Adrien Guignet. Magasin ‘pittoresque, p
17 — Paysage J n® 783 du salon de 1847.
18 — Une forêt, n” 784 du salon de 1847.
19 — Un Gaulois, n® 785 du salon de 1847. (V. p. 80.)
20 — Le Mauvais Riche , n° 2135 du salon de 1848. (V. p. 93 et suiv.)
21 — La Fuite en Egypte, effet de soleil couchant, n® 2136 du salon de 1848. (V. p. 95.)
Acheté par l’Etat 1,000 fr., le 21 septembre 1848, et attribué au musée d’Angoulême le 28 mars 1849. (V. p. 95.)
22 — Deux philosophes, n® 2137 du salon de 1848. ~ Panneau. (V. p. 95.)
Ce tableau fait partie de la collection de M. Ewrard, marchand anglais, il a paru à l’hotel des ventes à Paris, le 4 mars 1878, et a été retiré par le possesseur.
23 — Un Chevalier errant, paysage, n® 2138 du salon de 1848. (V. p. 96.)
24 — Don Quichotte faisant le fou, n^* 2139 du salon de 1848.
Appartient à M. Moreau, 3, rue Saint-Georges, Paris. (V. p. 96.)
25 — Bataille de Chdhns, — Dans la salle à manger du château de Dampierre. Toile commandée par le duc de Luynes, en 1848. (V. p. 116 et suiv.)
26 -- Esquisse de ce tableau ayant figuré à la vente faite après le décès de Théophile Gauthier,
27 — Le Festin de Balthazar, même salle au château de Dampierre. (V. p. 116.)
28 — Les Jardins d'Armidey même salle au château de Dampierre. (V. p. 127.)
29 — Agar dans le déserty même salle au château de Dampierre. (V. p. 146.)
30 — Dante et Virgile aux enfers. — Toile représentant une scène de la Divine Comédie y la mer de poix où sont plongés les damnés.
C’est une des premières toiles de Guignet, restée d’abord inachevée, dans laquelle il s’est peint lui-même, la tête émergeant du lac, à gauche du tableau. Les personnages ont été ajoutés longtemps après sur l’esquisse. Au pied d’une noire muraille de rochers les damnés se débattent dans l’étang de bitume bouillant. La lueur d’une fournaise, un rayon de lumière tombant d’en haut par une trouée éclairent seuls les ténèbres de l’abîme. Dante et Virgile debout au sommet de la falaise funèbre plongent leur regard dans le gouffre où hurlent les coupables et reculent épouvantés.
Appartient à M. A. Mouilleron, qui l’a lithographié.
31 — La Barque de Caron y esquisse sur toile, peut sembler la contre-partie de la scène du Dante.
Au premier plan le nocher mythologique en avant de la barque va pousser sur le fleuve sa nacelle chargée d’âmes formant un groupe d’un puissant effet. Un grand personnage drapé de blanc est debout au centre. Sur la rive opposée les retardataires ou les délaissés, accroupis autour d’un bon feu, attendent leur heure sans impatience, quelques-uns en fumant de longues pipes. L’horizon est sillonné de grands traits lumineux.
Appartient à M. Mouilleron.
32 — Paysage égyptien^ peint sur un fusain. Collines circulaires, rocailleuses, brûlées par le soleil. Au bas une marc.
Appartient à M. A. Mouilleron.
33 — Paysage. — Toile.
Brigands ou soldats sur un coteau, deux figures de 0™05 de haut, dans le fond.
Appartient à M. Mouilleron.
34 — Paysage. — Toile.
Philosophe sous des arbres. Coteau surmonté de grands arbres. Personnage assis sur la pente.
Appartient à M. A. Mouilleron.
35 — Paysage. — Toile. Lithographié par Leroux, grandeur de l’original.
Appartient à M. A. Mouilleron.
36 — Agar et Ismaël. — Esquisse sur papier, peinte à la cire pour le tableau non terminé de Dampierre.
