LES ANIMAUX
qui, pour représenter des chevaux au galop, reproduisent des
poses fournies par la photographie instantanée.
L'art, entretiens réunis par Paul Gsell, Paris (Bernard Grasset, éditeiu*).
G. Fraipont (né en 1849).
Pour s'attaquer à Idi peinture des animaux, il est nécessaire d'en avoir dessiné beaucoup. Si Ion ne veut se servir de l'animal que comme accessoire, c'est l'allure, le mouvement qu'on devra surtout s'exercer à saisir ; mais si l'on compte vraiment s'adonner à la peinture d'animaux, si au lieu de rester accessoires, ceux-ci deviennent sujets principaux, il faudra procéder tout autrement et en étudier sérieusement et consciencieusement la structure.
La marche à suivre doit toujours être graduelle : commencer par ce qu'il y a de plus simple et arriver petit à petit à aborder les sujets difficiles ; il faut avoir beaucoup dessiné ce qui « reste tranquille » pour savoir dessiner « ce qui remue »; des natures mortes d'abord, des animaux après.
V art dépeindre à V aquarelle (H. Laurens, éditeur).
P. Vayson (1842-I9ii).
V éducation d'un animalier. — Si j'avais autorité pour conseiller un débutant sur la direction de ses travaux, je le mettrais en garde contre la consultation du travail des autres et aussi de la photographie dont on abuse tant. Ce qui sort de l'objectif est curieux, surprenant sans doute, mais le plus souvent déformé, figé, privé plus ou moins de mouvement et de vie. Le moindre croquis d'après nature, pris sur le vif, vu à travers le tempérament, l'impression de chacun, est bien autrement expressif. Certes la photographie est un document pré-
cieux, mais bon à consulter seulement, pour qui sait y lire et en corriger les défectuosités.
Je dirais encore à mon débutant, qu'au point de vue pratique, si le dessin est bon, le modelage est excellent pour graver la forme dans la mémoire de l'artiste, pour mieux approfondir ce qu'il y a sous la peau de l'animal. Il m'objecterait sans doute que ces conseils n'ont pas le mérite de la nouveauté; qu'il les mette en pratique néanmoins, il s'en trouvera bien.
Et quand il possédera, à fond, la structure, l'essentiel, à mon humble avis, lui restera à apprendre, à moins qu'il ne veuille travailler que pour la plus grande joie des vétérinaires et des éleveurs; s'il veut faire œuvre d'artiste, il devra voir souvent les animaux de près (leur société n'est pas désagréable en général), les voir dans leur milieu, dans leur fonction, en surprendre l'allure, les mouvements, le caractère; étudier les jeux de lumière sur les robes lustrées par le soleil et les reflets du ciel...
Cité par E. Ilareux. Cours complet de Peinture à l'huile (H. Laurens, éditeur).