‹ Le paysan et le gentilhomme; anecdote récenteChapitre 23 sur 24 · HEUREUSE NOUVELLE. RETOUR DE LEROIVD DANS SA FAMILLE. CONCLUSION · texte numérisé non relu

HEUREUSE NOUVELLE. RETOUR DE LEROIVD DANS SA FAMILLE. CONCLUSION

LiEROND recul le lendemain nne letlre de son endroit, qui le remplit de joie, et mit fin à toutes ses inquiétudes. On lui annonçait qt>e Thomas et son fils avaient été mis en liberlé le lendemain de son départ, que le père Thomas étant malade, on n*avait pas voulu lui annoncer cette nouvelle; mais que maintenant ce bon vieillard étant rélabli, et rien^ne troublant plus la joie commune , on l'invitait à venir Taugmenter par sa présence.

Lerond alla remercier l'homme qui lui avait offert ses services avec lanlde bonté. En entrant à l'hôtel, il trouva son solliciteur radieux , qui, malgré les différens qu'iisavaienleusensemble, vint à lui pour lui faire part de sa joie. Il lui apprit que, forcé de renoncer à ses premières prétentions, il s'était retourné d'un autre côté^ et venait d'obtenir une mission de confiance. Lerond jugeant, avec son bon sens ordinaire, que ceux qui étaient l'objet d'une pareille con-

i54 fiance, mérirenl peu celle des honnêles gens, sebâla de h quitter.

Lerond fit promplementses dispositions, et quitta Paris sans regret. Tout ce qu'il y avait vu ne lui rendait que plus cher son modeste village, qu'il espérait retrouver calme et paisible, comme il avait été si long-temps. Il était persuadé que Télat le plus heureux de Ja vie est celui d'un paysan qui, possesseur d'une (ortune honnête, ayant reçu assez d'éducation pour apprécier les avantages de sa position , et jouir de tous les agrémens qu'elle peut lui procurer, entouré de sa famille qui l'aime et de ses égaux, qui isont tousses amis, se livre alternativement aux travaux les plus utiles, aux loisirs Its plus agréables , aux alFeclions les plus douces.

En arrivant chez lui, il trouva toute sa famille dans la joie. M. de Fierenville ne pouvant plus exercer ni autorité ni influence, avait pris le parti de quitter des lieux si peu dignes de le posséder, et de venir dans la capitale. Robert s'était banni lui même d'un endroit où il n'osait plus regarder personne en face. L'ancien maire avait repris ses fonctions , qu'il n'aurait jamais dû quitter. Le curé, qui s'était laissé entraîner par faiblesse dans le parti de M. de

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FierenvîIIe , mais quî dans le fond avail un bon cœur, élail redevenu doux et charitable comme; il 1 était autrefois; enfin le calme et h confiance étaient rétablis dans ce village, dont tous les habilansseniblaienl ne plusforraer qu'une seule et même famille.

Lepond vient d'épouser Catlierine; le père Thomas a béni cette union, qui assure le bonheur de ses derniers jours.Thomas fils, toujours bon citoyen, ton jours dévoué à sa patrie, a oublié les perséculionsqu*il a éprouvées;el comme il voit que le temps est pasvsé où il suffisait d'avoir servi pour n'être pas jugé digne de servir, il espère encore pouvoir rendre sa vie utile au roi et à la France.

Celle famille est heureuse; elle adresse tous les jours des vœux au ciel pour la conservation du prince qui a voulu régner pour tout le monde , et qui a assuré ses sujets contre les prétentions des Robert^ des Fierenville et de tous ceux qui leur ressemblent.

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