Acte de la vente, par les héritiers d'Aved, de la maison de Saintry
Paris, 57 juin 1^8^ .
Par devant les conseillers du Roy, notaires au Châtelet de Paris, soussignés, furent présens, dame Anne Charlotte Gaultier de Loiserolles, veuve de Jacques André Joseph Aved, peintre du Roy, demeurante à Paris, cour de l'Arsenal, paroisse Saint-Paul, et M. Jean Simon Aved de Loiserolles, avocat en Parlement, conseiller du Roy, lieutenant général du bailliage de l'artillerie de France et Arsenal de Paris et dame Geneviève Elisabeth Marteau, son épouse, qu'il autorise à l'effet des présentes, demeurants à Paris avec ladite dame veuve Aved, leur mère et bellemère. Ladite dame veuve Aved et lesdits Sieur et dame Aved procédant en ces présentes, tant en leurs noms personnels qu'au nom et se faisant et portant fort pour M. Charles François Aved, avocat en Parlement et conseiller du Roy, maitre particulier des eaux et forêts de Chaumont en Bassigny et dame Jeanne d'Arnolfini de Magnac, son épouse, par lesquels ils s'obligent solidairement l'un pour l'autre sans division, ni discussion, etc.
Lesquels, es noms qu'ils procèdent, ont, par ces présentes vendu, et se sont obligés, sur les solidarités et renonciations ci-dessus exprimées, garantir de tous troubles, dons, douaires, dettes, hypothèques, évictions, substitutions et autres empêchemcns quelconques
A dame Louise Geneviève Delaunay, veuve du S^ André Flamand, entrepreneur des batimens du Roy, demeurante à Paris, rue Neuve et paroisse Saint Etienne du Mo^it, à ce présente et acceptante, acquérant pour elle, ses héritiers et ayant cause
Les biens et héritages ci-après désignés. Savoir :
Une maison bourgeoise, sise au village de Saintry, près Corbeil, ayant une entrée par deux grilles de fer, ouvrantes chacune à deux vantaux scellés dont quatre pilastres et une grille dormante entre les deux dites portes. Ladite maison consistant en un corps de logis, à droite, en entrant, formant pavillon sur la rue, ensuite un corps de logis en arrière, corps entre cour et jardin ; du côté du jardin, une grille ouvrante à deux vantaux et deux parties dormantes, basse cour dans laquelle sont écurie et remises, greniers au dessus et une volière.
Plus un clos contenant svn arpens ou environ de terre, tant en vignes que luzerne, y compris deux petits jardins clos de murs à coté de ladite maison derrière laquelle est ce clos.
Tenant la totalité de ladite maison et clos, du levant à une ruelle, du nord à un petit chemin, du couchant à François BoutoUe et par derrière sur la grande rue de Saintry ;
2° Un autre jardin en face de l'entrée de ladite maison, dans lequel sont deux petits bosquets. Ledit jardin contenant demy arpent aussi clos de murs et ayant son entrée et sa sortie chacune par une grille de fer, tenant, au midi, à une pièce de terre de trois quartiers cy-après désignée, au nord à la grande rue de Saintry, au levant à Nicolas Tessier et au couchant au S-^ Robin.
3° S\%. quartiers de terre ou environ de prés, en une seule pièce, sise derrière ledit grand clos...
4" Six quartiers ou environ de vignes, aussi derrière ledit grand clos...
5° Un quartier de pré sis près dudit clos. . .
É" Trois quartiers de pré au bas dudit jardin étant en face de ladite maison, tenant du midi aux prés de la seigneurie de Saintry...
7° Et le droit de banc dans l'église et paroisse de Saintry, et le droit de volière dans ladite maison, et dix livres de rente foncière annuelle et héréditaire en deux parties, la première de huit livres faisant moitié de seize livres de repte foncière non rachetablc à la charge de laquelle
LES DEMEURES D'AVED 175
ont été délaissés par Laurent Henriette, cordonnier à Corbcil, à Etienne Couturier, vigneron audit Saintry et Catherine Amct, sa femme, une maison sise audit village de Saintry, petit bâtiment et jardin en dépendant, par contrat passé devant Petit Jean Duruchanois [sic], notaire, et son confrère, notaire à Corbeil, le trente avril 17 19.
Et la seconde de quarante sous faisant moitié de quatre livres de rente foncière rachetable à prendre sur un dcmy arpent de terre situé audit Saintry, lieu dit La Garenne, suivant le contrat de bail de rente qui en a été fait par la veuve dudit Henriette audit Couturier et sa femme passé devant Sourdeau et son confrère, notaire à Corbcil, le premier octobre 1723, ainsi que lesdites maisons et héritages présentement vendus, se poursuivent et comportent...
Lcsdits biens et héritages susvcndus appartiennent par indivis à ladite veuve Aved et auzdits M" Aved, SCS fils, savoir : A ladite dame Aved, à cause de la communauté de biens qui a été entre elle et ledit feu son mari, et auxdits M" Aved en qualité de seuls et uniques héritiers, chacun pour moitié, dudit feu M. Jacques André Joseph Aved leur père. Le tout ainsi qu'il est justifié par l'intitulé de l'Inventaire fait après le décès de M. Aved père, par M« Peron, l'un des notaires soussignés, qui en a la minute, et son confrère, notaire à Paris, daté au commencement du seize juin 1766. Lequel feu M. Aved les avait acquis pendant ladite communauté entre lui et ladite dame son épouse, actuellement sa veuve, sous le nom dudit M* Charles François Aved, son fils aîné, de Sieur Simon Philippe Riquier, bourgeois de Paris, veuf de demoiselle Marie Antoinette Legast avec laquelle il était commun en biens, et des héritiers et représentants de ladite femme Riquier, par contrat, duemcnt insinué et ensaissiné, passé devant M' Vivien, qui en a gardé la minute, et son confrère, notaires à Paris, le dix-huit décembre 1753.
