‹ Le peintre Adrien Guignet: sa vie et son œuvreChapitre 61 sur 62 · H. OB20. — . L · texte numérisé non relu

H. OB20. — . L

Signé à gauche, au bas : A. G.

Cabinet Bulliot. Acquis de M. Gémois, de Moulins. (V. p. 72.)

94 — Sentinelle gc^loise près d'tm [menhir, effet de lune. — Panneau.

Signé : Â. G. à droite au bas. (Fait en 1846.) (V. p. 68.)

95 — Esquisse peinte sur panneau du tableau Deuœ philosophes.

96 — Lisière d'une forêt de VAuPunois, à la chute du jour. Peint sur carton.

Appartient à M. BuUiot qui le tient de M"*""' RoUet^ Autun. (V. p. 69.)

97 — Paysage du Morvan. — Petit panneau peint à Autun en 1846.

98 — Paysage sur toile, pris aux environs d'Autun. Appartient à M. Ernest Ouignet, chef de la station agronomique, Amiens.

99 — Soleil couchant. — Paysage d'Orient. Panneau.

Peint à Autun.

Appartient à M. Roidot-Houdaille, architecte à Autun. (V. p. 35.)

100 — Caravane. — Panneau peint à Autun.

Appartient à M. le baron d^Espiard, à Mazille, commune

d'Isenay (Nièvre). (V. p. 74.)

101 — Moïse soAAfoé des eaux. — Panneau, peint à Autun.

Signé en bas à droite : A. G.

Appartient à M"'' Joseph de Fontenay. (V. p. 74.)

102 — Saint Jean^Baptiste prêchant v/ne Uibu.

Signé à droite : Adrien Guignet.

Acquis en 1878 de M"* veuve Jules Chatillon, à Autun, par M. Anatole de Charmasse. (V. p. 33 et 34.)

103 — Cavaliers traversant un torrent. — Toile.

Rochers coupés par un cours d'eau encaissé, et étages sur les deux rives. La tête de la caravane s'engage dans le défilé; tandis que le gros de la troupe, monté sur des chameaux, avec des costumes pittoresques, longe le pied de la falaise. Au fond, ligne de montagnes bleues sur un ciel orageux et rougeâtre. Ce tableau qui diffère du genre habituel de Guignet a été donné au docteur Gannal par Louis Guignet. Il a figuré à Texposition rétrospective d' Autun sous le n® 57. Attribution douteuse.

104 — £e5 Tireurs dCarc. — Toile.

Ce tableau d'une certaine dimension a appartenu d'abord à M. Thomas, rue du Bac, à Paris, puis a été vendu en Belgique, pour reparaître à l'hôtel des ventes le 25 février 1870, à la suite du décès du comte K^^^. — Il a été lithographie par Mouilleron pour la collection : les Artistes anciens et modernes, n^ 19. — Le long d'une grande falaise sont groupés diversement une dizaine de bandits, assis, couchés, debout, à genoux; lances, boucliers, manteaux, jetés sur le sol avec un carquois presque entièrement vide. Les soudards désœuvrés s'amusent à tirer de l'arc. Un renard empalé sert de but et a déjà reçu une flèche, quelques spectateurs appuyés au roc apprécient les coups. Le personnage demi-nu qui tient l'arc tendu et dont les formes athlétiques se dessinent sous l'effort, est frappé au dos par la lumière. Tout entier à sa visée, la chevelure au vent, sa pose bien étudiée concentre l'intérêt. Derrière et à côté de lui, dans la pénombre, trois soudards debout, dont l'attitude et l'accoutrement sont des mieux inspirés, attendent immobiles et suivent avec émoi la direction indiquée du trait qui va partir. D'autres plus nonchalants ou hors de lice regardent, assis et couchés. La couleur est d'une grande harmonie.

105 — Paysage. — Futaie.

Cette belle page qui suffirait à révéler le sentiment profond qu ^éprouvait Guignet dans ses courses au bois, reproduit l'entrée d'une futaie, un aspect pris à la rive des étangs du parc de Montjeu, peut-être? Au bord d'une eau hérissée de touffes de joncs et de plantes aquatiques se dressent dans leur splendeur des hêtres gigantesques aux feuillages condensés et pourtant aériens. Un voyageur fatigué s'est assis sous la voûte de verdure, rêvant ou lisant. Â travers les grandes branches un coin du ciel apparaît mystérieusement, traversé par des nuages blancs; une brise passe sur Teau éclairée, en agitant les feuillages

106 — Les Rochers. — Toile oblongue.

