N* 98 de la collection Ad. Moreau
Signé : Adrien 6.
Lithographie par 6. de Lafage.
H. 0Bi8. — L. 0»25.
Appartient à M. N. Morean.
recoins tapissés d'herbe rabougrie ou de tiges étiques varient seuls Taspect d'un sommet nu^ écorché. Le massif rocheux domine au loin la campagne. On le gravit par étages, à Tescalade, c'est le refuge d'un peuple ou un repaire de bandits ; chaque gradin est un rempart. De la base à la cime, sur chaque assise, sur chaque plate-forme, sur les blocs détachés so montrent les vedettes, les sentinelles du camp. Ceux qui ont monté leur garde dorment étendus ou accoudés au soleil, les guetteurs assis ou debout dans les anfractuosités sondent de l'œil les profondeurs de la plaine. Sur les sommets s'éparpillent des silhouettes de gens armés, dont les dernières, dans le lointain, semblent des fantômes profilés sur le ciel. Ce sujet est un de ceux que Ouignet emporta dans son souvenir, lors de sa visite aux roches de Rome-Château (1846), et tel qu'il le conçut sur place, en interprétant à sa manière le paysage vrai.
71 — Chef gaulois.
Ce guerrier dont l'armure pourrait faire contester la désignation est d'un stylo plus élevé que ne le sont d'habitude les créations analogues de Ouignet. L'ensemble, d'un caractère grave, sérieux, qui ne vise ni au tragique ni au pittoresque, est empreint d'une dignité calme qui rehausse le sujet. La mise en scène sacrifiée, l'absence d aC'Cessoires laissent l'intérêt se porter tout entier sur le personnage, sa pose, son accent moral. Il est debout, en premier plan, repoussé par une masse noire très simple de silhouettes plates de rochers, de terrains indécis, sur lesquels il se détache à mi-hauteur dans une lumière vaporeuse et attiédie. Une touffe de branchages feuilles s'incline d'un coin du tableau vers son front comme pour le refraichir. Sa main droite s'appuie sur le pommeau d'une longue épée debout, la gauche, portée à la face, rassemble une barbe épaisse entre ses doigts. La chevelure est refoulée en crinière derrière sa tête nue, un manteau à longs plis tombe noblement de son épaule ; la lumière frappe obliquement l'acier des pièces de son armure, tandis que son
visage incliné dans Tombre avec un trait de feu dans l'œil exprime la concentration de la pensée plus encore que le repos.
Appartient à M. N. Moreau.
Collection Âd. Moreau, à Paris, n* 45.
Signé à drcyte en bas : Â. G.
Lithographie de Lamy, tirée à 50 exemplaires, non dans le commerce, 1851.
72 — Don Quichotte faisant le fou. (V. p. 96.) Même collection, n* 32.
Signé : Adrien Guignet.
Lithographie par G. de Lafage.
73 — Guerrier assis.
Ce tableau, un des plus remarquables que Guignet ait consacré à ses soudards, n'offre plus seulement la représentation d'un bandit isolé, intéressant par son costume ou son attitude excentriques, mais est une création complète dans laquelle le personnage occupe simplement une place pour faire ressortir l'ensemble. C'est un des côtés remarquables du talent de Guignet de savoir élever, quand il le veut, ses moindres scènes à la hauteur du drame, et d'émouvoir avec des éléments à la portée de tous, par la manière inusitée dont il sait les combiner. Cette impression frappe à la première vue dans cet admirable tableau. De grandes touffes d'arbustes, dont les branchages supérieurs se projettent en berceau, s'élèvent à gauche derrière des blocs disloqués. Le soudard a négligemment jeté son manteau sur le roc qui lui sert de siège. Son bouclier est à terre, sa lance à l'épaule; son profil fortement ombré sous la visière du casque s'accuse par quelques traits accentués et une épaisse moustache ; son œil plonge au fond d'un ravin qu'on devine sous les cimes étagées des taillis. Devant lui se développent un de ces horizons féeriques dont Guignet avait le
génie, des mouvements de terrains agités comme l'Océan, infinis comme lui, un ciel tempétueux, plein d'ombres et de lumières qui se disputent ce splendidc chaos. Tout est simple, mais tout est grand ; l'accent de Thomme, héros ou bandit, est à la hauteur de cette étrange solitude, il contemple d'un œil sombre l'étendue de son domaine.
Lithographie par E. Leroux, non dans le commerce.
Collection Ad. Moreau.
Appartient à M. N. Moreau, à Paris, n® 87 de la collection.
M. N. Moreau a joint à ces six tableaux les deux suivants :
74 — Panneau représentant des Gaulois au repos dans une plaine.
75 — Gaulois au repos dans un paysage de rochers.
Nous enregistrons à la suite quelques panneaux consacrés aux condottieri de types divers.
76 — U Homme à la lance.
D'après I indication de Guignet lui-même, le soudard, debout, se présentant de dos, la face en profil dans l'ombre, lit avec curiosité une pancarte appendue à un mur, d'après laquelle sa tête est mise à prix. Ses cheveux nattés tombent sur ses épaules couvertes de haillons; sa rapière accrochée à l'écharpe en loques qui lui tient lieu de ceinturon, la longue pique qu'il serre instinctivement de la main droite comme son meilleur protecteur, et le bouclier sur lequel s'appuie la gauche lui permettent de prendre son temps avant de regagner la montagne.
