‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 107 sur 157 · I. Procès-verbaux de l'Académie, t. IV, p · texte numérisé non relu

I. Procès-verbaux de l'Académie, t. IV, p

a. Voir l'appendice V.

3.. « La grande liberté de faire et la hardiesse de son pinceau paroitroient encore, du reste, quand il ne relevcroit point ses tableaux de tant de couleurs. On sçait qu'il faut empâter, mais jusqu'à un certain point. Pour bien faire, il faudrait qu'il unit dans sa composition le feu que sa touche a de trop. » Bibl. Nat., Estampes. Coll. Dcloyncs, Salon de IJ48. Le Bel, n" ;8.

4. « Antoine Le Bel n'a eu de maître que l'inspection de la nature. Ce qu'il fait de mieux, ce sont les marines ; il fait le paysage assez bien, mais sa touche est lourde et ses figures froides et dures ». Corrcsponpondance de Gr>mm, Diderot, etc., éd. Tourneux, t. I, p. 464-46^ (année 1750).

i6b APPENDICES

donnée : celui-ci vit le jeune homme s'extasier sur tout ce qui était exposé dans son cabinet.

— Que penses-tu de ce tableau? dit le peintre. — Il est fort bien, dit le décrotteur, mais j'aperçois là une génisse mal dessinée. — Comment peux-tu savoir apprécier une ressemblance?

— Monsieur, je ne puis les connaître toutes, mais j'ai tant vu d'animaux de cette espèce, que je les ferais plus ressemblans. ^ — Pris au mot. Le Bel crayonna une génisse mieux proportionnée que celle du tableau.

« Dès ce moment, M. Aved s'attacha cet intelligent jeune homme et en fit son élève. La rapidité de ses progrès fut étonnante, bientôt il parut à son maître digne d'entrer en lice pour les prix académiques. Deux années de suite, il mit son nom à ses compositions, elles furent rejetées; et la troisième M. Aved lui ordonna de garder l'anonyme, et le prix lui fut adjugé. Le sujet du tableau était une flotte battue et dispersée par la tempête. Son protecteur et son maître fit aux juges le reproche piquant que c'était pour la troisième fois que son élève méritait d'être couronné .

« M. Aved ayant été chargé de faire le portrait de Louis XV, Le Bel l'accompagnait toujours lorsqu'il allait prendre ses séances. Le Roi voulut bien se rendre familier avec Antoine (on n'appelait pas Le Bel autrement) et lorsque le monarque ne se trouvait pas en position Le Bel lui prenait la tète des deux mains, et la tournait à son gré... plusieurs fois même le prince se leva et dit : — Antoine, mets toi dans mon fauteuil, et montre moi la manière dont

je dois me présenter — et Antoine de s'asseoir Louis XV désirait que Le Bel dessinât pendant

qu'Aved le peignait ; par égard pour son maître l'élève refusa de le faire. Un jour, le prince lui confia ses clefs pour aller chercher un rouleau de papier ; c'était un plan d'impôts pour les campagnes. Antoine osa dire : — Si Votre Majesté connaissait comme moi la misère des paysans, elle se garderait bien de mettre ce projet à exécution. — Le papier fut jette au feu. Qiielquefois le Roi, s'appuyant sur les épaules de Le Bel, lui • demandait des nouvelles de sa mère. Ce bon fils, dès qu'il s'était vu dans une certaine aisance, avait fait à sa mère une pension de 200 livres.

« Les deux peintres s'étaient rendus à Versailles pour mettre la dernière main au portrait de Louis XV ; ce prince venait de partir pour l'armée. Antoine lui écrivit sans façon : qu'ils avaient été bien étonnés, son maître et lui, que Sa Majesté se fût mise en route sans les prévenir. Ce message comique amusa beaucoup Louis XV ' . »

tAjoutons qu'en 178J Le Bel avait toujours son atelier rue de Bourbon', et qu'il mourut, dans la même rue, devenue rue de Lille, le vendredi 8 mars 179J, à dix heures du soir. Il avait alors quatre-vingt huit ans. Son décès fut déclaré le lendemain à la municipalité par deux de ses amis. Antoine Bielle, coijfeur, et Antonin Thuillier, vitrier \

tAved conservait deux dessins d'Antoine Lebel : deux figures d'hommes. Ils portent, dans son inventaire, le n" ^6'*. Nous ne les retrouvons pas dans le catalogue de la vente qui, en revanche, mentionne dix toiles de Le Bel que ne signalait pas l'inventaire \ // est difficile de croire qu'elles se trouvaient à Saintry, parmi les toiles sommairement désignées par l'inventaire de cette maison de cam-

, I. Extrait de l'Annuaire du département de la Haute-Marne pour l'an 181 1 publié par ordre de M. le préfet, à Chaumont, 181 1.

2. Le Provincial à Paris, ou Etat actuel de Paris, Paris, Vatin, 1787, 4 vol. in-12; quartier Saint- Germain, p. II.

). Archives de la Seine. Etat-civil reconstitué. Décès.

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