XVII. — LA MONTAGNE
Encore une conquête du paysage ^noderne. On connaît le texte fameux où Montaigne manifeste son horreur des « gros rochiers ». Longtemps la montagne fut une région maudite, pleine de démons et d^ embûches.
Les peintres furent parmi ses premiers explorateurs, et notamment Léonard de Vinci. Mais explorer la montagne ou la peindre étaient choses différentes. Déjà les écoles primitives aimaient à montrer à V horizon la ligyie harmonieuse des sommets lointains. Mais, pour en aborder les aspects farouches, il fallait toute une révolution esthétique, avec un grand effort de progrès techniques. Celle-là fut en partie Vœuvre de J.-J. Rousseau ; celui-ci est dû en grande partie aux peintres genevois du XIX^ siècle, à la tête desquels il convient de nommer Alexandre Calame.
Aujourd'hui le noiribre des artistes qui ont appris à aimer et à peindre la montagne se compterait par centaines.
Cennino Cennini (i360-i435).
Quand tu veux que tes montagnes paraissent plus loin, fais tes couleurs plus obscures, et fais-les plus claires pour les faire paraître plus près.
Si tu veux faire des montagnes d'un bon style et qui paraissent naturelles, prend de grandes pierres pleines de brisures et polies, copie-les d'après nature en faisant venir la lumière et Tombre dans la direction qui te convient.
Le Livre de l'Art.
J. Vernet (1712-1769;.
L'atmosphère étant plus ou moins chargée de vapeurs, surtout près de la terre, cette vapeur venant à être éclairée par le soleil, est plus claire près de la terre : de là vient que, dans Téloignement, le bas des montagnes est plus clair que le haut.