Voir l'Artiste, 1®' juin 1854, article de Clément de Ris
mieux que personne à quel point de semblables émotions sont pénibles, mais vous me pardonnerez, je l’espère, en faveur de l'intention qui m’anime. Le malheur a voulu que malgré leur talent MM. vos fils n’aient pas pu pourvoir à vos intérêts ; per^ mettez-moi puisque j’ai été en rapport avec tous les deux, de m’occuper de ce qu’ils auraient voulu faire. M. votre neveu ^ a dû vous faire part de mes propositions ; je lui ai annoncé le projet de vous les soumettre moi-même.
» Un tableau d’essai de peinture mate, fait par M. A. Guignet est, je crois, encore entre vos mains. Il représente Agar et Ismaël. Je prends la liberté de vous en offrir mille francs. De plus et comme les peintures déjà acquises par moi ne peuvent manquer, je pense, de prendre de la valeur, je vous prie. Madame, de me permettre que je vous fasse servir une rente annuelle de cinq cents francs qui vous seront payés à Paris chez mon homme d’affaires, d’après mes ordres que je lui ai donnés à ce sujet. Si ces deux propositions vous conviennent, Madame, ayez la bonté de me le faire savoir, et le tout serait réglé après votre acceptation.
» Agréez, Madame, l’assurance de la part que je prends à votre affliction et celle de mes sentiments respectueux.
» D’Albert de Luynes. »
Dampierre, par Chevreuse, 12 juin 1854.
Par suite de ces dispositions le duc de Luynes devenait acquéreur du quatrième tableau destiné à Dampierre. Cette œuvre, tout en n'ayant qu’une importance accessoire dans ce grand travail, se recommande par des qualités bien délicates et par le douloureux souvenir qui s’y rattache. On se rappelle qu’il restait d’après la lettre du duc de Luynes, du 31 juillet, entre les deux fenêtres donnant sur le parc, un trumeau vide, trois fois plus haut que large, et entièrement à contre jour.