‹ Le peintre Adreien GuignetChapitre 68 sur 69 · N" 76 de la collection Ad. Moreau · texte numérisé non relu

N" 76 de la collection Ad. Moreau

H. 0“32 sur 0“35.

Signé : A. G.

Lithographié par G. de Lafage.

Appartient à M. N. Moreau.

la plupart des compositions du peintre, est une vue d’aspect méridional, mais créée d’imagination. Une gorge profonde contourne le pied du mamelon principal, partie saillante de l’œuvre, et serpente au loin entre des massifs compacts de rochers nus, aux arêtes anguleuses et verticales ; l’œil se perd au loin dans des horizons sans limites. Des nuages chargés d’électricité se massent en haut et menacent cette belle solitude, le tonnerre grondera avant le soir dans les profondeurs du ravin. Un vaste coteau en dérobe l’entrée ; sur sa pente envahie par l’ombre rampent au ras de terre, comme des reptiles, des tiges faméliques dont Guignet sait varier sans fin la tournure et les aspects. Mendiant le soleil et la vie, elles étendent des rameaux amaigris, tandis qu’en haut, dans la lumière, s’épanouissent les grands arbres, les privilégiés du ciel. Au pied d’un rocher crevassé fume un foyer. Un sac entr’ouvert et des restes de bois mort indiquent l’origine et les apprêts du repas ; des armes gisent sur le sol. Trois condottières assis sur la pierre dans des attitudes d’un naturel simple et vrai meuvent à tour de rôle une broche improvisée sur des piquets croisés, cherchant à tromper l’attente par des récits d’exploits. Ainsi avait vécu Adrien dans les bois de Boneuil.

70 — Le Camp gaulois. ^

Dans cette création originale le paysage, à vrai dire, se compose d’un massif unique de rocher, aux mille accidents, où la végétation apparaît comme un hors-d’œuvre étranger à une nature sèche et sauvage qui cuit sous le soleil. Quelques broussailles qu’entretient à grand’peine l’humidité du fond de la vallée se montrent à la base du rocher, quelques rares

i. N» 98 de la collection Ad. Moreau.

Signé : Adrien G.

Lithographié par G. de Lafage.

, Appartient à M. N. Moreau,

recoins tapissés d’herbe rabougrie ou de tiges étiques varient seuls l’aspect d’un sommet nu, écorché. Le massif rocheux domine au loin la campagne. On le gravit par étages, à l’escalade, c’est le refuge d’un peuple ou un repaire de bandits ; chaque gradin est un rempart. De la base à la cime, sur chaque assise, sur chaque plate-forme, sur les blocs détachés se montrent les vedettes, les sentinelles du camp. Ceux qui ont monté leur garde dorment étendus ou accoudés au soleil, les guetteurs assis ou debout dans les anfractuosités sondent de l’œil les profondeurs de la plaine. Sur les sommets s’éparpillent des silhouettes de gens armés, dont les dernières, dans le lointain, semblent des fantômes profilés sur le ciel. Ce sujet est un de ceux que Guignet emporta dans son souvenir, lors de sa visite aux roches de Rome- Château (1846), et tel qu’il le conçut sur place, en interprétant à sa manière le paysage vrai.

71 — Chef gaulois.

Ce guerrier dont l’armure pourrait faire contester la désignation est d’un style plus élevé que ne le sont d’habitude les créations analogues de Guignet. L’ensemble, d’un caractère grave, sérieux, qui ne vise ni au tragique ni au pittoresque, est empreint d’une dignité calme qui rehausse le sujet. La mise en scène sacrifiée, l’absence d’accessoires laissent l’intérêt se porter tout entier sur le personnage, sa pose, son accent moral. Il est debout, en premier plan, repoussé par une masse noire très simple de silhouettes plates de rochers, de terrains indécis, sur lesquels il se détache à mi-hauteur dans une lumière vaporeuse et attiédie. Une touffe de branchages feuillés s’incline d’un coin du tableau vers son front comme pour le refraîchir. Sa main droite s’appuie sur le pommeau d’une longue épée debout, la gauche, portée à la face, rassemble une barbe épaisse entre ses doigts. La chevelure est refoulée en crinière derrière sa tête nue, un manteau à longs plis tombe noblement de son épaule ; la lumière frappe obliquement l’acier des pièces de son armure, tandis que son

visage incliné dans l’ombre avec un trait de feu dans l’œil exprime la concentration de la pensée plus encore que le repos.

Appartient à M. N. Moreau.

Collection Ad. Moreau, à Paris, n® 45.

Signé à droite en bas : A. G.

Lithographie de Lamy, tirée à 50 exemplaires, non dans le commerce, 1851.

7^ — Don Quichotte faisant le fou. (V. p. 96.) '

Même collection, n® 32.

Signé : Adrien Guignet.

Lithographié par G. de Lafage.

73 — Guerrier assis.

Ce tableau, un des plus remarquables que Guignet ait consacré à ses soudards, -n’offre plus seulement la représentation d’un bandit isolé, intéressant par son costume ou son attitude excentriques, mais est une création complète dans laquelle le personnage occupe simplement une place pour faire ressortir l’ensemble. C’est un des côtés remarquables du talent de Guignet de savoir élever^ quand il le veut, ses moindres scènes à la hauteur du drame, et d’émouvoir avec des éléments à la portée de tous, par la manière inusitée dont il sait les combiner. Cette impression frappe à la première vue dans cet admirable tableau. De grandes touffes d’arbustes, dont les branchages supérieurs se projettent en berceau, s’élèvent à gauche derrière des blocs disloqués. Le soudard a négligemment jeté son manteau sur le roc qui lui sert de siège. Son bouclier est à terre, sa lance à l’épaule; son profil fortement ombré sous la visière du casque s’accuse par quelques traits accentués et une épaisse moustache ; son œil plonge au fond d’un ravin qu’on devine sous les cimes étagées des taillis. Devant lui se développent un de ces horizons féeriques dont Guignet avait le

génie, des mouvements de terrains agités comme l’Océan, infinis comme lui, un ciel tempétueux, plein d’ombres et de lumières qui se disputent ce splendide chaos. Tout est simple, mais tout est grand ; l’accent de l’homme, héros ou bandit, est à la hauteur de cette étrange solitude, il contemple d’un œil sombre l’étendue de son domaine.

