J.-A.-J. A\ed à M. de Fandières
Du i" janvier 1753.
, Monsieur,
Permettes moy, en me conformant aux usages, de goûter la joie sincère de vous assurer mes devoirs et de mon respectueux attachement. J'ai reçu dans son tems la lettre que vous m'avés fait l'honneur de m'écrire. Vous me promettes de me charger de vos commissions. S'il vous plaisoît m'en charger vous m'obligerés sincèrement de me procurer l'occasion de vous prouver mon zèle. Je ne sçais pas précisément le tems que je resterai encore icy parce que la princesse royale n'a point encore finy avec moy. Ces trois répétitions dessinées pour leurs hautes puissances sont placées et j'ai tout lieu d'être satisfait de la façon dont ils ont agi avec moy. Quant à son Altesse Royale, j'attends toujours les ordres pour sçavoir si elle me veut renvoyer ou faire peindre le jeune Prince et la Princesse Caroline qui voudroit bien que ce fut des à présent et qu'on n'attendit point à un autre tems. De mon coté, je voudrois bien aussi que la Cour voulut se décider promptement afin de ne point perdre de mon tems et mon argent. Si vous daignés, Monsieur, me charger de quelques commissions, je ferai mon possible pour les remplir fidèlement et avec toute l'attention possible. Faites moi la grâce de me croire avec un sincer attachç.ment et un profond respect
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Aved Mon fils aîné, qui est avec moy icy, prend la liberté de vous assurer de son respect. Archives Nationales, O' iço8. Publiée dans les « Arcbi^/es de FArt français », iço^, p. 16.
ij. M. de Fandières à J.-A.-J. Aved.
A Versailles, le 1 5 janvier 1753.
M. Aved, J'ai reçu, Monsieur, avec plaisir, les souhaits que vous me faittes,
Peintre ainsy que M"" votre fils, à l'occasion du renouvellement de l'année, je vous
à la Haye. en fais mes remerciements et désire très fort de trouver les occasions de
vous en marquer ma reconnoissance.
i86 PIECES JUSTIFICATIVES
Votre mérite et vos talents me sont assés connus pour être persuadé de l'accueil qu'on fera à vos ouvrages dans le Pays où vous êtes. Si Son Altesse Royale et sa Cour vous rendent autant de justice que nous, on ne négligera pas de vous employer pendant le séjour que vous y ferés ; je profitterai des offres de service que vous me faittes si je me trouve dans le cas d'en avoir besoin.
Je suis M. etc.
Copie de la lettre de M. de Fandieres. Archives Nationales, O' içi8. Publiée dans les « Archives de l'Art français », jpoy, p. i-j.
14. J.-A.-J. Aved au secrétaire de la corporation des peintres de La Haye.
De Paris, le 29 juin 1753.
Monsieur,
Rien n'est plus propre à augmenter les talents que l'estime qu'en font les personnes éclairées en traçant dans des titres authentiques les témoignages glorieux qu'ils y rendent. En même temps qu'elle fait naître dans les cœurs [sic] de l'artiste cette noble émulation, mère du succès, elle y doit aussi produire une reconnoissance digne de l'honneur dont on veut bien le combler, et c'est par ce sentiment, dont toute âme bien née doit être jalouse, qu'on trouve, pour ainsi dire, le secret d'égaler le bienfait et de rendre l'homme reconnoissant aussi rare dans son espèce que le bienfaiteur même. Je me fais gloire. Monsieur, d'avoir de tels sentiments, et, en conséquence, j'ose assurer l'illustre Société qui veut bien m'aggréger à son corps que, si mes foibles talents étoient peu dignes de la récompense glorieuse dont elle les a honorés, je pouvois me vanter du moins de mériter tout du côté de l'attachement et de la considération que je me suis toujours sentis pour la Compagnie. Peut-être ai-je tardé trop longtemps à lui témoigner combien j'étois flatté de l'honneur qu'elle m'avoit fait, mais j'ay cru ne pouvoir mieux m'acquitter des obligations que la reconnoissance m'imposoit qu'en attendant le départ de M. de Saumaise et en le priant de vous marquer luy-même les sentiments dont il avoit été témoin lors de la réception du titre de mon association. Je me flatte, Monsieur, que vous voudrés bien me rendre auprès de l'illustre Compagnie le même office que M. de Saumaise a la bonté de me rendre auprès de vous, et de l'assurer, Monsieur, qu'il n'est aucun membre de la Compagnie qui puisse se glorifier d'être avec une plus respectueuse considération que moy, de tous, de chacun en particulier, et de vous. Monsieur, le très humble, très obéissant et très affectioné serviteur.
J.-A.-J. Aved.
[Au dos du second feuillet :] Brieff van De Hcer Aved, Schilder van de Koning van Vrankrijk.
Publiée dans les « Archives de l'Art français », ipoy, p. 18. — De même que la lettre n° 77, cette lettre faisait partie de la collection Benjamin Fillon. C'est le catalogue de cette collection qui dit la lettre adressée au secrétaire de l'Académie de Leipzig (Inventaire des autographes de M. Benjamin Fillon, Paris, iSjj-i88j, ç)' série, p. ^y, n° lyso), indication que l'éditeur des '^ Archives de l'art français» n'a fait que reproduire. Mais, à Leip:(ig, au dix-huitième siècle, il n'existait d'autre académie que celle destinée à l'enseignement des arts. M. Sievers, secrétaire de la Sachsische Al^ademie der Wissenschaften et M. Friedrich Schul^e, que nous remercions ici, ont bien voulu nous en assurer. Or, la note qui figure au dos de la lettre n" 14, écrite évidemment par un secrétaire de la société destinataire, est en hollandais. D'autre part, Aved avait été reçu membre de la corporation des peintres de La Haye, le vingt février 1753 : écrivant en juin 1753, il s'excuse de son retard. Enfin, dans la lettre n° ij, adressée vraisemblablement à la même société , il s'excuse, le dix-huit octobre 1758, de ne pouvoir assister à un jubilé séculaire : la corporation des peintres de La Haye avait été aéée en octobre 1656. (L. MlNARDx^ Van HOOREBEKE, Description de méreaux... des gildes et corps de métiers, Gand, i8-jy-i8'j8, t. II,
CORRESPONDANCE D'AVED 187
0. 106.) Il nous semble démontré que l'éditeur du catalogue Fillon et celui des 1 Archives de l'art français * ont fait erreur et que c'est à la corporation des peintres de La Haye que furent adressées nos lettres n" 14 et f]. — La signature de celle-ci seule est autographe.