Sous ce titre Guignet a peint une de ces grandes falaises calcaires qui pour nous rappellent les masses puissantes et, d'une seule venue, plus ou moins éraillées, qu'on rencontre dans diverses combes de la Bourgogne. On croit reconnaître celles de la gorge de Vaux-Chinon, près Nolay, visitée par lui en 1846. L'effet rappelle le haut de la vallée où les deux murailles de rochers se resserrent, au lieu dit : le BouUdu- Monde ou CnUde^Menn" Vaux. Il n'est pas jusqu'aux rocailles inférieures où stationnent les deux petits personnages du tableau dont on ne retrouve l'aspect en ce lieu que le peintre n'a point copié, selon son usage, mais dont il s'est souvenu et inspiré à son heure. Entre la cime des rocs on aperçoit un coin du ciel où passent quelques nuages

107 — Paysage et growpe de brigands. — Panneau peint. Sans signature.

Sur la gauche du panneau trois brigands stationnent dans une anfractuosité, se détachant sur la paroi d'une énorme roche qui les domine. Un autre, à droite, est accoudé contre un bloc; un cinquième, casqué, appuyé sur les genoux, regarde fixement au loin dans la campagne. Au dessus de ces derniers à demi revêtus de pièces d'armures, un manteau

rouge sous les pieds, un sixième personnage couvert pour tout vêtement d'une tunique blanche sans manches, la chevelure au vent, serre de la main droite un arc tendu ; un long carquois pend derrière sa jambe gauche pliée sur le roc. Â.u bas du rocher de droite, un grand jeune homme debout fait effort pour bander un arc de même taille que lui. De gros nuages orageux relient les sommets des deux massifs de rocs entre lesquels apparaît, comme d'une large fenêtre, un paysage sévère de broussailles rousses et de rochers, à Tarrière-plan duquel pointent deux mamelons sur un ciel profond et étincelant. Dans la fente qui les sépare on soupçonne plutôt qu'on ne voit un chemin où s'engage un voyageur dont le manteau rouge apparaît comme un point à l'horizon.

La scène est toute en demi-teinte, l'éclat est concentré sur le paysage et les lointains du ciel auquel les premiers plans forment repoussoir. Seul, le brigand debout est en demilumière, les autres sont dans la pénombre.

"Non signé.

Appartient à M. André Giroux, Paris.

1 08 — Intérieur- de forêt. — Corps de troupe traversant un gué.

Faisait partie de la collection de M. D^*^, et a été vendu à l'hôtel Drouot, Paris, le 29 mars 1862, sous le n* 24. (Ce tableau semble le même que celui de la collection de M*^' Maglin, cité ci-dessus n® 27.)

109 — Cavalier chemmant au milieu des rochers.

Même provenance que le précédent et vendu en même teiûps sous le n® 49.

110 —Les Buvewrs. — Intérieur de caverne. Toile.

Deux lances sont appliquées à la paroi du rocher, une rapière et un manteau à une barrique ; à terre un bouclier et

un pot renversé. Un quartier de roc, en forme de table, occupe le centre de la caverne. Assis sur des coffres pillés dans une attaque, deux bandits armés de toutes pièces se désaltèrent sans répit en face d*un vase artistique qui pour d'autres doublerait le prix de la boisson. L'un, les bras croisés et accoudés, semble avoir le vin triste, il écoute silencieusement les dires éloquents de son complice. L'autre, les bras élevés, en proie à une bruyante expansion, agite dans sa joyeuse pantomime les deux plumes de coq de la salade d'acier qui a l'honneur d'emboîter sa tête. Effet de clair obscur.

111 — Les Joueurs.

Deux soudards en costume débraillé forment le pendant du précédent. La table, la caverne, les personnages sont à l'avenant; au lieu de coupes on voit des dés à jouer et un cornet renversé. L'enjeu est à terre, vases, colliers, objets précieux. Une contestation s'est élevée entre les joueurs. Celui qui conteste, dague au côté, casque en tête, est agenouillé sur une pierre. Â moitié courbé, il se soutient en cramponnant ses mains à la table, le corps en avant, l'œil ardent. Son adversaire debout cherche à le convaincre en comptant les points sur ses doigts. La physionomie des deux bandits, sous le coup de lumière qui frappe la table et les joueurs, est d'une originalité brutale et farouche.

112 — Un Chemin dans la forêt.