Lithographié par E. Leroux, non dans le commerce.

Collection Ad. Moreau.

Appartient à M. N. Moreau, à Paris, n° 87 de la collection.

M. N. Moreau a joint à ces six tableaux les deux suivants :

74 — Panneau représentant des Gaulois au repos une plaine.

75 — Gaulois au dans un paysage de rochers.

Nous enregistrons à la suite quelques panneaux consacrés aux condottieri de types divers.

76 — L’Homme à la lance.

D’après l'indication de Guignet lui-même, le soudard, debout, se présentant de dos, la face en profil dans l’ombre, lit avec curiosité une pancarte appendue à un mur, d’après laquelle sa tête est mise à prix. Ses cheveux nattés tombent sur ses épaules couvertes de haillons; sa rapière accrochée à l’écharpe en loques qui lui tient lieu de ceinturon, la longue pique qu’il serre instinctivement de la main droite comme son meilleur protecteur, et le bouclier sur lequel s’appuie la gauche lui permettent de prendre son temps avant de regagner la montagne.

Le fond de la scène est dans l’ombre, un coup de lumière frappe la pancarte et le dos du bandit.

Lithographié par E. Leroux.

77 — V Embuscade est encore une de ces scènes simples qui prennent sous le pinceau de Guignet l’importance du drame et du poëme. Le brigand, dans les demi-ténèbres d’une caverne où pénètrent à peine quelques rayons, prolonge

sa visée en portant une main à l’avant de son casque, la jambe tendue, un genou sur le roc où l’autre main crispée soutient le poids du corps. Son profil féroce se détache en noir sur la paroi rocheuse. Caché derrière un bloc, il darde son oeil de sauvage, à travers une embrasure, vers la proie qu’il attend et qu’on devine sans la voir. Dans une échappée sur l’horizon lointain quelques lignes onduleuses, frappées par une lumière lugubre, imitent les vagues dans l'obscurité d’une tempête. Est-ce un navire qui va se briser, des épaves à recueillir, des naufragés à dépouiller, des voyageurs à égorger ? Aucun crime n’étonnera, étant données cette physionomie et cette pose sinistres, le glaive qui pend au côté du bandit est familier du sang humain. Le bouclier à terre, la main à sa ceinture, il est recouvert de la tête aux pieds d’un vieux manteau en loques.

78 — Terrain avec des rochers, sans personnages. Panneau peint.

Appartient à M. Ronod.

79 — Clair de /me. Paysage avec un petit cavalier. Panneau peint.

Appartient à M. Ronod, Châtillon-sur-Seine.

80 — Paijsage. Peinture.

Appartient à M. Marquiset, député de la Haute-Saône.

81 — Lever de lune sur une futaie. Paysage, esquisse d’un ancien tableau sur toile repeinte par A. Guignet. Broussailles, flaque d’eau.

H. 0“20. - L. o^ao.

Appartient à Aubenne, rue d’Enfer, 85.

82 — Soleil couchant. Paysage, esquisse d’un ancien tableau, repeinte par A. Guignet. Teinte rougeâtre, forêt en automne. Toile.

Appartient à M™" Aubenne, Paris.

Le cabinet Bulliot à Autun comprend dix-sept œuvres d’Adrien Guignet, dont quatorze peintures et trois dessins.

83 — Cavalier engagé dans un défilé. — Panneau.

Signé en bas, au milieu : A. G.

Acquis par M. Bulliot, de M. Gémois, Moulins (Allier).

Il en existe une copie peinte par G. Maugey.

84 — Paysage d’ automne. Etude peinte sur panneau dans la vallée de Brisecou, près Autun. (V. p. 72.)

Signé en bas, à droite : A. G.

Cédé à M. Bulliot par Rollet.

85 — Les Tireurs d’arc, esquisse à l’huile. Panneau.

Acquis de Picard, marchand de tableaux, rue du Bac, Paris. Il le tenait du concierge de l’Ecole des beaux-arts qui posait pour les tableaux d’Adrien, et qui était payé en nature par des esquisses de ce dernier.

Cabinet Bulliot.

86 — Idylle. Paysage d’arbres.

Signé en bas, à droite : A. G.

Donné en 1847 à la loterie de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul d’Autun. Acquis par M. Bulliot du gagnant, M“® Hugonot. La peinture est craquelée. (V. p. 54.)

87 — Bords du Nil. Toile.

Egyptien conduisant son chameau à l’abreuvoir.

Peint à Autun.

Signé en bas, à droite : A. G.

Cédé par Rollet à M. Bulliot. (V. p. 35.)

33 — Étude de rochers, dans la vallée de la Celle, près

Autun, d’après nature. — Toile.

H. OmSl. — L. 0“45.

Signé en bas, à gauche : Adrien Guignet.

Roussi par l’explosion de la cartoucherie Rapp , le 18 mai 1871, à Paris.

Acquis de Riffaut.

Cabinet Bulliot. (V. p. 73.)

89 — Cavalier gaulois^ fuyant devant les Romains.

Etude au crayon noir du tableau n® 785 du salon de 1847.

Prêtres égyptiens.

Signé en bas, à droite : Adrien Guignet.

Acquis de Riffaut.

Cabinet Bulliot. (V. p. 80 et suiv.)

Nota. — Le même cabinet possède le Combat de barbares dans un défilé, cité précédemment parmi les tableaux exposés.

90 — Tobie accompagné par l’ange. Panneau.

Signé en bas, au milieu : Adrien Guignet, 1846. Exécuté sur la porte d’un appartement occupé par Rollet, place du Champ-de-Mars, n® 34, à Autun; cédé par elles-mêmes à M. Bulliot. (V. p. 71.)

91 — Rochers. — Panneau.

Signé en bas à droite : A. G.

