‹ Le paysage; choix de textes précédés d'une étudeChapitre 64 sur 67 · C. Pissarro (I83i · texte numérisé non relu

C. Pissarro (I83i

Je ne peins pas mes tableaux directement d'après nature : je ne fais ainsi que des études, mais l'unité que l'esprit humain donne à la vision ne peut se trouver que dans l'atelier. C'est là que nos impressions, disséminées d'abord, se coordonnent, se font valoir réciproquement pour former le vrai poème de la campagne. Au dehors, on peut saisir les belles harmonies qui s 'emparent immédiatement des yeux : mais Ton ne peut suffisamment s'interroger soi-même pour affirmer dans l'œuvre ses sentiments intimes. C'est à la recherche de cette unité intellectuelle que je mets tous mes soins.

Cité par Paul Gsell. Revue Bleue, 26 mars i892.

Son esthétique — ... Ce qui fait la beauté selon Pissarro, c'est l'espace, les choses dans l'espace, cela est vrai. Un tableau, et c'est sa propre pensée que je rapporte, comprend un jeu d'accords et d'abord des principaux accords ; et la distinction de l'homme se manifestait dans la distinction de ceux déduits par son observation. Chacun, disait-il, doit peindre selon sa vision propre, pourvu que soit respectée cette loi des grands accords (autrement dit la loi des principales valeurs, qui était l'enseignement de Corot), selon ce quelui-même sent. Peu importe que la toile soit

faite directement devant la nature ou par la voie du souvenir (méthode de Jongkind, qui notait d'abord des aquarelles croquis), Corot usait des deux moyens, si les rapports sontjustes.

Henri Duhem. Impressions d'art contemporain (Figuières et C'°, éditeurs) .

Claude Monet (né en 1840).

Le procédé de travail est curieux: « Jadis, me contait l'artiste, nous avons tous fait des pochades. Jongkind, que j'ai beaucoup connu, prenait des notes à l'aquarelle pour après les grandir en tableaux ; Corot avec ses études brossées d'après nature rapidement, combinait ces toiles que les amateurs se disputent, et il en est où l'on voit très bien l'assemblage des documents.

« ...Le paysage n'est qu'une impression et instantanée, d'où cette étiquette qu'on nous a donnée, à cause de moi, du reste. J'avais envoyé une chose faite au Havre, de ma fenêtre ; du soleil dans la buée, et, au premier plan, quelques mâts de navires pointant... On me demande le titre pour le catalogue, ça ne pouvait vraiment pas passer pour une vue du Havre ; je répondis : « Mettez impression ».0n en fit impressionnisme et les plaisanteries s'épanouirent ».

Propos cités par Maurice Guillemot. Revue illustrée. 1898,

J.-Ch. Cazin (I84i-i90i).

Le métier de ce peintre est fort triste. Il consiste à passer sur la toile à peine couverte, un blaireau, afin de lier tous les tons les uns dans les autres.

Georges Lanoë. Histoire de l'école française de paysage depuis Chintrcud jusqu'à 1900 (Société Nantaise d'éditions). Nantes, 1905.

METHODES DIVERSES DES MAITRES DU PAYSAGE i7o

Sa Méthode — Il se contentait le plus souvent de simples croquis faits d'après nature pour peindre ses tableaux et conservait trës fîdëlement, dans son souvenir, les traits essentiels des motifs qui l'avaient tenté... Quant à la couleur, elle se résumait pour lui en une tonalité générale qu'il voulait laisser dominer, mais sur laquelle quelques accents plus significatifs , placés au bon endroit, caractérisaient d'une manière précise les conditions particulières de la saison, du moment et de l'effet choisis . Chacune des ses peintures résumait ainsi une impressio n profondémentressentie et demeurée en lui très vivante. Sachant bien ce qu'il voulait, il l'exprimait sans hésitation avec un sentiment très personnel.

Emile Michel. Les Maîtres du Paysage. (Hachette éditeur).

Klé-Tsen-Yuan.

Le paysage dans l'art chinois. — Quand on peint l'hiver, on emploie le fond (blanc du tableau) pour fairela neige ; on emploie très peu de blanc pour peindre le sommet des montagnes. Avec du blanc épais, on pointillé les mousses. Pour peindre les arbres, on n'emploie pas la couleur plus forte (que d'habitude). Si (on fait) les troncs maigres et les branches faibles, alors, c'est une forêt d'hiver. Si on emploie l'encre légère pour repasser sur les arbres, alors on fait une forêt de printemps...

... D'une façon générale, pour éilifier les montagnes lointaines, il faut d'abord faire un croquis de leur fort au moyen d'un (bâtonnet de parfum) V Ensuite avec le lono-ts'nig " et l'encre, point par point, on les fait apparaître. Les montagnes

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