‹ Le peintre Adrien Guignet: sa vie et son œuvreChapitre 59 sur 62 · N* 16 de la collection Âd. Moreau · texte numérisé non relu

N* 16 de la collection Âd. Moreau

H. 0«32 sur 0"»35.

Signé : A. G.

Lithographie par G. de Lafage.

Appartient à M. N. Moreau.

la plupart des compositions du peintre, est une vue d'aspect méridional, mais créée d'imagination. Une gorge profonde contourne le pied du mamelon principal, partie saillante de Tœuvre, et serpente au loin entre des massifs compacts de rochers nus, aux arêtes anguleuses et verticales ; Tœil se perd au loin dans des horizons sans limites. Des nuages chargés d'électricité se massent en haut et menacent cette belle solitude, le tonnerre grondera avant le soir dans les profondeurs du ravin. Un vaste coteau en dérobe l'entrée ; sur sa pente envahie par l'ombre rampent au ras de terre, comme des reptiles, des tiges faméliques dont Guignet sait varier sans fin la tournure et les aspects. Mendiant le soleil et la vie, elles étendent des rameaux amaigris, tandis qu'en haut, dans la lumière, s'épanouissent les grands arbres, les privilégiés du ciel. Au pied d'un rocher crevassé fume un foyer. Un sac entr* ouvert et des restes de bois mort indiquent l'origine et les apprêts du repas; des armes gisent sur le sol. Trois condottières assis sur la pierre dans des attitudes d'un naturel simple et vrai meuvent à tour de rôle une broche improvisée sur des piquets croisés, cherchant à tromper Tattente par des récits d'exploits. Ainsi avait vécu Adrien dans les bois de Boneuil.

70 — Le Camp gaulois. *

Dans cette création originale le paysage, à vrai dire, se compose d'un massif unique de rocher, aux mille accidents, où la végétation apparaît comme un hors-d'œuvre étranger à une nature sèche et sauvage qui cuit sous le soleil. Quelques broussailles qu'entretient à grand'peine l'humidité du fond de la vallée se montrent à la base du rocher, quelques rares

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