Donné par l’auteur à la Conférence de Saint-Vincent-de- Paul d’ Autun, en 1846.

Cabinet Bulliot. (V. p. 53.)

92 — Cavaliers au désert. — Toile.

Signé à droite, au bas : 1847, Adrien Guignet.

Cabinet Bulliot. (V. p. 124.)

93 — Vue prise au bord de l’Arroux, rempart romain à droite de la porte antique, en sortant de la ville. — Panneau.

Signé à gauche, au bas : A. G.

- Cabinet Bulliot. Acquis de M. Gémois, de Moulins. (V. p. 72.)

94 — Sentinelle gauloise jprès d’un \menhir, effet de lune. — Panneau.

Signé : A. G. à droite au bas. (Fait en 1846.) (V. p. 68.)

95 — Esquisse peinte sur panneau du tableau Deux 'philosophes.

96 — Lisière d’une forêt de l’Autunois, à la chute du jour. Peint sur carton.

Appartient à M. Bulliot qui le tient de Rollet, Autun. (V. p. 69.)

97 — Paysage du Morvan. — Petit panneau peint à Autun en 1846.

98 — Paysage sur toile, pris aux environs d’Autun. Appartient à M. Ernest Guignet, chef de la station agronomique, Amiens.

99 — Soleil couchant. — Paysage d’Orient. Panneau.

Peint à Autun.

Appartient à M. Roidot-Houdaille, architecte à Autun. (V. p. 35.)

100 — Caravane. — Panneau peint à Autun.

Appartient à M. le baron d’Espiard, à Mazille, commune

d’Isenay (Nièvre). (V. p. 74.)

101 — Moïse sauvé des eaux. — Panneau, peint à Autun.

Signé en bas à droite : A. G.

Appartient à M™® Joseph de Fontenay. (V. p. 74.)

102 — Saint Jean-Baptiste prêchant une tribu.

Signé à droite : Adrien Guignet.

Acquis en 1878 de M“* veuve Jules Chatillon, à Autun, par M. Anatole de Charmasse. (V. p. 33 et 34.)

103 — Cavaliers traversant un torrent. — Toile.

Rochers coupés par un cours d’eau encaissé, et étagés sur

les deux rives. La tête de la caravane s’engage dans le défilé, tandis que le gros de la troupe, monté sur des chameaux, avec des costumes pittoresques, longe le pied de la falaise. Au fond, ligne de montagnes bleues sur un ciel orageux et rougeâtre. Ce tableau qui diffère du genre habituel de Guignet a été donné au docteur Gannal par Louis Guignet. Il a figuré à l’exposition rétrospective d’ Autun sous le n° 57. Attribution douteuse.

104 — Les Tireurs cTarc. — Toile.

Ce tableau d’une certaine dimension a appartenu d’abord à M. Thomas, rue du Bac, à Paris, puis a été vendu en Belgique, pour reparaître à l’hôtel des ventes le 25 février 1870, à la suite du décès du comte — Il a été lithographié

par Mouilleron pour la collection : les Artistes anciens et modernes J n® 19. — Le long d’une grande falaise sont groupés diversement une dizaine de bandits, assis, couchés, debout, à genoux; lances, boucliers, manteaux, jetés sur le sol avec un carquois presque entièrement vide. Les soudards désœuvrés s’amusent à tirer de l’arc. Un renard empalé sert de but et a déjà reçu une flèche, quelques spectateurs appuyés au roc apprécient les coups. Le personnage demi-nu qui tient l’arc tendu et dont les formes athlétiques se dessinent sous l’effort, est frappé au dos par la lumière. Tout entier à sa visée, la chevelure au vent, sa pose bien étudiée concentre l’intérêt. Derrière et à côté de lui, dans la pénombre, trois soudards debout, dont l’attitude et l’accoutrement sont des mieux inspirés, attendent immobiles et suivent avec émoi la direction indiquée du trait qui va partir. D’autres plus nonchalants ou hors de lice regardent, assis et couchés. La couleur est d’une grande harmonie.

105 ~ Paysage. — Futaie.

Cette belle page qui suffirait à révéler le sentiment profond qu’éprouvait Guignet dans ses courses au bois, reproduit rentrée d’une futaie, un aspect pris à la rive des étangs du parc de Montjeu, peut-être? Au bord d’une eau hérissée de touffes de joncs et de plantes aquatiques se dressent dans leur splendeur des hêtres gigantesques aux feuillages condensés et pourtant aériens. Un voyageur fatigué s’est assis sous la voûte de verdure, rêvant ou lisant. A travers les grandes branches un coin du ciel apparaît mystérieusement, traversé par des nuages blancs; une brise passe sur l’eau éclairée, en agitant les feuillages

106 — Les Rochers. Toile oblongue.

Sous ce titre Guignet a peint une de ces grandes falaises calcaires qui pour nous rappellent les masses puissantes et, d’une seule venue, plus ou moins éraillées, qu’on rencontre dans diverses combes de la Bourgogne. On croit reconnaître celles de la gorge de Vaux-Chinon^ près Nolay, visitée par lui en 1846. L’effet rappelle le haut de la vallée où les deux murailles de rochers se resserrent, au lieu dit : le Bout-du- Monde ou Cul-de-Menn-Vaux. Il n’est pas jusqu’aux rocailles inférieures où stationnent les deux petits personnages du tableau dont on ne retrouve l’aspect en ce lieu que le peintre n’a point copié, selon son usage, mais dont il s’est souvenu et inspiré à son heure. Entre la cime des rocs on aperçoit un coin du ciel où passent quelques nuages

107 — Paysage et groupe de brigands. — Panneau peint. Sans signature.