Ce tableau emprunté à la vallée de Brisecou représente un vaste fouillis à l'entrée du bois. Sur la droite, au bas de la pente, des herbes de marécages indiquent le voisinage du cours d'eau encaissé ; de vieux arbres décharnés étendent une ramure pantelante du côté du soleil. A leur pied stationne un petit personnage encapuchonné, à mi-corps dans les broussailles. A gauche, un autre vétéran de la forêt, découronné par l'âge ou par la foudre, se détache sur l'ombre opaque des taiUis. La lumière frappe en plein les basses assises et les facettes rugueuses d'un grand rocher disloqué, d'où s'échappent

des arbustes tordus comme des reptiles, et égaie les profondeurs de CCS massifs ténébreux. Le chemin raviné disparait sous les ombrages, en contournant le flanc droit du vallon. Lithographie par E. Le Roux.

113 — Temple de Janm, Âutun, étude peinte d'après nature.

H. 0"80 environ. — L. 0*60.

Toile peinte à Autun. (V. p. 70.)

114 — Dettœ personnages à mi-corps. — Esquisse peinte sur panneau. Celui de droite est M. Racouchot, représentant du peuple en 1849. Celui de gauche est M. RoUet, son beau-père.

Appartient à M. Racouchot, à Issy-FEvêque (Saône-et- Loire).

1 15 — Paysage f panneau. — Petit pâtre appuyé sur sa gaule, regardant un lézard se chauffer sur une tuile au soleil.

116 — Esquisse peinte. — Toile.

Scène d^émeute ou de guet durant la nuit avec armures du seizième siècle; éclairée par des torches. On reconnaît à droite la tête do Mouilleron. La toile comprend une vingtaine de personnages. Au premier pjan quatre morts couchés sur le carreau. Le chef de la bande tient une hache abaissée.

Appartient à M"* Bétourné, à Auteuil.

117 — Esquisse peinte sur panneau.

Groupe de personnages à gauche et mêlée.

H. approximative 0-15. — L. 0"'42.

Appartient à M. Corne, à Bordeaux.

Cette nomenclature considérable déjà ne représente pas, à beaucoup près, Tceuvre de Guignet. Ses toiles, ses panneaux, ses fusains, ont pris toutes les directions, un certain nombre celle de l'Angleterre, où leur caractère poétique a trouvé des appréciateurs. Plusieurs collectionneurs français se i^prochent aujourd'hui d'avoir cédé frop facilement à des offres tentantes.

Il a été par suite impossible de suivre la trace de compositions que leur importance ne signalait pas suffisamment à la publicité pour leur décerner un passeport en règle.

D'autre part Taccent particulier de la peinture de Guignet a alléché les copistes et les faussaires qui Tont pastiché à outrance. Ses Brigands^ ses Tir&urs d'arc entre autres ont été reproduits sans mesure, tels sont presque toujours ceux qu'on voit figurer sous son nom aux devantures des marchands. La liste de ses fusains qui va suivre est encore plus incomplète que celle de ses tableaux, mais nous pouvons affirmer leur authenticité.

118 — Clair de lime *. — Paysage.

Guignet avait une prédilection pour la nature sauvage, les sites abruptes ; mais quand on suit sa carrière, cette préférence s'explique jusqu'à un certain point par Taspect des lieux eu il a vécu. Né en Savoie il a passé sa première enfance dans la gorge de Salins. Transporté à Âutun, il y trouvait celle de Brisecou et les montagnes boisées qui dominent la ville; à Boneuil, il retombait dans la forêt. S'éloignant de Paris aussi souvent que possible, il courait à Fontainebleau et s'enfonçait dans les recoins les plus escarpés ; aux vacances, il visitait le Morvan ; chaque année le ramenait ainsi pour un temps plus ou moins long au sein des bois, des rochers, des montagnes dont l'image se gravait d'autant mieux dans son esprit que ces milieux lui correspondaient. Mais s'il s'éprenait des sévérités du désert, des tristesses de la solitude, des horizons sans limites, des ciels orageux, il comprenait aussi les beautés délicates, les aspects fins, la poésie de l'aurore ou du couchant, la sérénité des belles nuits. Non-seulement dans ses fusains qui étaient le procédé le plus direct pour estamper instantanément ses impressions, mais dans quelques-unes mêmes de ses toiles.

i. Nous ignorons si cette composition a été ezëcntée au pinceaa on an fusain.

