‹ Le pays magyarChapitre 36 sur 65 · I. AGITATION l'ANCiEHMAMOUE 18 J · texte numérisé non relu

I. AGITATION l'ANCiEHMAMOUE 18 J

Beaucoup de Hongrois, nou des moiudres, Pont vue.

Un écrivain connu me disait dernièrement à Pesth :

« S'il est prouvé que la campagne pangermanique en Hongrie soitsoutenuepar le Gouvernement allemand, le devoir de tout bon Hongroisest de se séparer de la Triple-Alliance, de se rapprocher de la Russie et de la France. » Et, deux jours après, Son Excellence le comte de..., tout à fait haut placé, me disait à peu près la même chose d'une manière plus adoucie : « Peut-être en ce moment l'intérêt de la Hongrie est-il de se rapprocher de la Russie et de la France. » Je ne voudrais pas attribuer à ces propos d'après dîner la valeur d'un verdict suprême. Mais comme ils sont intéressants, comme ils dénotent un esprit tout nouveau ! La Russie a été si longtemps l'épou vantail, le croquemitaine des Hongrois, et si longtemps les Hongrois n'ont vu qu'un danger, le panslavisme ! Or, voici que les choses changent : un autre poinl noir paraît à l'horizon.

Dans la suite les agitateurs Krammer et Korn se sont vus expulsés ; Korn s'est réfugié en Allemagne, sa patrie d'élection, et il mène grand bruit dans les feuilles allemandes, protestant contrela brutalité et l'iniquité hongroises. Le Gouvernement hongrois s'est à différentes reprises occupé des mouvements du Banat ; le comte Apponyi, président de la Chambre des députés, est allé pendant les vacances parlementai res à Témesvar, où il a prononcé contre les agitateurs pangermaniques un violent réquisitoire ; à la Chambre, le premier ministre de Szell, interrogé par un membre de l'opposition sur les mesures qu'il comptait prendre pour réprimer l'agitation, a promis de faire preuve de la plus grande énergie.

Il est probable que le mouvement qu'on a tenté de provoquer n'aboutira pas. Mais nous prenons ici sur le vif un des modes, une des recettes employées communément pour lancer une question de nationalités. Le principal intéressé, à savoir la nation elle-même, le peuple n'y fut pour rien : un

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