Sur la gauche du panneau trois brigands stationnent dans une anfractuosité, se détachant sur la paroi d’une énorme roche qui les domine. Un autre, à droite, est accoudé contre un bloc; un cinquième, casqué, appuyé sur les genoux, regarde fixément au loin dans la campagne. Au dessus de ces derniers à demi revêtus de pièces d’armures, un manteau

rouge sous les pieds, un sixième personnage couvert pour tout vêtement d’une tunique blanche sans manches, la chevelure au vent, serre de la main droite un arc tendu ; un long carquois pend derrière sa jambe gauche pliée sur le roc. Au bas du rocher de droite, un grand jeune homme debout fait effort pour bander un arc de même taille que lui. De gros nuages orageux relient les sommets des deux massifs de rocs entre lesquels apparaît, comme d’une large fenêtre, un paysage sévère de broussailles rousses et de rochers, à l’arrière-plan duquel pointent deux mamelons sur un ciel profond et étincelant. Dans la fente qui les sépare on soupçonne plutôt qu’on ne voit un chemin où s’engage un voyageur dont le manteau rouge apparaît comme un poînt à l’horizon.

La scène est toute en demi-teinte, l’éclat est concentré sur le paysage et les lointains du ciel auquel les premiers plans forment repoussoir. Seul, le brigand debout est en demilumière, les autres sont dans la pénombre.

Non signé.

Appartient à M. André Giroux, Paris.

108 — Intérieur de forêt. — Corps de troupe traversant un gué.

Faisait partie de la collection de M. D^^^, et a été vendu à l’hôtel Drouot, Paris, le 29 mars 1862, sous le n® 24. (Ce tableau semble le même que celui de la collection de M“® Maglin, cité ci-dessus n° 27.)

109 — Cavalier cheminant au milieu des rochers.

Même provenance que le précédent et vendu en même temps sous le n® 49.

110 — Les Buveurs. — Intérieur de caverne. Toile.

Deux lances sont appliquées à la paroi du rocher, une ,rapière et un manteau à une barrique ; à terre un bouclier et

un pot renversé. Un quartier de roc, en forme de table, occupe le centre de la caverne. Assis sur des coffres pillés dans une attaque, deux bandits armés de toutes pièces se désaltèrent sans répit en face d’un vase artistique qui pour d’autres doublerait le prix de la boisson. L’un, les bras croisés et accoudés, semble avoir le vin triste, il écoute silencieusement les dires éloquents de son complice. L’autre, les bras élevés, en proie à une bruyante expansion, agite dans sa joyeuse pantomime les deux plumes de coq de la salade d’acier, qui a l’honneur d’emboîter sa tête. Effet de clair obscur.

111 — Les Joueurs.

Deux soudards en costume débraillé forment le pendant du précédent. La table, la caverne, les personnages sont à l’avenant; au lieu de coupes on voit des dés à jouer et un cornet renversé. L’enjeu est à terre, vases, colliers, objets précieux. Une contestation s’est élevée entre les joueurs. Celui qui conteste, dague au côté, casque en tête, est agenouillé sur une pierre. A moitié courbé, il se soutient en cramponnant ses mains à la table, le corps en avant, l’œil ardent. Son adversaire debout cherche à le convaincre en comptant les points sur ses doigts. La physionomie des deux bandits, sous le coup de lumière qui frappe la table et les joueurs, est d’une originalité brutale et farouche.

112 — Un Chemin dans la forêt.

Ce tableau emprunté à la vallée de Brisecou représente un vaste fouillis à l’entrée du bois. Sur la droite, au bas de la pente, des herbes de marécages indiquent le voisinage du cours d’eau encaissé ; de vieux arbres décharnés étendent une ramure pantelante du côté du soleil. A leur pied stationne un petit personnage encapuchonné, à mi-corps dans les broussailles. A gauche, un autre vétéran de la forêt, découronné par l’âge ou par la foudre, se détache sur l’ombre opaque des taillis. La lumière frappe en plein les basses assises et les facettes rugueuses d’un grand rocher disloqué, d’où s’échappent

des arbustes tordus comme des reptiles, et égaie les profondeurs de ces massifs ténébreux. Le chemin raviné disparaît sous les ombrages, en contournant le flanc droit du vallon.

Lithographié par E. Le Roux.

113 — Temple de Janus, Autun, étude peinte d’après nature.

H. 0”80 environ. — L. 0“60.

Toile peinte à Autun. (V. p. 70.)

114 — Deux personnages à mi-corps, — Esquisse peinte sur panneau. Celui de droite est M. Racouchot, représentant du peuple en 1849. Celui de gauche est M. Rollet, son beau-père.

Appartient à M. Racouchot, à Issy-l’Evêque (Saône-et-Loire).

115 — Paysage, panneau. — Petit pâtre appuyé sur sa gaule, regardant un lézard se chauffer sur une tuile au soleil.

116 — Esquisse peinte. — Toile.

tScène d’émeute ou de guet durant la nuit avec armures du seizième siècle; éclairée par des torches. On reconnaît à droite la tête do Mouilleron. La toile comprend une vingtaine de personnages. Au premier plan quatre morts couchés sur le carreau. Le chef de la bande tient une hache abaissée.

Appartient à Bétourné, à Auteuil.

117 — Esquisse peinte sur panneau.

Groupe de personnages à gauche et mêlée.

H. approximative O^IS. — L. 0“12.

Appartient à M. Corne, à Bordeaux.

Cette nomenclature considérable déjà ne représente pas, à beaucoup près, l’œuvre de Guignet. Ses toiles, ses panneaux, ses fusains, ont pris toutes les directions, un certain nombre celle de l’Angleterre, où leur caractère poétique a trouvé des appréciateurs. Plusieurs collectionneurs français se reprochent aujourd’hui d’avoir cédé trop facilement à des offres tentantes.

Il a été par suite impossible de suivre la trace de compositions que leur importance ne signalait pas suffisamment à la publicité pour leur décerner un passeport en règle.

D’autre part l’accent particulier de la peinture de Guignet a alléché les copistes et les faussaires qui l’ont pastiché à outrance. Ses Brigands ^ ses Tireurs d’arc entre autres ont été reproduits sans mesure, tels sont presque toujours ceux qu’on voit figurer sous son nom aux devantures des marchands. La liste de ses fusains qui va suivre est encore plus incomplète que celle de ses tableaux, mais nous pouvons affirmer leur authenticité.

118 — Clair de lune L — Paysage.

