LE VICOMTE SÉRAPHIN A M""® L. DE B
Bureau restant, à Verrières.
Ma petite Saqui , nous t'avons donné vingt-cinq jours pour réussir. Or, c'est beaucoup ; Dieu n'en
a mis que six pour créer le monde; et il ne faut que sept heures à M. Alexandre Dumas pour écrire un volume in-octavo. Réussis si tu peux ; mais tu prends , ce me semble , le chemin le plus long. Dépêche-toi ; ton directeur s'inquiète et menace de ne plus correspondre avec toi que par l'entremise du tribunal de commerce. Te voilà chez Marie d'Alton , la maîtresse d'Antony. Je sais que tu as mis le temps à profit. Voilà ce pauvre comte congédié. Tu te venges. Pauvre enfant I comme j'ai ri! Pèse bien ces paroles que je voudrais écrire en lettres sanglantes : « Lazare aime Marie d'Alton. » En chassant Antony, tu as renversé la seule barrière qui pût la protéger contre les entreprises de Lazare. Je te donne ce dernier avis pour te montrer combien vous êtes faibles , pauvres femmes , quand vous vous croyez fortes. Tu vas croire que je te retourne sur le gril de la jalousie par pure férocité. Sache bien que je possède la preuve matérielle de ce que j'avance. Portetoi bien et défie-toi du docteur Lebidois. C'est un farceur.
Vicomte SÉRAPHIN.
Eh bien 1 Antony, juge maintenant de ma situation Qu'en dis-tu, et que veux-tu que je de-
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vienne , si tu ne m'arraches à Tinstant des griffes de ces tigres que tu prenais pour des chats bien apprivoisés? Voici que j'ai la rage dans le cœur et le désespoir dans l'âme. Voici que je suis insultée par eux et peut-être méprisée par toi. A mou tour, je veux ma vengeance. Je ne m'étais donc pas trompée. Cette femme vous aime, et Séraphin s'est fait l'entremetteur des cçs basses amours. C'est à VQVls d'aviser à ce que vous avez à faire ; et votre tâche est facile , si vous m'aimez encore. Demain matin , je chasserai la Louisa. .— FarewelL
Marif. D'AtTON.
0>'ZIÈME LETTRE