‹ Le peintre Adreien GuignetChapitre 5 sur 69 · Né le 24 avril 1840 à Autun · texte numérisé non relu

Né le 24 avril 1840 à Autun

naquit, le 3 mars 1819, Adèle, baptisée à la même date à l’église Saint-Germain du lieu. Peu d’années après, à la fin de 1822, croyons-nous, Guignet père retournait à Salins et y continuait sans doute sa profession d’architecte- mécanicien, pendant que ses deux fils aînés fréquentaient, l’un le bureau des ponts et chaussées, l’autre un maître de dessin.

Les premières années d’Adrien s’écoulèrent donc à Salins, dans l’horizon monotone d’une vie circonscrite entre l’école, les camarades et l’intérieur austère d’une famille qui demande au travail les ressources du présent sans certitude de l’avenir. D’une complexion délicate, et par conséquent opprimé, a à cet âge où l’enfant est sans pitié », il était battu par tous, même par des cousines assez robustes pour intervertir les rôles, et qui lui faisaient sentir à leur manière que la force prime le droit. ^

Le terrible incendie, qui détruisit la ville de Salins en 1825, fut l’occasion pour le père de Guignet, de nouveaux déplacements et de nouvelles luttes.

Ruiné par cette catastrophe où Adrien faillit, dit-on, périr il tourna une seconde fois les yeux vers Autun et s’apprêtait

1. Une d’elles, trente ans pins tard, fixée à Paris, y tenait, rue du Bouloi, Vhôtel du Nord. Eu voyant de temps à autre le nom d’Adrien Guignet dans le compte rendu des salons, elle s’était dit qu’il s’agissait peut-être de son ancien souffre-douleur, et qu’elle serait satisfaite de renouveler des relations de famille depuis longtemps interrompues. Les choses en étaient là quand Adrien mourut. Peu de temps après, deux de ses amis, A. Bourgeois et Ch. Maritoux, de Beaune, descendus à l’hôtel du Nord, s’entretenaient de sa perte récente, en présence de leur hôtesse, Bonsin, qui suivait leur conversation. Elle s’avança vers eux en leur disant : « Ce monsieur Guignet dont vous parlez doit être mon parent. — Où êtes-vous née. Madame? — A Salins. Donnez-moi le prénom de votre ami? — Adrien. — C’était celui de mon cousin et, à six ans, je l’ai souvent battu, car des deux j’étais le garçon. En voyant son nom dans les journaux, j’aurais voulu le retrouver, sans y avoir réussi. — Il était pourtant bien près, reprit un des interlocuteurs, car pendant dix ans il a passé chaque jour à votre porte en venant au café du Bouloi qui joint votre hôtel.

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