Appartient à M. A. Mouilleron.
37 — Paysage de la forêt de Fontainebleau. — Toile.
Etude d’après nature dans les gorges.
Appartient à M. A. Mouilleron.
38 — Paysage. — Esquisse carton. Un brigand sur des rochers.
Appartient à M. A. Mouilleron.
Intérieur de carrière. — Petit tableau avec personnages. Le fond représentait la paroi d’un rocher à pic, empreinte d’une lumière rouge de l’Orient. Cité de mémoire par M. Mouilleron.
40 — Tête d/ Abyssinien. — Toile.
Appartient à M. A. Mouilleron.
41 — Saint Paul. — Petit vitrail. Essai de peinture sur verre.
Appartient à M. A. Mouilleron.
42 — Guei'rier gaulois. — Panneau. Dernière esquisse de Guignet, dans les coins de laquelle on voit les traces de deux paysages incomplètement recouverts par la troisième couche de peinture.
Appartient à M. A. Mouilleron.
43 — Mêlée. — Toile. Bataille dans une gorge de montagnes. Paysage abrupte. Eléphant armé en guerre. Au premier plan un blessé se désaltère.
Appartient à M. A. Mouilleron.
44 — Brigand. — Panneau, porte d’un meuble. Peinture à la cire dans laquelle restent les coups d’ongle donnés par le peintre pour éprouver la solidité.
Le personnage appuyé sur sa lance regarde couler le vin dans une aiguière.
Appartient à M. A. Mouilleron. (V. p. 140.)
45 — Don Quichotte. — Toile de dimension moyenne, représentant une gorge sauvage, au fond de laquelle don Quichotte à cheval, la lance au poing, se détache sur l’horizon. Ce tableau, que M. Mouilleron céda aux instances d’un ami, a été vendu en Angleterre.
46 — Paysage peint sur panneau, représentant au premier plan une lisière de forêt. La droite est occupée par un massif d’arbres touffus, qui s’étalent pompeusement en privant d’air et de soleil les tiges souffreteuses et décolorées d’arbustes étiolés. A gauche, deux autres groupes sont coupés par une
clairière, au fond de laquelle se mélangent dans un horizon vaporeux des terrains éclairés ou dans l’ombre, des lignes indécises de rochers, les nuages et le ciel. De rares échappées, parmi les touffes branchues, laissent çà et là pénétrer mystérieusement de fauves rayons à l’approche d’un orage qui se prépare et déjà gronde peut-être dans le lointain entre-coupé de quelques traits lumineux. Au centre, sur des rocailles d’un ton chaud et roux que le peintre affectionnait, est étendu, accoudé, un petit personnage demi- vêtu, bronzé comme le roc où il repose. La douleur ou la méditation dans lesquelles il semble plongé le rendent insensible au spectacle qui l’entoure, à la menace des nuées qui s’avancent; une eau dormante baigne le pied du rocher, et l’on se demande si elle deviendra le tombeau du solitaire ou si sa vue calme son esprit. Une indéfinissable poésie est empreinte jusque dans les plus lointaines profondeurs de ce paysage harmonieux et triste qui rappelle la nature de Montjeu, près Autun.
Signé : A. G., sans date.
Appartient à Maglin. (V. p. 73.)
47 — Paysage. — Œuvre capitale, d’une impression profonde, se rapprochant du précédent par le sujet, mais en différant entièrement par un coloris sombre dans lequel disparaissent pgut-être quelques détails des premiers plans envahis par l’ombre du soir. L’ensemble est d’une rare puissance. Les grands arbres, qui se dressent pour trouver le soleil au dessus des cascades de rochers moussus et dont les racines font éclater les blocs, jettent sur l’ensemble une sorte d’effroi. Le ciel n’apparaît qu’au coin gauche du fouillis de la forêt, aux dernières lueurs d’un couchant d’automne qui éclaire seulement les plus hautes cimes. Un rayon, par une échappée, colore au centre de la toile une flaque rocheuse, espèce de plate-forme autour de laquelle on devine trois silhouettes de bandits au repos. Un quatrième, posté en observation, la lance à l’épaule, est assis en haut de la vallée, pendant que, sur la
roche la plus élevée, celui qu’il relève de garde s’est endormi accoudé. L’ombre enveloppe presque toute la scène et laisse l’esprit hésiter entre les appréhensions de la nuit et le charme mystérieux de la forêt.
