J.-A.-J. A\ed à M. de Fandières
Paris, /'^juillet 17^4.
Monsieur
La mort de M. Cazes, ancien recteur et chancelier de l'Académie, laisse une pension vacante. Voilà le temps, Monsieur, où j'ay recours à toutes les bontés dont vous avés bien vouhi m'honorer. Il y auroit il trop de hardiesse à présumer que plusieurs raisons m'authorisassent à y prétendre ? Il y a vingt-deux ans que j'ay l'honneur d'être de l'Académie ; j'ay travaillé un temps considérable, dépensé beaucoup d'argent, fait enfin plusieurs ouvrages par l'ordre et pour le service de Sa Majesté sans en avoir été récompensé. Elle m'avoit fait la grâce de me promettre de sa bouche royale une gratification pour le portrait de M. l'ambassadeur turc que j'eus l'honneur de luy présenter, et qui est actuellement placé à Choisy, mais le départ de Sa Majesté pour l'armée en empêcha l'exécution. Vous eûtes vous même, Monsieur, la bonté de me proposer une gratification dans un entretien que j'eus l'honneur d'avoir avec vous il y a quelque temps, et sur ce que je pris la liberté de vous représenter que l'honneur d'estre pensionnaire de Sa Majesté me flatteroit davantage, — vous veniés pour lors d'annoncer à quelques uns de mes confrères les bienfaits de Sa Majesté, — vous me fîtes la grâce de me répondre qu'il falloit attendre un temps favorable pour cela. Ce moment ne seroit-il pas venu, Monsieur ? Quelle reconnoissance n'en aurois-je pas, si vous daigniés m'en instruire ! J'ai l'honneur d'être avec un profond respect, Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur, Aved.
A Paris, ce i" juillet 1754. Archives Nationales, O' ipoS.