LE PITTORESQUE
souvent les livres de dessins et les albums, et dans laquelle il faut ranger les paysagistes les plus populaires de France, d'Angleterre et d'Allemagne. Mais, si la recherche de ces mêmes caractères extérieurs n'empiète pas sur les caractères intérieurs de l'objet considéré et leur reste subordonnée, si l'artiste se refuse à introduire dans son œuvre, tout élément de charme qui soit incompatible avac ceux-ci, et s'il ressent, en même temps, une sympathie profonde pour l'objet, pour tout ce qu'il nous dit de lui-même à l'aide de ces tristes témoignages, il appartient à l'école du véritable, du noble pittoresque.
Les peintres moderaes [Le paysage] (Henri Laurens, éditeur).
F. Henriet.
Voué aux ruines par état, le paysagiste n'a de tendresse que pour les murailles lézardées, les bâtiments « eti démence et en bas âge », les savards envahis de bruyères; il aime avec passion les chaumes rongés de mousse, les chemins défoncés, aux flancs qui s'éboulent; mais, — il le constate avec douleur, — tous les aspects sauvages ou grandioses de la nature tendent à s'effacer à mesure que l'industrie ne laisse plus aucune richesse du sol inexploitée, à mesure que la civilisation, poursuivant son travail de difiusion et de répartition, uniformise tout son niveau : mœurs, costumes, usages, habitations ! Le crayon à la main, il pousse volontiers jusqu'à la férocité son amour du pittoresque. Sa vive imagination le ferait rétrograder, sous prétexte de couleur, jusqu'aux ruelles tortueuses, aux pignons surplombants, aux tourelles et encorbellements du vieux Paris, décor entrevu à travers de prestigieuses descriptions.
Le paysa'jiate aux champs (Achillo Faure, éditeur, 1806;.