Appartient à Maglin.
48 — Esquisse peinte, représentant d’une seconde manière Joseph expliquant les songes de Pharaon.
Appartient à Maglin.
49 — Bandits traversant un torrent. — Paysage sur toile. Intérieur de forêt à Tautomme. A travers les grands arbres étagés sur des rochers le ciel apparaît à peine. Des lueurs incertaines éclairent vaguement l’immense fouillis de broussailles rousses et vertes, de troncs noirs, de rochers grisonnants ou tachetés de mousses et de lichens. Une troupe de bandits armés et casqués marche en ordre et d’un pas hâtif pour se dérober à une poursuite. Elle traverse l’eau à la suite des premières files qui disparaissent entre les rochers.
Signé : Adrien Guignet.
Appartient à Maglin.
50 — Paysage d'Orient, — Panneau. Au centre, rochers un peu pâles et roux de la première manière de Guignet. Ciel pur, presque sans nuages, qu’il affectionnait à son début où dans ses tentatives pour rendre l’Orient il restait dans les tons clairs un peu dépourvus de vigueur, auxquels il a renoncé depuis. Une caravane s’engage entre des falaises de rochers coupés horizontalement. Recouvert d’une grande tenture rouge à franges, un chameau porte un personnage dont la fière attitude indique le commandement. Au premier plan un Arabe en turban puise une jarre d’eau dans une mare.
Signé : Adrien Guignet.
Appartient à M"™® Maglin.
51 — Tableau égyptmi, même genre que le précédent. Copie du tableau original de Guignet, dans lequel on retrouve les palmiers du Moïse de Mouilleron. Grands oiseaux blancs au premier plan. Au fond les pyramides, des groupes d’arbres éclairés par un soleil couchant.
Appartient à Maglin.
52 — Grand paysage sur toile, de la première manière de Guignet, composé de plans successifs de montagnes avec un massif de rochers calcaires au centre, frappés par la lumière, en opposition avec les plans de gauche noyés dans l’ombre et surmontés de quelques groupes d’arbres. De légers nuages circulent librement dans le ciel bleu. Un promontoire anfractueux que contourne une vallée resserrée est occupé par des soldats ou des bandits qui gardent le passage. Au milieu des groupes dispersés sur les pentes ou au pied des dernières assises, un des condottières appuyé sur sa pique se penche pour puiser de l’eau dans le torrent. D’autres allument un feu dans une brisure de rochers, quelques-uns sont au repos dans les poses les plus originales, accroupis, couchés sur des monceaux de hardes, lances et boucliers en mains ou aux côtés, conversant ou endormis, affaissés comme après une longue marche. Ce tableau d’un ensemble très pittoresque, qui rappelle par certains points son Salvator chez les brigands^ est resté un peu à l’état d’esquisse, avec des empâtements et des frottis que Guignet n’employait plus guère dans sa dernière manière.
Signé : A. G.
N® 1794, collé. Le cadre porte l’étiquette en lettres noires, A. Guignet.
Appartient à Maglin.
La collection de Maglin comprend ensuite huit tableaux de condottieri d’une originalité exceptionnelle.
.Trois surtout : celui qu’a publié le Magasin pittoresque en
1869, intitulé la Vedette, le Guerrier pansant sa blessure et le Soudard contemplant un vase ciselé, sont des créations qui ne rappellent en rien Salvator Rosa et atteignent toute la puissance de Delacroix. C’est du grand art à tous les points de vue, digne des maîtres par l’harmonie des tons, la puissance du dessin et de l’attitude. La lumière qui frappe les brigands dans la partie seulement qui exprime le drame muet, le caractère, avec de fortes oppositions d’ombre, font de ces trois tableaux de véritables chefs-d’œuvre.
