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De tout ceci quel est le résultat pratique

Lorsque vous possédez un appareil à main, à mise au point

variable, calculez, pour votre usage personnel, la profondeur de champ pour chaque mise au point et pour chacun des diaphragmes que vous avez à votre disposition, et formez-vous ainsi un tableau, à double entrée, qui vous sera, au point de vue de la perspective aérienne, d’un précieux secours.

En effet, dans une œuvre artistique, il est absolument inadmissible que notre image présente, par exemple, la netteté au dixième de millimètre jusqu’à l’infini.

Ce qui revient à dire que, dans le cas de la photographie artistique, nous ne devons jamais laisser un appareil à main sur sa mise au point à V infini. Nous devrons toujours repérer l’objectif sur une des divisions quelconques de l’échelle graduée des mises au point.

Qui nous déterminera le choix de cette division quelconque ? Justement notre tableau des limites de la profondeur de champ. En consultant ce tableau après nous être fixé à quelque plan, pour une bonne perspective aérienne, nous devons limiter la netteté égale à celle du motif principal de l’avant-plan : nous verrons que la mise au point doit être faite à tant de mètres pour tel diaphragme.

Vraisemblablement, le tableau nous présentera, le plus souvent, plusieurs mises au point acceptables ou rentrant entièrement ou approximativement dans les données de notre problème. N’allez pas croire que ce résultat doive vous amener à une hésitation. Vous ne devez pas en avoir la moindre dans l’espèce. Votre choix doit immédiatement se fixer sur la solution que vous offre le plus grand diaphragme. D’abord, parce que votre temps de pose en sera diminué1, et ensuite surtout , parce que le relief de V image sera augmenté.

114. — La connaissance du rôle des diaphragmes a, dans la pratique artistique, une très grande importance. On ne s’arrête généralement pas assez à la connaissance de ce rôle. En

(1) Voir mon ouvrage : la Pratique en photographie, chapitre du Temps de pose.

principe, les diaphragmes ont pour but d’éliminer les rayons marginaux ou trop obliques sur l’axe et par conséquent d’améliorer l’image en netteté.

Nous voyons donc tout de suite, par cette simple définition, que les diaphragmes sont d’autant plus précieux que l’objectif est plus mauvais.

En effet, plus l’objectif sera de bonne marque, mieux il sera corrigé des aberrations des faisceaux obliques, moins sera nécessaire l’emploi du diaphragme pour obtenir une image nette sur toute la surface de la plaque. Point primordial, en ce qui nous occupe, si l’on considère que les faisceaux obliques de l’objectif, ou rayons marginaux, concourent presque exclusivement au relief de l’image.

Un autre principe des diaphragmes est d’atténuer l’aberration en profondeur qui dépend uniquement, on l’oublie trop, de la luminosité de l’objectif et qui représente le champ de netteté. Donc mieux l’objectif sera corrigé de cette aberration, c’est-àdire plus lumineux il sera, ou en d’autres termes,, plus grand sera le rapport utile de son ouverture à sa distance focale principale, moins nous aurons besoin de diaphragmes. La réduction d’ouverture de l’objectif ne faisant qu’augmenter une profondeur de champ de netteté, le plus souvent suffisante à toute ouverture ou avec de grandes ouvertures, va, par cela même, jusqu’à détruire tout effet de perspective aérienne.

Il suffit de faire, avec l’objectif que l’on peut avoir, une épreuve avec le diaphragme le plus grand possible, et une seconde épreuve du même sujet avec le diaphragme le plus petit que l’on possède, pour se convaincre, en les comparant, de la platitude de celle obtenue avec le plus petit diaphragme. Platitude due à une trop grande finesse de précision dans les détails des plans successifs, donc à l’absence totale de la perspective aérienne.

On ne doit pas inférer de tout ceci, qu’il faille frapper d’un ostracisme complet le diaphragme en lui-même. Nous avons déjà vu, en parlant de la profondeur du champ de netteté, pour un objectif d’appareil à main, mis au point sur l’infini, comment un emploi convenable et judicieux du diaphragme peut rendre de grands services, tout en nous conservant la perspective aérienne.

Il en va de même pour un appareil à pied, exigeant toujours

PERSPECTIVE AERIENNE

une mise au point préalable avant le travail. Là encore, un emploi convenable et judicieux du diaphragme peut nous amener à la meilleure détermination de la perspective aérienne pour le tableau que nous rêvons d'exécuter.

115. — Dans cet ordre d'idées, M. F. Paul Liesegang a calculé un tableau que je reproduis ci-contre et qui nous permet de nous rendre compte de la mise au point à faire et du diaphragme à employer pour une limite déterminée de la profondeur du champ de netteté.

Ce tableau, qui ne s’applique qu'aux cas où la distance focale principale de l'objectif est négligeable par rapport à la distance sur laquelle on a à effectuer la mise au point, donne des indications telles que la netteté du point-image n'est pas inférieure à un disque de diffusion ayant pour diamètre 1 / 1000e de la distance focale principale de l’objectif employé. Il est d'une lecture facile.

La colonne horizontale supérieure présente la distance h de l'objet le plus éloigné devant avoir la netteté exigée, donc la limite postérieure. Dans la première colonne verticale, e représente justement la limite antérieure . Les colonnes verticales a offrent les distances respectives sur lesquelles doit être effectuée la mise au point. Les colonnes d indiquent en millimètres le diamètre du diaphragme à employer.

Supposons, par exemple, que nous estimions qu'un motif que nous avons devant nous, acquerra une bonnè perspective aérienne, si le champ de netteté est compris entre 8 mètres et 100 mètres, c’est-à-dire e= 8 et h = 100. Nous voyons, d'après le tableau que a — 14,8 et d = 17. En d'autres termes, on mettra un point sur un objet situé à 14m,80 et l’on prendra un diaphragme de 17 millimètres de diamètre, soit f J0 pour un objectif de 170 millimètres de distance focale principale.

Ce que je demande surtout, en matière d'art, au diaphragme employé, c’est que, d'autre part, il n’arrive jamais, par son étroitesse, à repousser jusqu’à l’infini la limite postérieure du champ de netteté et que, d'une part, il permette le plus possible, par la grandeur de son ouverture, le concours des rayons marginaux, ceux-ci communiquant de la rondeur et du relief à l'image L

(1) Voir mon ouvrage: les Nouveautés photographiques, anime 1898. p. 90 et suivantes.

Valeurs des mises au point et des diaphragmes pour les limites déterminées d'un champ de netteté au 1/1000 du foyer

de V objectif employé.

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