XX. —LES FIGURES DANS LE PAYSAGE
3IeUre des figures dans un paysage est un art qui n'est point aisé. Jadis le paysage était, le plus souvent, meublé de personnages, — étoffé, disait-on, — par un peintre de figures. Il y avait même des spécialistes dont le plus clair de la besogne était d'étoffer les tableaux de leurs camarades.
Aujourd'hui, cet usage est tombé en désuétude, et il y a peu de paysagistes dignes de ce nom qui ne soient pas capables d'étoffer eux-mêmes leurs compositions. Il est vrai que le discrédit dans lequel est tombé le paysage historique donne au personnage une importance moins grande. Avec les impressionnistes ce n'est plus qu'une simple tache, - analogue à ce que faisaient au XVII' siècle les céramistes italiens, - quisert à compléter Véchelle des valeurs.
Encore faut-il que cette tache soit juste d'effet, de mouvements et de proportions.
Léonard de Vinci (i4o2-i'ôi9).
Figures dans un paysage. — Parmi les choses d'une égale
ISO LE PAYSAGE
obscurité, figure, grandeur, et d'un même éloignement, celle-là paraîtra plus petite qui sera vue dans un lieu plus éclairé ou plus blanc ; cela se remarque lorsqu'on regarde un arbre sec et sans feuilles, éclairé par le soleil du côté opposé à celui qui regarde ; alors les branches opposées au soleil paraissent si diminuées qu'elles sont presque invisibles. La même chose arrive si on tient une pique droite entre l'œil et le soleil. Les corps parallèles plantés droits et vus dans le brouillard doivent paraître plus gros par le haut que par le bas ; car l'air épais pénétré des rayons du soleil paraît d'autant plus blanc qu'il est plus bas. De loin les figures paraissent mal proportionnées, la partie la plus éclairée envoie à l'œil son image avec des rayons plus forts que la partie obscure. J'ai observé une femme habillée de noir qui avait sur la tête un linge blanc qui lui faisait la tète deux fois plus grosse que les épaules vêtues de noir.
Traité de la Peinture (Trad. J. Péladan. Delagrave, éditeur).
J.-R. Smith ', tns2-i8i2).
N'inventez point les figures que vous voulez introduire dans des paysages faits d'après nature. Si solitaire que soit le lieu où vous travaillez, il ne se passera point une heure sans qu'il n'y paraisse quelques créatures vivantes qui très probablement s'accorderont mieux que tout ce que vous pourrez inventer avec la scène et l'heure du jour que vous avez sous les yeux.
Cité par C.-R. Leslie. Memoirs of the Life of John Constable esq. (trad. H. Guerlin).
J.-F. Millet (ibib-1875).
L'homme et le paysage. — Quand vous peignez un tableau, que