53 ™ La Vedette. — Toile non signée. Elle offre un des types les plus singuliers qu’ait créés Guignet. Le mélange de brutalité et de fierté de ce bizarre personnage, son accoutrement étrange, le classent à part, dans la série des bandits, à une place d’honneur qu’il a conscience de mériter. Le visage levé avec audace, il semble enorgueilli de sa calotte rouge, de l’écharpe de soie blanche en lambeaux nouée autour d’elle qui retombe comme une chevelure sur les épaules, et surtout des deux plumes arrogantes qui pointent en arrière dans sa coiffure. Son manteau est jeté dédaigneusement sur un roc ; sa brette appendue au baudrier, sa lance démesurée qui lui sert d’appui, les écailles de son plastron d’acier serré par des bandes de cuir, suffisent à sa confiance. Il garde l’entrée d’une caverne, et malvenu serait l’imprudent qui oserait l’aborder.
a Quel est ce mince et robuste guerrier, à l’équipement pittoresque et à l’air farouche 1? A-t-il existé? Quelle est sa nation? Ces plumes dans sa coiffure, cette chemise débraillée, cette culotte protégée par quelqùes lames de fer; enfin, ces sandales grossières attachées avec des cordes ont bien l’air d’un costume de fantaisie. Il y a quelque chose d’oriental, entre le Turc et le Grec, dans sa figure énergique. Pour qui, pour quelle cause fait-il ainsi le guet, appuyé sur le long manche de sa pique? Pour une bande de brigands ou pour la patrie
Magasin pittoresque, 1869, p. 193. Article accompagnant la gravure. E. Leroux en a fait aussi une belle lithographie.
menacée? Qu’importe ! Les arts plastiques ne s’inquiètent pas toujours du sens de leurs œuvres ; ils cherchent une attitude, une forme particulière qui ressorte harmonieusement sur une couleur générale. La vedette d’Adrien Guignet est tout simplement un grand et vigoureux animal humain, bien campé, fier de sa prestance et de sa station, et posant, dans la nuit, pour une statue de l’Attention farouche. »
Appartient à M“® Maglin.
54 — Soldat blessé à la jambe et pansant sa blessure. Toile. L’expression de ce brigand, bien que son visage soit dans la pénombre, accuse en même temps que la rudesse le sentiment d’inquiétude que lui inspire son mal, comme s’il craignait d’être au terme de ses exploits ou de ses crimes. Ce tableau a été lithographié par Mouilleron.
Appartient à M“® Maglin.
55 — Brigand après une attaque examinant un vase d’or ciselé. — Toile.
Signé : Adrien Guignet^ en caractères cursifs, contrairement à l’usage du peintre qui signait en lettres romaines, porte un un n° collé 1540.
Appartient à Maglin.
56 — Brigand. — Condottière couché sur une barrique dont le liquide coule à terre. Effet d’intérieur puissamment ombré. — Toile.
Appartient à M*”® Maglin.
57 — Condottieri. — Panneau. Entrée d’une grotte creusée dans une muraille de rocher. Deux condottières casqués. L’un, debout et de profil en travers de l’orifice de la caverne, appuie à 3on épaule gauche une longue hampe à laquelle est appendu
un drapeau rouge. L’autre tourne le dos, assis, bras nus, sur un quartier de roc.
Appartient à Magljn.
58 — Brigand assis, demi-nu, à côté de son casque, les mains et le menton appuyés sur une gaule, dans les broussailles. Physioîiomie bestiale et sauvage, plus brutale que les types habituels de Guignet. — Panneau d’un vigoureux coloris, rivalisant avec Decamps.
Signé : A. G.
Appartient à Maglin.
