneur, la comtesse et les membres de leur famille. J'y trouvai toute une compagnie d'hommes distingués qui étaient venus assister à la cérémonie de la graduation. Chacun parlait anglais; le gouverneur, la comtesse et leur fdie aînée s'exprimaient extrêmement Ijieu en cette langue; en fait, presque tous ceux qui étaient présents avaient de l'aptiludc à parler anglais, français et allemand. Au bout de peu de temps, je me sentis aussi à l'aise que chez moi; il en est toujours ainsi lorsque le tact, la culture et les belles manières prêtent leurs charmes à la réception. Quand vint le moment de partir, je quittai à regret ceux qui m'avaient si amicalement accueilli.
La branche suédoise de la maison llaniillon. représentée par le gouverneur d'Upsal, descend de Claudius, baron de Paisley.un des fils de .lames, quatrième duc de Chatelherault. Les fds de Malrolm, archevêque de Cassel, entrèrent dans l'armée suédoise de Gustave-Adolphe, en 1624, et se distinguèrent tellement, que le souverain, en reconnaissance de leurs services, leur permit de prendre le tilre baronnial de leurs ancêtres en Ecosse. Ils sont hautement honorés et respectés en Suéde. La comtesse de Hamilton est la fdlc de l'illuslre historien suédois Geijer.
Le gouverneur n'occupe (pi'une partie du vieux château, ijui a un aspect imposant et domine une immense étendue de pays. Certains murs de cette énorme structure en bri(pio ont douze pieds d'épaisseur. Les scènes des siècles passés revivent pour riiistorien lorsipi'il visite cet édifice. Le meurtre de Nils Sture et d'autres, par l'idiot et sanguinaire Erik, qui marque une ère d'effusion de sang et d'assassinats en Suède, est un de ces souvenirs historiques.
Le concert des étudiants fut donné le jour suivant. En peu d'iieures, la salle de bal avait été transformée eu salle de concert, et les mêmes étudiants qui remplissaient les fonctions de commissaires du bal se chargèrent de nouveau de cet office. Ils tirent tout ce qu'ils purent pour
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liicn loccviiir fi'iix (|Mi viiivi'iil h U|is;il. I)i' même (jiie pour le liai, la salle fui linji |ii'lili' |)oui- iKiiivoir admettre ceux (|ui désiraient assister au concert. L'assistance était presijue entièrement composée de dames, les honuues leur ayani cédé leurs places. Le premier morceau du prot;ramme lut le chant. « Hôr oss, Svea » (Entends-nous, Suède), suivi (lu « Solvirkniii!^» (Leselïels du soleil) par Kjerull', et <' TlieHi'udefaerdi Hardan,m'r » ( le voyage nuptial à Hardanger,) deux chants norvégiens. Les auditeurs semblaieul froids en a])pai'ence, mais ils accueillirent ce dernier niorcean par des applamlissements enthousiastes.
MAIICIIE liKS liTlIilANTS (SiK'ilois.)
Enteiuls-noiis, Svea ', ù iioOr iiirrc ;
Nous soiiini's pivts il coiiiliultri' ft à iiMiiuir pour loi!
Jamais, non jaiiiuis nous no raiiauiluMiicidiis.
Accepti' noire srinii'nt, le nirnic dans tous nos destins!
Nous te défendrons avec notre sanj;- el noire \]i\
0 pays liljre, qui es 1(^ nôtre.
niiaque Jiartie de riiriila£;e Tu nous l'as donni'e en sai:a el en rlianl.
Si la lialiison cl la pei-liilic Te inenaeaicnl de disididi' cl do violence, Nous croirions cneiuc au nom du Seiirneur, (lomme nos aiirctres y crurent aulrelois ;
<i Notre Dieu est une |unssanlc forteresse,
n est noire armure epronv/'e ;
•' l']n lui, dans nos doiileuis el nos liesoins Nous inetlrons notre es|ii'ranee. ■> Certes il est liloiieux De vaincre dans la lialaillc ; Mais il est plus lilorieux cncoi-e De mourir ]iour loi, ô nuire mère!