Cette vente est faite à la charge par ladite dame Flamand, qui s'y oblige, de payer et acquitter à l'avenir, à compter seulement de la dernière échéance, les arrérages des cens et rentes seigneuriales, si aucuns sont dus sur lesdits biens.
Plus, de payer tous droits royaux et seigneuriaux auxquels ces présentes pourront donner ouverture. Et, en outre, la présente vente est faite moyennant la somme de 18.000 livres de prix principal revenans aux vendeurs, de laquelle somme il en appartient la moitié à ladite dame Aved et l'autre moitié aux dits sieurs Aved ses fils aussi chacun pour moitié.
En déduction des 9.000 livres revenans à ladite dame Aved pour sadite moitié, ladite dame veuve Flamand lui a présentement payé, en espèces sonnantes et ayant cours, comptées et réellement délivrées à la vue des notaires soussignés, celle de 6.000 livres ainsi que ladite dame Aved le reconnoît...
A l'égard des 12.000 livres restant, ladite dame Flamand s'oblige de les payer auxdits vendeurs es mains de ladite dame veuve Aved ainsi que le consentent lesdits sieurs et dames Aved, en sa demeure à Paris, ou au porteur, le premier juillet 1784 avec les intérêts sur le pied du denier vingt sans aucune retenue des impositions royales actuelles et futures sous quelques dénominations quelles pussent être établies. Reconnoît ladite dame Flamand que les sieurs vendeurs lui ont présentement remis l'expédition en parchemin du contrat d'acquisition dudit jour dix-huit décembre 1753 ensuite de laquelle sont Ls expéditions des quittances du restant du prix de cette acquisition reçues par M' Mathis et son confrère, notaires à Paris, le neuf et vingt-neuf mars 1754 à la suite de la minute dudit contrat. 2° Extraits ensuite l'un de l'autre de l'inventaire dudit sieur Aved et du contrat de mariage desdits sieur et dame Aved de Loiserolle passé devant M^ Dulyon et son confrère, notaires à Paris, le deux février I7bq suivant lequel l'hypothèque en résultant pour le douaire constitué par ledit M' Loizerolle à ladite dame son épouse a été porté sur une maison sise en cette ville quai et place Conty et tous autres biens dudit M« de Loiserolle ont été affranchis de ladite hypothèque.
Fait et passé à Paris, savoir : à l'égard de ladite dame veuve Avcd et de ladite dame Aved de Loiserolles, en leur demeure; et quant aux autres parties en l'étude, l'an mil sept cent quatre vingt trois, le vingt-sept juin, après midi, et ont signé
A.-C. GAULTIER^ DE LOIZEI{pLLES AFED DE LOIZEf^OLLE'
E.-G. MABJEAU DELAUNOY
DOR^E PEI{pN
(Etude Peron., aujourd'hui étude de M' Simon.)
Histoire de la maison de Saintry
Avant 1727. François Lebourg, bachelier en Sorbonne, chanoine de Saint-Gcrmain-l'Auxerrois,
à Paris, est propriétaire de la maison. 1727, I" juillet. Décret forcé du Parlement de Paris, rendu contre François Lebourg, adjugeant
la maison à Jean Panier, époux commun en biens de Marie-Antoinette ou
Marie-Olive Legast.
1753, 18 décembre. Les héritiers de la dame Legast vendent la maison à Jacques-André-Joseph
Aved, sous le nom de son fils aîné Charles-François. 1783, 27 juin. Les héritiers d'Aved vendent la maison à Geneviève Delaunay, veuve d'André
Flamand.
An VI, 17 frimaire. Louis-Simon Bonnot, architecte, héritier de sa femme, Geneviève Delaunay,
vend la nue propriété de la maison au sieur Pelletier. 18 12, II juin. Le sieur Pelletier vend la maison à Joseph Gouspy et à Jeanne-Baptiste Boiteux,
sa femme, commune de biens.
1853. Jean-Antoine Gouspy, deuxième mari de Jeanne-Baptiste Boiteux, vend la maison aux
époux Frémont.
1907. La maison appartient à Madame Goujet. 19 12. Les consorts Goujet la vendent à M. le baron de Kœnigswarter, propriétaire actuel.
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/. COI{F{ESPONDANCE D'AVED
On trouyerd ici tout ce que nous avons pu recueillir des lettres écrites par A\ed ou à lui adressées. La plupart étaient déjà publiées, mais leur dispersion en rendait la consultation difficile. I{éunies, elles s'éclairent mutuellement et forment le complément indispensable de notre texte.
Nous ne pouvons répondre du texte que de celles de ces lettres qui se trouvent dans un dépôt public ou qui nous ont été communiquées en original. Le style et l'orthographe d'Aved étaient tout à fait fantaisistes, ses autographes le prouvent. Celles de ses lettres qui sont à peu près correctes sont sûrement l'œuvre d'un secrétaire.