il a exprimé, ainsi qu'il le disait, « le sourire » de la lune refoulant discrètement le voile de l'ombre et venant consoler

les grands bois de la fuite du jour ; il Ta représentée ailleurs baignant de son regard maternel les menhirs de la Gaule et la cascade fuyante où va boire le rossignol. Dans la Nuit^ qu'a vulgarisée la lithographie d'Eugène Le Roux, il a rendu avec un sentiment pénétrant une de ces scènes intimes de la nature sommeillante, où tout est paix et repos. L'astre qui s'élève furtivement derrière la cime des forêts se trahit dans Teau du lac transparent ; la rosée alourdit les roseaux et les herbes, les feuilles revivent et frémissent, de vagues lueurs se glissent sous les branches émues et éveillent le nid endormi, pendant que les ténèbres rasent la terre sous les massifs, et que le ciel s'éclaire de rayons élyséens. Aucun accident, aucun personnage, aucun objet isolé, ne distraient l'œil dans cette mise en scène éthérée, dont l'effet est du tout entier à l'impression de recueillement et de mystère qui domine l'ensemble de la composition.

Appartient à M. Â. Mouilleron.

119 — Clair de lime, — Fusain. Intérieur de forêt en hiver. La pleine lune s'échappe de brumes transparentes. Groupe de brigands assis.

Appartient à M. Â. Mouilleron.

120— Fusain.' — Sous ce même titre : les Rochers, so classe une autre scène composée uniquement de blocs amoncelés. C'est un grand aspect de 1^ solitude sévère et sauvage. Des masses bouleversées par un cataclysme, arrondies par les chocs du chaos et par les siècles, s'étagent en gradins fuyants sous un ciel qui se confond avec leurs cimes. Un craquement formidable a ouvert au centre un passage au delà duquel se développent les plans successifs d'autres coupures anfractueuses et de sommets rocheux mamelonnés comme des vagues gigantesques. On aperçoit au pied d'une grande roche un petit homme

casqué, replié, les coudes sur les genoux, dans Tattitude du sommeil, douteuse image de la vie au milieu du désert pétrifié. Ce fusain qui appartient à Âd. Mouilleron a été photographié par P. Bisson, il a été fait d'après des souvenirs de la forêt de Fontainebleau, le soir, au coin du feu, ainsi que Ouignet en avait rhabitude pour ce genre de travail.

121 — Tobie et VAnge. — Fusain. C'est de ce paysage que Gérome disait : « Je ne connais rien d'aussi égyptien. » Sur le bord de l'eau, Tobie amène à la plage le poisson miraculeux. L'ange se tient derrière lui. (Les deux personnages sont exactement les mêmes que ceux du tableau peint à Autun par Guignet, sur la porte de son appartement, et qui fait partie de la collection BuUiot.)

Appartient à M. Â. Mouilleron.

122 — i« Parc. — Fusain. Arbres touffus.

Appartient à M. Mouilleron.

123 — Entrée de forêt. — Fusain. Brigand en marche.

Appartient à M. A. Mouilleron.

124 — Forêt. — Fusain.

Appartient à M. A. Mouilleron.

125 — Paysage. — Fusain. Arbres élevés. Ligne ondulée de terrains. •

Appartient à M. A. Mouilleron.

126 — Le Départ de don Quichotte. — Fusain rehaussé de deux crayons. (V. p. 97.)

Lithographie par E. Le Roux, grandeur de Toriginal,

Appartient à S|. A. Mouilleron,

127 —• Paysage,

Appartient à M. Â. Mouilleron.

128 — Paysage, Rochers et Brigands.

Appartient à M. A. Mouilleron.

129 — Parmi les fusains on en remarque un rehaussé de crayon blanc sur panneau. Un soudard casqué, ^Ppuyé sur une barrique dans un cellier, regarde couler le vin dans son amphore. Quignet était allé un soir, à Tétage supérieur du Grand- Condé, voir son ami le docteur Deloire malade. LMmage d'un bandit avait traversé son esprit, chemin faisant, et à peine arrivé il s'était mis à crayonner sur la porte. Dans Tincendie de la maison le panneau avait échappé au feu, plus heureux que le tableau du Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert. Mouilleron Ta fait scier depuis et Ta conservé.

C'est par erreur que nous avons attribué cet incendie à la Commune, page 33. Il a eu lieu en juin 1858.

Appartient à M. A. Mouilleron.

130 — Un autre représente Deux Gaulois dans une forêt, au soleil levant. L'un d'eux à la longue chevelure pendant sur les épaules est debout, appuyé sur son bouclier. Il semble faire le guet en contemplant l'horizon.

Appartient à M. Mouilleron.

La collection de M"^' Maglin, outre ses peintures, comprend quatre beaux fusains :

131 — Le premier représente un magnifique fouillis d'arbres et de rochers sur l'un desquels, placé au centre, est assis un brigand, les jambes pendantes.

Signé : A. Guignet.

Appartient à M"' Maglin.