59 — Le Repos. Guerrier au repos. — Panneau d’un style élevé, entièrement opposé au précédent. Sur un fond gris l’œil se perd dans l’infini ; les nuages d’un ciel orageux voyagent en pesant sur une immensité confuse ; est-ce la terre ou les flots ? Un guerrier armé de toutes pièces est assis sur le roc, la tête appuyée sur le haut de son bouclier, dans l’attitude du sommeil ou d’une méditation profonde. Dans celte petite création qui est un joyau, l’inimitable harmonie des tons, le ciel, les horizons, le personnage, concourent à produire une impression que les œuvres les plus étudiées ne sauraient dépasser.
Signé : A. G.
Lithographié par Mouilleron. (V. p. 135.)
Appartient à Maglin.
60 — Avant-poste. — Toile.
Sur un banc horizontal de rochers en saillie, derrière lequel s’élève un second massif en forme de muraille flanqué à droite de broussailles perdues dans l’ombre, trois hommes armés gardent un passage. Le premier, les jambes pendantes sur le précipice est accoudé sur son bouclier, sa pique entre les bras. Sa chevelure inculte, son vêtement en loques en rapport avec sa physionomie brutale en font un être à part; les deux
autres debout à quelque distance et adossés à la falaise font sileneieusement le guet. L’un, presque elassique, accoudé à un roc en forme de piédestal, a un faux air de berger biblique ; le second, fatigué de Tinaction, tient les bras croisés sur le pommeau de son épée. Une flaque de lumière frappe le banc de rochers et rejaillit partiellement sur les personnages.
61 — Paysage. — Toile. Une des dernières œuvres de Guignet. Les deux tiers du tableau, à droite, sont occupés par des rochers frappés à demi par la lumière avec des oppositions d’ombre accentuées sans rompre l’harmonie. Deux brigands, à gauche, adossés au massif de rochers, surveillent un ravin profondément noir; ils semblent attendre le crépuscule pour accoster quelque voyageur isolé. Un filet d’eau s’échappe d’une fissure au sommet des roches, des broussailles rampent sur leurs flancs. Un troisième bandit est assis dans la pénombre sur un manteau blanc.
Appartient à M. Faipoux, rue Saint-Louis, 23, Versailles.
Signé : Adrien Guignet.
62 — Salmtor peignant chez les brigands. — Toile. Paysage heureusement composé. Un des brigands couché dirige ses regards sur le travail du peintre. Sept personnages dans diverses attitudes, dont plusieurs remarquables, composent le groupe principal. Variante entièrement différente du même sujet exposé en 1844. Ce ne sont plus les tons roux, les rochers déchiquetés de ce dernier, la roche est grisonnante, bleuâtre, accidentée de racines, d’arbustes, de verdures ternes. Au premier plan une énorme roche, des blocs épars émiettent en poussière brumeuse l’eau d’un torrent frappée par la lumière. Au centre sur un fond gris se détache le groupe de bandits. Salvator sur un roc peint avec attention un brigand assis qui le regarde d’un air hébété, les bras croisés sous les genoux, l’épée pendante à terre, une étoffe rouge sur la tête. Deux grands soudards debout devisent sur
le travail du peintre; un troisième, ivre, dort au pied d’un drapeau fiché dans le sol ; un autre est couché sur le ventre. A gauche tombe la cascade dans le lointain.
Signé : Adrien Guignet.
Appartient à M. Faipoux.
63 — Scène d’ enlèvement, — Panneau bien composé.
Sur un fond noir de rochers, couverts en partie de verdures
foncées, deux bandits dans le clair obscur emportent le produit de leurs vols, et une femme évanouie sur l’épaule de Tun d’eux. La tête renversée de la victime est empreinte d’une expression virginale qui contraste avec les visages farouches et bronzés des deux brigands. Le ravisseur, l’œil au guet, s’assure, en marchant à grands pas, si nul obstacle ne dérangera sa fuite; l’autre, d’un air féroce, le suit le fer en main, surveillant la proie et prêt à la riposte en cas d’attaque. Il tient sous le bras un vase d’or et sur l’épaule un paquet de nippes percées de sa hallebarde.
