Louis Revon, Revue Savoisienne, 15 fév. 1871, p
Cette tendance, qui honore le caractère, indiquait peut-être aussi une certaine inquiétude d’esprit qui ne fut pas étrangère sans doute à l’instabilité qu’on remarque dans sa carrière. Il change fréquemment de résidence et de profession, mais certaines existences sont soumises à des péripéties dont il est sage de respecter le secret quand on est en face d’un passé inconnu. Jacques-Marie Guignet habita Autun à deux reprises. Marié en 1807, ainsi qu’on l’a vu, il y demeurait encore en 1811 ; trois ans après, 1814, on le retrouve domicilié à Annecy (Savoie) à l’âge de 32 ans. Il résulte de renseignements recueillis auprès d’anciens voisins qu’il avait la réputation d’avoir été le premier ébéniste de talent fixé dans cette ville où il était associé avec un nommé Lomprez. ^
On ignore les causes qui l’éloignèrent de cette nouvelle résidence. Son départ semble avoir suivi de près les événements qui enlevèrent la Savoie à la France, et la politique n’y fut peut-être pas complètement étrangère. En 1819 il est établi à Genève sous le titre à' architecte mécanicien^ muni du reste des meilleurs certificats de son pays et de la légation française en Suisse (1822) L’accroissement de sa famille ajoutait à ses préoccupations. Il avait eu, durant son premier séjour à Autun, deux filles qui y moururent et deux fils, Louis ^ et Jean-Baptiste et à Annecy, le 15 mars 1814, deux jumeaux, Jean-Louis et Victoire, qui vécurent peu. Jean- Adrien naquit dans la même ville, le 21 janvier 1816. Ce dernier était encore à la mamelle lors du départ pour Genève où