132 — Un second de même dimension offre aussi un intérieur de forêt, effet d'hiver. Tout est effeuillé mais sans neige. On dirait un aspect de Montjeu, près Autun.

Signé : A. Q.

Appartient à M"** Maglin.

1 33— Le suivant reproduit aussi une scène d'hiver;une brume transparente circule dans les clairières et dans les branchages.

Appartient à M™* Maglin.

134 -* Le quatrième est une splendide représensation d^un fourré sous futaie. Un grand arbre déraciné par le vent est couché en travers sur ses voisins écrasés. Branchages froissés, racines tordues, hautes herbes forment un pêle-mêle indescriptible. Un personnage à moitié noyé dans les herbages s'appuie sur une arme à la lisière du bois.

Signé : Adrien Guignet.

Appartient à M"* Maglin.

135 — Dessin représentant des rochers fantastiques aux environs d 'Autun.

Appartient à M. Ernest Quignet.

136 — Fusain. — Esquisse du Festin de Balthazar. Appartient à M. Ronod, à Châtillon-sur-Seine.

137 — Fusain. — Brigands à l'entrée d*une grotte. Appartient à M. Eugène Pelpel, n* 6, quai de la Mégisserie,

à Paris.

138 — Fusain. — Personnage accroupi au pied d'une tour, a/u bord de la mer.

Appartient au même.

139 — Fusain. — Grands arbres; impression de la forêt de Fontainebleau. Un personnage assis au bord du chemin.

Appartient à M. A. Bourgeois, à Beaune (Côte-d'Or).

140 — Embuscade. -*- Fusain. Entrée d-un couloir taillé de part en part dans le rocher. Â Tune des extrémités, dans le lointain, s'avancent au pas de leur monture quelques cavaliers sans défiance. Des soudards apostés à rentrée opposée s'ef- . facent, Tépée nue, contre les parois, épiant Tarrivée des voyageurs. Très simple d'exécution, puissant par Teffet. Contours accusés en traits noirs et accentués pour détacher les personnages sur des fonds à peine éclairés.

Appartient à M. le docteur Gannal, à Sannois (Seine-et-Oise), Classé à Texposition rétrospective d'Âutun, 1876, sous le n*75.

141 — Effet de nuit. — Fusain rehaussé de blanc sur papier bistre. Clair de lune. La lune au plein se lève éclairant vaguement des rochers sur lesquels tombe une cascade, qui rappelle le paysage et les roches de Brisecou, près Autun. Les arbres sont décharnés, les branchages dépouillés. Sur une roche en face de la chute est assis un soudard, les genoux serrés dans ses mains, le bouclier à plat derrière lui, absorbé, et regardant couler Teau. La lune jette dans les branchages des reflets jaunâtres.

Signé au coin à gauche : Â. G.

Appartient au docteur Gannal.

142 — Fusain.

Appartient à M. Maury-Bazire, médecin-dentiste, 46, rue Richelieu, Paris, qui le tient de Guignet lui-même.

143 — Esquisses diverses ayant appartenu autrefois à M"'* la comtesse de Koé, à Paris, et données à un Anglais, admirateur du talent de Guignet.

144 — Pochade. — Fusain. Paysage en hauteur, représentant des rochers.

145 — Grand fusain — Clair de lune. Forêt avec rochers.

146 — M. Wanner, ancien consul suisse au Havre avait plusieurs fusains de Guignet.

147 et 148 — Deux fusains.

Appartiennent à M. Francis Guérin, ancien chef du départ au Journal officiel, actuellement à Dinan.

149 — Grand fusain que Guignet appelait son Hibou; il date de 1852-1853, époque la plus complète de son talent.

Cette œuvre remarquable, cédée par Leroux à M™* Bétourné, représente un intérieur de forêt. La lune frappe à droite un fouillis d'arbres avec mille jeux capricieux à travers les branchages. Â gauche Tombre se condense, l'astre à mi-hauteur éclaire faiblement de sa lumière poudreuse une clairière dans laquelle slncline le fût sombre d'un arbre déraciné par le vent. Sur une petite branche oblique, où elle apparaît comme une tache noire, est perchée la chouette qui a donné son nom au fusain. On entrevoit dans un épais fourré une pièce d^eau. Cette scène empreinte profondément du mystère et de la poésie de la nuit eût été le sujet d'un magnifique tableau.

Signé à droite : Adrien Guignet.

Appartient à M"** Bétourné, Âuteuil.

150 — Fusain représentant un bois à la fin du jour. La lumière expirante glisse dans un vide et pénètre dans le fourré où surgissent çà et là quelques grandes tiges. Derrière les arbres, horizon profond d'un sentiment triste.

