Fait partie de la collection Bulliot
cette roche aujourd’hui a roulé à quelques mètres plus bas, déracinée dans la crue produite, il y a plusieurs années, par suite de la rupture d’une chaussée d’étang sur le plateau de Montjeu. Un guerrier courbé, sa lance pour point d’appui, regarde couler l’eau écumeuse comme une sentinelle ennuyée ou un sage en méditation. L’eau fuit, les feuillages grelottent, la vie diminue à chaque heure, à chaque feuille que détache le vent, on croit entendre le bruissement de l’onde et le gémissement des bois. ^
Dans la vallée de la Candie, à treize kilomètres d’Autun, il a relevé un aspect du Morvan, sévère, dur et pour ainsi dire écorché Un de ces gros arbres sans pivot, particuliers aux terrains maigres et pierreux, dont la ramure pousse au large et couvre d’ombre de vastes surfaces, s’étale au pied d’un massif de rochers édentés que colore un couchant d’automne aux tons roux et gris. — A travers une coupure, on voit les brumes condensées dans la vallée escalader le plateau derrière les roches et fermer l’horizon. Ce sujet est une des rares études d’Adrien d’après nature, très remarquable du reste et destinée sans doute à être utilisée dans quelque tableau, aussi n’y trouve-t-on aucun de ces petits personnages qu’il avait l’habitude de placer dans ses paysages. ^
Un de ses sujets, qui à nos yeux est un chef-d’œuvre, nous a paru inspiré par la nature de Montjeu, par ses étangs bordés de bois reflétés dans l’eau. Un rêveur est étendu sur une pierre et absorbé dans une contemplation profonde, pendant que les bouleaux et les hêtres secouent leur cime feuillée dans la lumière qui fuit.
Tout en s’inspirant des aspects de la nature locale, il était loin d’abandonner le pays des rêves et du soleil. Il peignit