LE COMPROMIS DOUANIER 27S
1891 (1), la Hongrie achète à l'Autriche i5o millions de florins de tissus seuls, près du tiers de son importation totale, 20 millions de modes et confections, i5 millions de produits métallurgiques, 32 millions de quincaillerie.
En 1901, si l'on consulte la statistique commerciale, on voit que les 8/10 de l'importation totale en Hongrie représentent des objets fabriqués entièrementou à moitié, c'est le signe d'une industrie presque nulle. Sur ces 8/10, 7/10 au moins sont fournis par l'Autriche. Voici quelques chiffres détaillés : la Hongrie en 1901 importe pour i85 millions de couronnes de cotonnades; sur ces i85 millions, environs 170 viennent de l'Autriche, de même pour les lainages ; sur les 70 millions de vêtements, lingerie, articles de mode, je trouve que l'Autriche entre pour 69 millions. C'est surtout pour les produits de l'indusdrie textile que la Hongrie est absolument tribu-
(1) J'ai pris ces chiffres dans le livre de M. Vautier : La Hongrie économique, Paris, 1893 ; et, pour l'année 1901, dans le Commerce extérieur des pays de la couronne hongroise en 1901, Rapport du ministère du Commerce hongrois, Budapest, Imprimerie de la Société anonyme Athenœum.
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taire ; pour rinduslrie métallurgique, elle est en train de s'affranchir.
D'autre part, la Hongrie achète plus à lAutriche quelle ne lui vend, proportionnellement au chiffre total de ses achats et de ses ventes ; en 1891, la différence au profit de l'Autriche était d'environ 70 millions de florins ; en 1901, les choses n'ont pas heaucoup changé, la proportion resle à peu près la même.
Enfin, en laissant de côté les chiffres, il n'est pas d'étranger voyageant en Hongrie qui ne soit Irappé de la cherté excessive d'un grand nombre d'objets qui viennent tous d'au delà des frontières et sont par cela même hors de prix. Aussi le parti de la rupture recrute-t-il de plus en plus des adhérents, et ceux qui refusent de se rendre à ses idées refusent, le plus souvent, non pour des raisons économiques, mais pour des raisons politiques.
Car la question du compromis douanier est plus qu'une question économique, elle est une question politique : La Hongrie et l'Autriche, disent beaucoup de gens, n'ont que déjà trop de tendance à diverger, à poursuivre chacune pour