Signé à gauche : Adrien Guignet.

Appartient à M*"' Bétourné, Âuteuil.

151 — Diverses études au crayon rappellent les principaux tableaux du peintre et, entre autres, les Prisonniers précipités.

Le paysage représente une sorte de cirque de grands rochers du haut desquels les vainqueurs jettent les vaincus dans l'abîme. (V. p. 25.)

Appartient à M. Â. Mouilleron.

152 — Une autre est la mise au carré de l'esquisse de la Bataille de Chdlom^ peu distincte aujourd'hui.

Appartient à M. Mouilleron.

1 53 — Une troisième est un calque du dessin de Jésus conduit au Prétoire^ dont Toriginal appartenait à M. Azenfeld, 3 bis, rue des Beaux- Arts.

Appartient à M. Mouilleron.

154 — Ouignet avait commencé de peindre pour lui-même un petit meuble en forme de cippe quadrangulaire, dont le panneau de face est seul achevé. Il représente un guerrier casqué. Sur la plate-bande qui forme une sorte de frise, on distingue les traces d'un dessin figurant divers objets relatifs à rétude, encrier, livres épars, etc.

Ce meuble appartient à M. Mouilleron.

155 — Mouilleron a le croquis de la moitié de gauche d'un projet de table de travail pour le duc de Luynes, dans le style de la Renaissance. La partie inférieure est soutenue par des hiboux Au dessus règne un second corps à panneaux sur chacun desquels est un personnage. Deux statues d'ivoire placées aux côtés représentent Tune le travail de jour, l'autre celui de nuit. *

156 — Esquisse de Cavaliers avec un éléphant monté par des soldats. On y trouve celui qui brandit sa lame, du tableau n' 89, Cavaliers au désert.

Appartient à M. A. Mouilleron.

157 — Etude du tableau de Joseph vendu par ses frères, rappelant la disposition du Cambyse. Sur une longue file au centre du tableau, les frères et les marchands discutent le prix

i. Le dessin complet fat remis au fabricant Piret, habile re»tauratenr de ▼ieuz meubles, aujourd'hui rue Saint-Louis-en-rUe, et qui avait habité précédemment la même maison qu'Adrien, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel. A. G. 16

du jeune esclave. Joseph est debout auprès des dromadaires empanachés. Un grand palmier se dresse à droite, à gauche groupe de rochers et d'arbustes.

Appartient à M. Â. Mouilleron

158 — Trois feuilles de charges drolatiques dans lesquelles plusieurs de Guignet.

Appartiennent à M. Â. Mouilleron.

159 — Salvator Rosa chez les brigands. — Dessin. Première pensée du tableau exposé en 1844.

Lithographie par Le Roux et par Marville, Gurmer, éditeur. Gravé par Riffaut pour V Artiste.

Appartient à Â. Mouilleron.

160 — Bataille de Chdlons. — Fusain et crayon. Première pensée de cette composition.

161 — Même sujet. Fusain.

162 — Idem. Pastel.

Appartiennent à M. Â. Mouilleron.

163 ^ Etudes nombreuses de figures pour des batailles. Appartiennent à M. Â. Mouilleron.

On trouve parmi ces dessins des personnages étudiés avec le plus grand soin pour les tableaux de la Retraite des dix mille et de la Mêlée. Ces dessins exécutés probablement d'après nature prouvent que si Guignet ne s'astreignait pas à la correction c'était uniquement pour ménager le temps et ne pas laisser son inspiration se refroidir.

164 -— Etude à l'estompe et aux deux crayons des quatre prêtres assis à droite dans le tableau de Joseph expliquant les songes de Pharaon.

Acquis de M"* Riffaut. Cabinet BuUiot. (V. p. 48 et suiv.)

i65 -^ Etude aux crayons do coulçuri représentant deux personnages debout du tableau de Cambyse et Psamméniie exposé en 1 84 1 .

Le plus jeune, placé dans le tableau derrière Cambyse, tient un arc et un carquois ; l'autre, un coutelas à la ceinture, est debout en face de Psamménite. Â droite au bord de la feuille, on voit le tiers d'un bouclier maintenu droit par une main. C'est celui do Tofficier casqué qui garde les dépouilles des vaincus dans le tableau.

Acquis de M""' Riffaut. Cabinet BuUiot. (V. p. 29.)

166 — Etude à la mine de plomb faite en septembre 1847, d'une tête antique en marbre blanc, du cabinet BuUiot, trouvée près du théâtre romain à Âutun, vers 1832.