Guignet avait une prédilection pour la nature sauvage, les sites abruptes ; mais quand on suit sa carrière, cette préférence s’explique jusqu’à un certain point par l’aspect des lieux où il a vécu. Né en Savoie il a passé sa première enfance dans la gorge de Salins. Transporté à Autun, il y trouvait celle de Brisecou et les montagnes boisées qui dominent la ville; à Boneuil, il retombait dans la forêt. S’éloignant de Paris aussi souvent que possible, il courait à Fontainebleau et s’enfonçait dans les recoins les plus escarpés ; aux vacances, il visitait le Morvan ; chaque année le ramenait ainsi pour un temps plus ou moins long au sein des bois, des rochers, des montagnes dont l’image se gravait d’autant mieux dans son esprit que ces milieux lui correspondaient. Mais s’il s’éprenait des sévérités du désert, des tristesses de la solitude, des horizons sans limites, des ciels orageux, il comprenait aussi les beautés délicates, les aspects fins, la poésie de l’aurore ou du couchant, la sérénité des belles nuits. Non-seulement dans ses fusains qui étaient le procédé le plus direct pour estamper instantanément ses impressions, mais dans quelques-unes mêmes de ses toiles,

1. Nous ignorons si cette composition a été exécutée au pinceau ou au fusain.

il a exprimé, ainsi qu’il le disait, « le sourire » de la lune refoulant discrètement le voile de Tombre et venant consoler les grands bois de la fuite du jour ; il l’a représentée ailleurs baignant de son regard maternel les menhirs de la Gaule et la cascade fuyante où va boire le rossignol. Dans la Nuit, qu’a vulgarisée la lithographie d’Eugène Le Roux, il a rendu avec un sentiment pénétrant une de ces scènes intimes de la nature sommeillante, où tout est paix et repos. L’astre qui s’élève furtivement derrière la cime des forêts se trahit dans l’eau du lac transparent ; la rosée alourdit les roseaux et les herbes, les feuilles revivent et frémissent, de vagues lueurs se glissent sous les branches émues et éveillent le nid endormi, pendant que les ténèbres rasent la terre sous les massifs, et que le ciel s’éclaire de rayons élyséens. Aucun accident, aucun personnage, aucun objet isolé, ne distraient l’œil dans cette mise en scène éthérée, dont l’effet est dû tout entier à l’impression de recueillement et de mystère qui domine l’ensemble de la composition.

Appartient à M. A. Mouilleron.

119 — Clair de lune. — Fusain. Intérieur de forêt en hiver.

La pleine lune s’échappe de brumes transparentes. Groupe de brigands assis.

Appartient à M. A. Mouilleron.

120 — Fusain. — Sous ce même titre : les Rochers, se classe une autre scène composée uniquement de blocs amoncelés. C’est un grand aspect de la solitude sévère et sauvage. Des masses bouleversées par un cataclysme, arrondies par les chocs du chaos et par les siècles, s’étagent en gradins fuyants sous un ciel qui se confond avec leurs cimes. Un craquement formidable a ouvert au centre un passage au delà duquel se développent les plans successifs d’autres coupures anfractueuses et de sommets rocheux mamelonnés comme des vagues gigantesques. On aperçoit au pied d’une grande roche un petit homme

casqué, replié, les coudes sur les genoux, dans Tattitude du sommeil, douteuse image de la vie au milieu du désert pétrifié.

Ce fusain qui appartient à Ad. Mouilleron a été photographié par P. Bisson, il a été fait d’après des souvenirs de la forêt de Fontainebleau, le soir, au coin du feu, ainsi que Guignet en avait l’habitude pour ce genre de travail.

121 — Tohie et l'Ange. — Fusain. C’est de ce paysage que Gérome disait : « Je ne connais rien d’aussi égyptien. » Sur le bord de l’eau, Tobie amène à la plage le poisson miraculeux. L’ange se tient derrière lui. (Les deux personnages sont exactement les mêmes que ceux du tableau peint à Autun par Guignet, sur la porte de son appartement, et qui fait partie de la collection Bulliot.)

Appartient à M. A. Mouilleron.

122 — Le Parc. — Fusain. Arbres touffus.

Appartient à M. Mouilleron.

123 — Entrée de forêt. — Fusain. Brigand en marche.

Appartient à M. A. Mouilleron.

124 — Forêt. — Fusain.

Appartient à M. A. Mouilleron.

125 — Paysage. — Fusain. Arbres élevés. Ligne ondulée de terrains.

Appartient à M. A. Mouilleron.

126 — Le Départ de don Quichotte. — Fusain rehaussé de deux crayons. (V. p. 97.)

Lithographié par E. Le Roux, grandeur de l’original.

H. 0mi4. — L. 0”245.

Appartient à M. A. Mouilleron,

127 — Paysage.

Appartient à M. A. Mouilleron.

128 — Paysage, Rochers et Brigands.

Appartient à M. A. Mouilleron.

129 — Parmi les fusains on en remarque un rehaussé de crayon blanc sur panneau. Un soudard casqué, appuyé sur une barrique dans un cellier, regarde couler le vin dans son amphore. Guignet était allé un soir, à l’étage supérieur du Grand- Condé, voir son ami le docteur Deloire malade. L’image d’un bandit avait traversé son esprit, chemin faisant, et à peine arrivé il s’était mis à crayonner sur la porte. Dans l’incendie de la maison le panneau avait échappé au feu, plus heureux que le tableau du Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert. Mouilleron l’a fait scier depuis et l’a conservé.

C’est par erreur que nous avons attribué cet incendie à la Commune, page 33. Il a eu lieu en juin 1858. *

Appartient à M. A. Mouilleron.

130 — - Un autre représente Deux Gaulois dans une forêt, au soleil levant. L’un d’eux à la longue chevelure pendant sur les épaules est debout, appuyé sur son bouclier. Il semble faire le guet en contemplant l’horizon.

Appartient à M. Mouilleron.

La collection de M*“® Maglin, outre ses peintures, comprend quatre beaux fusains :

131 — Le premier représente un magnifique fouillis d’arbres et de rochers sur l’un desquels, placé au centre, est assis un brigand, les jambes pendantes.