Le fond de la scène est dans l'ombre, un coup de lumière frappe la pancarte et le dos du bandit.
Lithographie par E. Leroux.
77 — VEmbuscade est encore une de ces scènes simples qui prennent sous le pinceau de Guignet l'importance du drame et du poëme. Le brigand, dans les demi-ténèbres d'une caverne où pénètrent à peine quelques rayons, prolonge
sa visée en portant une main à Tavant de son casque^ la jambe tendue» un genou sur le roc où Tautre main crispée soutient le poids du corps. Son profil féroce se détache en noir sur la paroi rocheuse. Caché derrière un bloc, il darde son œil de sauvage, à travers un^ embrasure, vers la proie qu^il attend et qu'on devine sans la voir. Dans une échappée sur Thorizon lointain quelques lignes onduleuses, frappées par une lumière lugubre, imitent les vagues dans l'obscurité d'une tempête. Est-ce un navire qui va se briser, des épaves à recueillir, des naufragés à dépouiller, des voyageurs à égorger ? Aucun crime n'étonnera, étant données cette physionomie et cette pose sinistres, le glaive qui pend au côté du bandit est familier du sang humain. Le bouclier à terre, la main à sa ceinture, il est recouvert de la tête aux pieds d'un vieux manteau en loques.
78 — Terrain avec des rochers, sans personnages. Panneau peint.
Appartient à M. Ronod.
79 — Clair de Iv/ne. Paysage avec un petit cavalier. Panneau peint.
Appartient à M. Ronod, Châtillon-sur-Seine.
80 — Paysage. Peinture.
Appartient à M. Marquiset^ député de la Haute-Saône.
81 — Lever de lune sur vms futaie. Paysage, esquisse d'un ancien tableau sur toile repeinte par A. Guignet. Broussailles, flaque d'eau.
Appartient à M"* Aubenne, rue d'Enfer, 85.
82 — Soleil couchant. Paysage, esquisse d'un ancien tableau, repeinte par A. Guignet. Teinte rougeâtre, forêt en automne. Toile.
Appartient à M"*'' Aubenne, Paris.
Le cabinet BuUiot à Autun comprend dix-^sept œuvres d'Adrien Guignet, dont quatorze peintures et trcns dessins.
83 — Cavalier engagé dans im défilé. — Panneau.
Signé en bas, au milieu : A. G.
Acquis par M. BuUiot, de M. Gémois, Moulins (Allier).
Il en existe une copie peinte par 0. Maugey.
84 — Paysage d'automne. Etude peinte sur panneau dans la vallée de Brisecou, près Autun. (V. p. 72.)
Signé en bas, à droite : A. G.
Cédé à M. BuUiot par M°*" RoUet.
85 — Les Tireurs d'arc, esquisse à Thuile. Panneau.
Acquis de Picard, marchand de tableaux, rue du Bac, Paris. Il le tenait du concierge de TEcole des beaux-arts qui posait pour les tableaux d'Adrien, et qui était payé en nature par des esquisses de ce dernier.
Cabinet BuUiot.
86 — Idylle. Paysage d'arbres.
H. 0»22. — L. ûni7.
Signé en bas, à droite : A. G.
Donné en 1847 à la loterie de la Conférence de Saint- Vincent-de-Paul d'Autun. Acquis par M. BuUiot du gagnant, M"* Hugonot. La peinture est craquelée. (V. p. 54.)
87 — Bords du Nil. Toile.
Egyptien conduisant son chameau à l'abreuvoir. Peint à Autun.
Signé en bas, à droite : A. G.
Cédé par M*"** RoUet à M. BuUiot. (V. p. 35.)
88 — Étude de rochers, dans la vallée de la Celle, près Autun, d'après nature. — Toile.
Signé en bas, à gauche : Adrien GuigneU Roussi par Texplosion de la cartoucherie Rapp» le 18 mai 1871, à Paris.
Acquis de M*"* Riffaut.
Cabinet Bulliot. (V. p. 73.)
89 — Cavalier gaulois^ fuyant devant les Romains. Etude au crayon noir du tableau n® 785 du salon de 1847.
Prêtres égyptiens.
fl. 0»27. — L. 0»42.
Signé en bas, à droite : Adrien Guignet.
Acquis de M"°" Riffaut.
Cabinet Bulliot. (V. p. 80 et suiv.)
Nota. — Le même cabinet possède le Combat de barbares dans un défilé ^ cité précédemment parmi les tableaux exposés.
90 — Tobie accompagné par l'ange. Panneau.
Signé en bas, au milieu : Adrien Guignet, 1846. Exécuté sur la porte d'un appartement occupé par M*"^' RoUet, place du Champ-de-Mars, n® 34, à Autun; cédé par elles-mêmes à M. Bulliot. (V. p. 71.)
91 — Rochers. — Panneau.
Signé en bas à droite : A. G.
Donné par Tauteur à la Conférence de Saint- Vincent-de- Paul d' Autun, en 1846.
Cabinet Bulliot. (V. p. 53.)
92 — Cavaliers au désert. — Toile.
^gné à droite,. au bas : 1847, Adrien Guignet. Cabinet Bulliot. (V. p. 124.)
93 — Vus prise au bord de VArroux, rempart romain à droite de la porte antique, en sortant de la ville. — Panneau.