Donnée en 1866 au musée d'Âutun par M. Bulliot.

167 — Bacchante. — Dessin à la mine de plomb. Appartenant à M. Racouchot, ancien représentant du

peuple.

168 — Personnage oriental. — Dessin aux crayons de couleur.

Appartient à M™* Th. Charvot, à Autun.

169 — Bacchante couchée sur un divan. — Dessin à la mine de plomb. La tête couronnée de pampres est appuyée sur un coussin, dans une teinte d'ivresse, la main droite tient un verre allongé. On ne voit que le buste. Guignet Fa exécuté deux fois.

Signé : Adrien Guignet ^ 1846.

Appartient à M°® Aubenne, née RoUet, rue d'Enfer, 82, à Paris.

La reproduction citée déjà appartient à M. Racouchot.

170 — Lithographie par Adrien Guignet, 1847. Imp. Bertauts. Personnages à l'entrée d'un hypogée, l'un est appuyé

sur un bâton, il a posé à terre un bouclier rond. Une femme est couchée auprès.

Le musée de Beaune possède un exemplaire de cette lithographie assez rare.

171 — Soudard. — Dessin.

Signé en bas et à droite : Adrien Guignet, 1848. Album Millaud.

172 — Turc accoudé sur l'appui d^une fenêPre, autour de laquelle s^enlacent des branches de vigne. Dessin à la mino de plomb.

Signé : Adrien Guignet.

Appartient à M"" Aubenne, à Paris.

173 — Scène orientale au pied du colosse de Memnon. — Dessin à la mine de plomb.

A fait partie de la vente de la bibliothèque de feu M. Adolphe Lance, architecte, sous le n® 23 (24 mai 1875).

174. — Paysage. — Pastel offert par M. Souty à la vente faite les 3 et 4 juillet 1856, au profit de M. Ducornet, père du peintre né sans bras. Il portait le n^ 166 du catalogue.

175 — Marche triomphale égyptienne. — Dessin. Guerriers sur des chevaux et des chameaux. Etude faite avec soin, mais sèche, sans couleur et peu originale.

Appartient à M. Eugène Pelpel, qui la tient de A. Mouilleron. Elle est signée.

176 — Guerrier accoudé sur son bouclier au bord de la mer. — Dessin en hauteur.

Appartient à M. Eugène Pelpel, n® 6, quai de la Mégisserie, à Paris.

177 — Les Sauvages et le Violon. -^ Dessin pour le recueil in-folio des fables de Pierre Lachambaudie. Jeune homme, la chevelure au vent, jouant du violon sur un tertre couvert de plantes sauvages. Derrière lui, au pied d^un palmier, stationne une troupe de Peaux-Rougcs dans l'attitude de Tétonnement.

178 — La Fleur et le Nïmge.— Dessin pour le même recueil, liv. II, fable xv. Un cippe surmonté d'une urne cinéraire, enlacée d^une guirlande occupe le centre de la composition. Un cyprès, dos torches renversées, des lianes, divers attributs funéraires complètent ou accentuent Timage du deuil et de la mort. Une lyre est suspendue au tombeau, sur le socle duquel on lit les noms de Gilbert, Hégésippe Moreau, Elisa Morcœur, Malfilâtre et Chatterton. Le nuage dont la fleur haletante implore la rosée voyage dans Tair et passe ; la fleur a péri avant son retour. Sur la face principale du monument est gravé Tapologue élégiaque terminé par ce vers désespéré :

Ni largesses ni pleurs ne réveilleot les morts

179 — Salvator Rosa chez les brigands, — Dessin à la pierre noire.

Signé : A'" G.

Faisait partie de la bibliothèque de feu M. Adolphe Lance, architecte, et a été vendu le 24 mars 1875.

180 — Belle étude de draperies au crayon noir pour le tableau de Joseph expliquant les songes de Pharaon.

Appartient à M. Ronod.

181 — Six études variées de la même tête pour le même tableau.

Appartiennent à M. Ronod.

182 — Trois feuilles de croquis moins importants, de la première jeunesse de Guignet, témoignant de la naïveté et de la sincérité du débutant dans son travail.

Appartiennent à M. Ronod.

183 — Trois études de rochers, au crayon noir et à Testompe.

Appartiennent à M. Ronod, à Châtillon-sur-Seine.

184 — Portrait de E. Le Roux. — Fusain. Représenté à mi-corps, tête nue, la main sur la hanche.

Appartient à M. Mouilleron.

185 — Portrait de M. Rollet, d'Âutun. — Crayon noir. Appartient à M. Racouchot.