Signé : A. Guignet.

Appartient à M“® Maglin.

132 — Un second de même dimension offre aussi un intérieur de forêt, effet d’hiver. Tout est effeuillé mais sans neige. On dirait un aspect de Montjeu, près Autun.

Signé : A. G.

Appartient à Maglin.

133 — Le suivant reproduit aussi une scène d’hiver;une brume transparente circule dans les clairières et dans les branchages.

Appartient à M*"® Maglin.

134 — Le quatrième est une splendide représensation d’un fourré sous futaie. Un grand arbre déraciné par le vent est couché en travers sur ses voisins écrasés. Branchages froissés, racines tordues, hautes herbes forment un pêle-mêle indescriptible. Un personnage à moitié noyé dans les herbages s’appuie sur une arme à la lisière du bois.

Signé : Adrien Guignet.

Appartient à M“® Maglin.

135 — Dessin représentant des rochers fantastiques aux environs d’Autun.

Appartient à M. Ernest Guignet.

136 — Fusain. — Esquisse du Festin de Balthazar.

Appartient à M. Ronod, à Châtillon-sur-Seine.

137 — Fusain. — Brigands à rentrée d’une grotte.

Appartient à M. Eugène Pelpel, n® 6, quai de la Mégisserie,

à Paris.

138 — Fusain. — Personnage accroupi au pied d’une tour, au bord de la mer.

Appartient au même.

139 Fusain. — Grands arbres; impression de la forêt de Fontainebleau. Un personnage assis au bord du chemin.

Appartient à M. A. Bourgeois, à Beaune (Côte-d’Or).

140 — Embuscade. — Fusain. Entrée d’un couloir taillé de part en part dans le rocher. A l’une des extrémités, dans le lointain, s’avancent au pas de leur monture quelques cavaliers sans défiance. Des soudards apostés à l’entrée opposée s’effacent, l’épée nue, contre les parois, épiant l’arrivée des voyageurs. Très simple d’exécution, puissant par l’effet. Contours accusés en traits noirs et accentués pour détacher les personnages sur des fonds à peine éclairés.

Appartient à M. le docteur Gannal, à Sannois (Seine-et-Oise)

Classé à l’exposition rétrospective d’Autun, 1876, sous le n° 75.

141 — Effet de nuit. — Fusain rehaussé de blanc sur papier bistre. Clair de lune. La lune au plein se lève éclairant vaguement des rochers sur lesquels tombe une cascade, qui rappelle le paysage et les roches de Brisecou, près Autun. Les arbres sont décharnés, les branchages dépouillés. Sur une roche en face de la chute est assis un soudard, les genoux serrés dans ses mains, le bouclier à plat derrière lui, absorbé, et regardant couler l’eau. La lune jette dans les branchages des reflets jaunâtres.

Signé au coin à gauche : A. G.

Appartient au docteur Gannal.

142 — Fusain.

Appartient à M. Maury-Bazire, médecin-dentiste, 46, rue Richelieu, Paris, qui le tient de Guignet lui-même.

143 — Esquisses diverses ayant appartenu autrefois à la comtesse de Noé, à Paris, et données à un Anglais, admirateur du talent de Guignet.

144 — Pochade. — Fusain. Paysage en hauteur, représentant des rochers.

-145 — Grand fusain — Clair de lune. Forêt avec rochers.

146 — M. Wanner, ancien consul suisse au Hâvre avait plusieurs fusains de Guignet.

147 et 148 — Deux fusains.

Appartiennent à M. Francis Guérin, ancien chef du départ au Journal officiel, actuellement à Dinan.

149 — Grand fusain que Guignet appelait son Hibou; il date de 1852-1853, époque la plus complète de son talent.

Cette œuvre remarquable, cédée par Leroux à M“® Détourné, représente un intérieur de forêt. La lune frappe à droite un fouillis d’arbres avec mille jeux capricieux à travers les branchages. A gauche l’ombre se condense, l’astre à mi-hauteur éclaire faiblement de sa lumière poudreuse une clairière dans laquelle s’incline le fût sombre d’un arbre déraciné par le vent. Sur une petite branche oblique, où elle apparaît comme une tache noire, est perchée la chouette qui a donné son nom au fusain. On entrevoit dans un épais fourré une pièce d’eau. Cette scène empreinte profondément du mystère et de la poésie de la nuit eût été le sujet d’un magnifique tableau.

Signé à droite : Adrien Guignet.

Appartient à Détourné, Auteuil.

150 — Fusain représentant un bois à la fin du jour. La lumière expirante glisse dans un vide et pénètre dans le fourré où surgissent çà et là quelques grandes tiges. Derrière les arbres, horizon profond d’un sentiment triste.

Signé à gauche : Adrien Guignet.

Appartient à Détourné, Auteuil.

151 — Diverses études au crayon rappellent les principaux tableaux du peintre et, entre autres, les Prisonniers précipités.

Le paysage représente une sorte de cirque de grands rochers du haut desquels les vainqueurs jettent les vaincus dans l’abîme. (V. p. 25.)

Appartient à M. A. Mouilleron.

152 — Une autre est la mise au carré de l’esquisse de la Bataille de Châlons, peu distincte aujourd’hui.

Appartient à M. Mouilleron.

153 — Une troisième est un calque du dessin de Jésus conduit au Prétoire, dont l’original appartenait à M. Azenfeld, 3 bis, rue des Beaux-Arts.

Appartient à M. Mouilleron.

154 — Guignet avait commencé de peindre pour lui-meme un petit meuble en forme de cippe quadrangulaire, dont le panneau de face est seul achevé. Il représente un guerrier casqué. Sur la plate-bande qui forme une sorte de frise, on distingue les traces d’un dessin figurant divers objets relatifs à l’étude, encrier, livres épars, etc.

Ce meuble appartient à M. Mouilleron.