Signé : A. G.
Appartient à M. Faipoux.
64 — Saint Jean prêchant dans le désert.
Guignet a traité plusieurs fois et de différentes manières ce sujet, sans réussir complètement dans le personnage de saint Jean. On est dédommagé par le paysage. Le Précurseur, à l’entrée d’une grotte, a dans la tournure et l’aspect quelque chose d’un peu désordonné. Le fond est éclairé d’une lumière jaune et grise qui met en saillie les accidents du rocher. Au premier plan, dans des tons noirs, des rocailles et des verdures sombres occupent à gauche les deux tiers du tableau. Au bord du Jourdain, un Arabe couché se désaltère en buvant dans sa main. A droite, un pasteur debout au milieu des rochers est appuyé sur son épieu dans une sorte de contemplation. De l’autre côté, un groupe d’hommes et de femmes
drapés avec toute la noblesse du costume oriental écoutent le Précurseur dans l’attitude du recueillement. Ces personnages, dont plusieurs sont étudiés avec soin et fortement éclairés, se détachent sur la caverne obscure au bord de laquelle saint Jean, en demi-teinte, élève le bras en montrant le ciel.
Signé à droite : Adrien Guignet.
Appartient à M. Faipoux.
65 — Les Joueurs d'échecs, — Tableau inachevé, puissamment coloré, composé de trois personnages.
Au premier plan un soudard casqué, bien assis, est vu de dos. Le second, de profil, à gauche de la table, paraît anxieux sur le résultat de la partie ; le troisième debout, appuyé sur sa lance derrière le joueur, observe avec malice les mouvements des combattants. Ce tableau, de la première manière de Guignet, a autant de valeur dans ses parties achevées que ses œuvres les plus complètes. Le ciel orageux, les rochers d’une pâte solide et étoffée n’annoncent pas un débutant. L’étoffe rouge cru et plate du guerrier vu de dos devait être adoucie et prendre du modelé sous une draperie qui n’a pas été faite.
Signé : A. G.
Appartient à M. Faipoux, rue Saint-Louis, 23, à Versailles.
66 — Brigand en loques, la lance sur l’épaule droite, la main sur la garde d’une grande rapière. (V. page 81.) •
Signé : A. G.
Appartient à M. Faipoux.
67 — Guignet a fait encore une variante du Salvator chez les brigands y celle qu’il échangea contre un bahut sculpté et /une potiche, à son ami Bouquet. (V. p. 108.)
68 — Les Cavaliers romains, ^
La scène, dans une belle et pure atmosphère, a un aspect plus serein que les sujets de même nature traités par Guignet 2. Elle se compose de deux plans principaux, abstraction faite des lointains qui ont toujours une certaine profondeur dans ses paysages. En avant s’étendent des terrains mouvementés, avec groupes d’arbres surbaissés, accentués par de fortes ombres et formant la moraine extérieure d’une vallée. Au second plan s’élève graduellement une côte aux talus abruptes, régulièrement taillés par la nature, et vivement éclairée. A la ligne de faîte se détachent majestueusement dans les airs trois beaux groupes de grands arbres nageant dans la lumière, et dont la végétation active envoie jusqu’à terre des rameaux floconneux. Sur une plate-forme, au pied du mamelon, cheminent les cavaliers romains, dans une attitude et une allure disciplinées, qui contrastent avec les autres cavaliers de Guignet. A travers la vaste plaine qui se déroule en avant, quelques arbres marquent de loin en loin les distances. Au fond, des montagnes escarpées, dont le sommet est aplani, offrent l’aspect de camps ou de refuges, sous un brillant coup de soleil; de grands nuages blancs s’élèvent dans le lointain d’un beau ciel comme une chaîne de montagnes aériennes.
69 — Repas de Condottieri. ^
Le paysage auquel la scène sert de prétexte, ainsi que dans