186 — Portrait de M. Racottchot, ancien représentant du peuple. — Crayon noir.

Appartient à M. Racouchot.

187 — Portrait de if"« Rollet (M"** Aubenne). — Dessin à la mine de plomb.

Signé : Adrien Guignet, 1843.

Appartient à M"* Aubenne, 82, rue d'Enfer, Paris.

188 — Portrait de M^* Racoiùchot. — Mine de plomb. Appartient à M. Racouchot.

189 — Portrait aux deux crayons du suisse de Thôtel de Luynes.

190 — Portrait au fusain de Charles Maritoux. Appartient à M. le marquis d'Ivry, au château de Corrabeuf

(Côte-d'Or), qui le tient de Ch. Maritoux lui-même.

191 — Portrait d'Adrien Guignet à Thuile. — Le seul portrait à rhuile et do sa main qui existe.

Détrempé dans une inondation par Teau de la Loire, à Tours, il a subi des retouches, jugées indispensables, qui en atténuent l'intérêt.

C'est un ovale de 0"32 de hauteur sur 0>24 de large.

Appartient à M"* Maglin.

Guignet avait fait un jour un autre portrait de lui, à l'huile, qu'il venait de terminer, lorsqu'entra Mouilleron. La toile, en

le lui montrant, tomba sur le parquet poudreux, Adrien la relevant avec indifférence la défonça d'un coup de pied et ne recommença point le portrait, au grand regret de son ami qui l'appréciait hautement.

192 — Portrait d'A. Guignet au crayon, àTâgede 18 ans, habilement exécuté.

Appartient à M. E. Guignet.

193 -— Portrait d'Adrien Guignet au fusain, par lui-même. Appartient à M. A. Mouillcron.

194 — Portrait d'Adrien Guignet, dessin au crayon noir, rehaussé de blanc.

Oyale. H. 0»49. — L. 0»38.

Adrien Guignet vu de dos est appuyé sur une table à couleurs surmontée d'un livre. Il tourne le tête à droite.

Signé à droite sur la table : 1848, et plus bas : Adrien Gui' gnet.

Appartient à M. Antonin Bourgeois, de Boaune.

195 •— Portrait d^ Adrien Guignet. — Dessin à la mine de plomb, rendant bien l'expression habituelle de son regard. Guignet en tenue d'atelier.

Donné par lui à M. Racouchot.

Gravé dans le Magasin pittoresque, 1869, p. 28, d'après un dessin de Mouilleron.

* Le musée d'Autun en possède une copie à la mine de plomb par M. Allois. Un portrait peint et interprété librement d'après le dessin de Guignet par son ami Maugey, fait partie du cabinet Bulliot, Autun. Il a figuré à l'exposition de la Société Eduenne, sous le n® 109, en septembre 1876.

Le crayon original de Guignet fait à Autun, et donné par lui à ses hôtes, est à nos yeux très ressemblant et rend plus spécialement l'expression habituelle, douce et triste quoique ferme de son regard. Il porte dans ce croquis la blouse et le grand chapeau retroussé avec lesquels il parcourait les bois d'Autun et qu'il

ne quittait guère de toutes les vacanoes. Peutrêtre même se permettait-il parfois à Paris ce costume commode et un peu original, car la mère de Mouilleron, en rencontrant certains personnages dont Thabitude lui avait appris à démêler le caractère ne manquait pas de dire à son fils : « Ce monsieur est un peintre, il a un pantalon à la Guignet. »

Son frère Jean-Baptiste a exécuté de souvenir» pour Toffrir à M"'* Bétourné, un autre portrait au crayon, vu de trois quarts. Vrai dans son aspect général, il est d'une ressemblance insuffisante. L'expression un peu prétentieuse et les effets de crayon rappellent trop vivement peut-être Taccentuation outrée qu'on reprochait quelquefois aux portraits de J.-B. Ouignet.

Un de ceux qui reproduisent le mieux l'accent do la physionomie d'Adrien est un crayon ^ exécuté en 1 842 par Dien, et que nous reproduisons. Ouignet avait besoin. pour un tableau de faire un Turc de profil. Il s'affubla d'un fez rouge, se découvrit l'avant-bras, et pria son ami de le dessiner pendant qu'il poserait lui-même, ce qui eut lieu. Ce croquis très simple et très ferme est apprécié par les intimes du modèle, comme rendant très bien son expression. On y sent naturellement la raideur de la pose et un peu de tension dans les traits, mais le caractère est conservé avec une vérité saisissante et une grande sobriété de moyens .

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