155 — Mouilleron a le croquis de la moitié de gauche d’un projet de table de travail pour le duc de Luynes, dans le style de la Renaissance. La partie inférieure est soutenue par des hiboux Au dessus règne un second corps à panneaux sur chacun desquels est un personnage. Deux statues d’ivoire placées aux côtés représentent l’une le travail de jour, l’autre celui de nuit. ^

156 — Esquisse de Cavaliers avec un éléphant monté par des soldats. On y trouve celui qui brandit sa lame, du tableau n“ 89, Cavaliers au désert.

Appartient à M. A. Mouilleron.

157 — Etude du tableau de Joseph vendu par ses frères, rappelant la disposition du Cambyse. Sur une longue file au centre du tableau, les frères et les marchands discutent le prix

1. Le dessin complet fut remis au fabricant Piref, habile restaurateur de vieux meubles, aujourd’hui rue Saint-Louis-en-l’lle, et qui avait habité précédemment la même maison qu’Adrien, rue Saint-Hyacinthe-Saiut-Micbel.

A. Cr. 15

du jeune esclave. Joseph est debout auprès des dromadaires empanachés. Un grand palmier se dresse à droite, à gauche groupe de rochers et d’arbustes.

Appartient à M. A. Mouilleron

158 — Trois feuilles de charges drolatiques dans lesquelles plusieurs de Guignet.

Appartiennent à M. A. Mouilleron.

159 — Salvator Rosa chez les brigands. — Dessin. Première pensée du tableau exposé en 1844.

Lithographié par Le Roux et par Marville, Curmer, éditeur.

Gravé par Riffaut pour l’Artiste.

Appartient à A. Mouilleron.

160 Bataille de Châlons. — Fusain et crayon. Première pensée de cette composition.

161 — Même sujet. Fusain.

162 — Idem. Pastel.

Appartiennent à M. A. Mouilleron.

163 — Etudes nombreuses de figures pour des batailles.

Appartiennent à M. A. Mouilleron.

On trouve parmi ces dessins des personnages étudiés avec le plus grand soin pour les tableaux de la Retraite des dix mille et de la Mêlée. Cès dessins exécutés probablement d’après nature prouvent que si Guignet ne s’astreignait pas à la correction c’était uniquement pour ménager le temps et ne pas laisser son inspiration se refroidir.

164 — Etude à l’estompe et aux deux crayons des quatre prêtres assis à droite dans le tableau de Joseph expliquant les songes de Pharaon.

Acquis de M“® Riffaut. Cabinet Bulliot. (V. p. 48 et suiv.)

J 65 — Etude aux crayons de couleur, représentant deux personnages debout du tableau de Combyse et Psamménite exposé en 1841 .

Le plus jeune, placé dans le tableau derrière Cambyse, tient un arc et un carquois ; l’autre, un coutelas à la ceinture, est debout en face de Psamménite. Adroite au bord de la feuille, on voit le tiers d’un bouclier maintenu droit par une main. C’est celui de l’officier casqué qui garde les dépouilles des vaincus dans le tableau.

Acquis de Riffaut. Cabinet Bulliot. (V. p. 29.)

166 — Etude à la mine de plomb faite en septembre 1847, d’une tête antique en marbre blanc, du cabinet Bulliot, trouvée près du théâtre romain à Autun, vers 1832.

Donnée en 1866 au musée d’Autun par M. Bulliot.

167 — Bacchante. — Dessin à la mine de plomb.

Appartenant à M. Racouchot, ancien représentant du

peuple.

168 — Personnage oriental. — Dessin aux crayons de couleur.

Appartient à M"’® Th. Charvot, à Autun.

169 — Bacchante couchée sur un divan. — Dessin à la mine de plomb. La tête couronnée de pampres est appuyée sur un coussin, dans une teinte d’ivresse, la main droite tient un verre allongé. On ne voit que le buste. Guignet Ta exécuté deux fois.

Signé : Adrien Guignet^ 1846.

Appartient à Aubenne, née Rollet, rue d’ Enfer, 82, à Paris.

La reproduction citée déjà appartient à M. Racouchot.

170 — Lithographie par Adrien Guignet, 1847. lmp. Bertauts. Personnages à l’entrée d’un hypogée, l’un est appuyé

sur un bâton, il a posé à terre un bouclier rond. Une femme est couchée auprès.

Le musée de Beaune possède un exemplaire de cette lithographie assez rare.

171 Soudard, — Dessin.

Signé en bas et à droite : Adrien Guignet, 1848.

Album Millaud.

172 — Turc accoudé sur V appui d'aune fenêtre, autour de laquelle s’enlacent des branches de vigne. Dessin à la mine de plomb.

Signé : Adrien Guignet.

Appartient à Aubenne, à Paris.

173 — Scène orientale au pied du colosse de Memnon. — Dessin à la mine de plomb.

A fait partie de la vente de la bibliothèque de feu M. Adolphe Lance, architecte, sous le n° 23 (24 mai 1875).

174. — Paysage. — Pastel offert par M. Souty à la vente faite les 3 et 4 juillet 1856, au profit de M. Ducornet, père du peintre né sans bras. Il portait le n® 166 du catalogue.

175 — Marche triomphale égyptienne. — Dessin. Guerriers sur des chevaux et des chameaux. Etude faite avec soin, mais sèche, sans couleur et peu originale.

Appartient à M. Eugène Pelpel, qui la tient de A. Mouilleron. Elle est signée.

176 — Guerrier accoudé sur son bouclier au bord de la mer. — Dessin en hauteur.

Appartient à M. Eugène Pelpel, n° 6, quai de la Mégisserie, à Paris.

177 — Les Sauvages et le Violon. — Dessin pour le recueil in-folio des fables de Pierre Lachambaudie. Jeune homme, la chevelure au vent, jouant du violon sur un tertre couvert de plantes sauvages. Derrière lui, au pied d’un palmier, stationne une troupe de Peaux-Rouges dans l’attitude de l'étonnement.

178 — La Fleur et le Nuage. — Dessin pour le même recueil, liv. II, fable xv. Un cippe surmonté d’une urne cinéraire, enlacée d’une guirlande occupe le centre de la composition. Un cyprès, des torches renversées, des lianes, divers attributs funéraires complètent ou accentuent l’image du deuil et de la mort. Une lyre est suspendue au tombeau, sur le socle duquel on lit les noms de Gilbert, Hégésippe Moreau, Elisa Mercœur, Malfilâtre et Chatterton. Le nuage dont la fleur haletante implore la rosée voyage dans l’air et passe ; la fleur a péri avant son retour. Sur la face principale du monument est gravé l’apologue élégiaque terminé par ce vers désespéré :

Ni largesses ni pleurs ne réveillent les morts

179 — Salvator Rosa chez les brigands. — Dessin à la pierre noire.

Signé : G.

Faisait partie de la bibliothèque de feu M. Adolphe Lance, architecte, et a été vendu le 24 mars 1875.

180 — Belle étude de draperies au crayon noir pour le tableau de Joseph expliquant les songes de Pharaon.

Appartient à M. Ronod.

181 — Six études variées de la même tête pour le même tableau.

Appartiennent à M. Rohod.

182 — Trois feuilles de croquis moins importants, de la première jeunesse de Guignet, témoignant de la naïveté et de la sincérité du débutant dans son travail.

, Appartiennent à M. Ronod.

183 ~ Trois études de rochers, au crayon noir et à l’estompe.

Appartiennent à M. Ronod, à Châtillon-sur-Seine.

184 — Portrait de E. Le Roux. — Fusain. Représenté à mi-corps, tête nue, la main sur la hanche.

Appartient à M. Mouilleron.

185 — Portrait de M. Rollet, d’Autun. — Crayon noir.

Appartient à M. Racouchot.

186 — Portrait de M. Racouchot^ ancien représentant du peuple. — Crayon noir.

Appartient à M. Racouchot.

187 — Portrait de Rollet (M“® Aubenne). — Dessin à la mine de plomb.

Signé : Adrien Guignet, 1843.

Appartient à Aubenne, 82, rue d’Enfer, Paris.

188 — Portrait de Racouchot, — Mine de plomb.

Appartient à M. Racouchot.

189 — Portrait aux deux crayons du suisse de l’hôtel de Luynes.

190 — Portrait au fusain de Charles Maritoux.

Appartient à M. le marquis d’Ivry, au château de Corrabeuf

(Côte-d’Or), qui le tient de Ch. Maritoux lui-même.

191 — Portrait d’Adrien Guignet à l’huile. — Le seul portrait à l’huile et de sa main qui existe.

Détrempé dans une inondation par l’eau de la Loire, à Tours, il a subi des retouches, jugées indispensables, qui en atténuent l’intérêt.

C’est un ovale de 0“32 de hauteur sur 0“24 de large.

Appartient à M"*® Maglin.

Guignet avait fait un jour un autre portrait de lui, à l’huile, qu’il venait de terminer, lorsqu’entra Mouilleron. La toile, en

le lui montrant, tomba sur le parquet poudreux, Adrien la relevant avec indifférence la défonça d’un coup de pied et ne recommença point le portrait, au grand regret de son ami qui l’appréciait hautement.

192 — Portrait d’A. Guignet au crayon, à l’âge de 18 ans, habilement exécuté.

Appartient à M. E. Guignet.

193 — Portrait d’Adrien Guignet au fusain, par lui-même.

Appartient à M. A. Mouilleron.

194 — Portrait d’Adrien Guignet y dessin au crayon noir, rehaussé de blanc.

Ovale. H. 0“49. — L. 0“38.

Adrien Guignet vu de dos est appuyé sur une table à couleurs surmontée d'un livre. Il tourne le tête à droite.

Signé à droite sur la table : 1848, et plus bas : Adrien Guignet.

Appartient à M. Antonin Bourgeois, de Beaune.

195 — Portrait d'' Adrien Guignet, — Dessin à la mine de plomb, rendant bien l’expression habituelle de son regard. Guignet en tenue d’atelier.

Donné par lui à M. Racouchot.

Gravé dans le Magasin pittoresque y 1869, p. 28, d’après un dessin de Mouilleron.

Le musée d’Autun en possède une copie à la mine de plomb par M. Allois. Un portrait peint et interprété librement d’après le dessin de Guignet par son ami Maugey, fait partie du cabinet Bulliot, Autun. Il a figuré à l’exposition de la Société Eduenne, sous le n® .109, en septembre 1876.

Le crayon original de Guignet fait à Autun, et donné par lui à ses hôtes, est à nos yeux très ressemblant et rend plus spécialement l’expression habituelle, douce et triste quoique ferme de son regard. Il porte dans ce croquis la blouse et le grand chapeau retroussé avec lesquels il parcourait les bois d’Autun et qu’il

ne quittait guère de toutes les vacances. Peut-être même se permettait-il parfois à Paris ce costume commode et un peu original, car la mère de Mouilleron, en rencontrant certains personnages dont l’habitude lui avait appris à démêler le caractère ne manquait pas de dire à son fils : « Ce monsieur est un peintre, il a un pantalon à la Guignet. »

Son frère Jean-Baptiste a exécuté de souvenir, pour l’offrir à M™® Détourné, un autre portrait au crayon, vu de trois quarts. Vrai dans son aspect général, il est d’une ressemblance insuffisante. L’expression un peu prétentieuse et les effets de crayon rappellent trop vivement peut-être l’accentuation outrée qu’on reprochait quelquefois aux portraits de J. -B. Guignet.

Un de ceux qui reproduisent le mieux l’accent de la physionomie d’Adrien est un crayon ^ exécuté en 1 842 par Bien, et que nous reproduisons. Guignet avait besoin pour un tableau de faire un Turc de profil. Il s’affubla d’un fez rouge, se découvrit l’avant-bras, et pria son ami de le dessiner pendant qu’il poserait lui-même, ce qui eut lieu. Ce croquis très simple et très ferme est apprécié par les intimes du modèle, comme rendant très bien son expression. On y sent naturellement la raideur de la pose et un peu de tension dans les traits, mais le caractère est conservé avec une vérité saisissante et une grande sobriété de moyens.

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