EDME JUNOT, JUNOT
[Signature illisible : OMME?] LORJMIEf{.
(Etude de maître Lorimier, aujourd'hui étude de maître Fontana.)
I. On lit bien, en effet, dest à la suite de Duchemin, sans qu'il soit possible d'assurer qu'il s'agit d'un repentir du témoin de Saint-Martin, ni que le nom complet de celui-ci ait été Duchemin de Saint-Martin.
PROCÈS INTENTÉ A AVED 195
m nï{OCÈS INTENTE A AVED
par la Communauté des maîtres-peintres
(Académie de Saint-Luc).
77 novembre 17^0.
Avcd, Extrait des registres du greffe de l'audience de Monsieur le
17 novembre 1730. procureur du Roy du Châtclct de Paris, du vendrcdy dix-sept no-
vembre mil sept cent trente.
Entre les Sieurs Jurés Gardes en charge de la Communauté des maîtres peintres à Paris, demandeurs aux fins de l'exploit de saisie fait par Marchand, huissier à verge et de police audit Chatelet, le cinq septembre dernier, tendante envers le cy-aprés nommé afin de validité de la saisie sur luy faite des effets et marchandises de peinture mentionné audit exploit, confiscation d'icelles avec amende et dépens, assistez de Louis Willaume leur procureur d'une part ; Et S"' Jacques André Aved, peintre à Paris, sans qualité, deffendeur audit exploit de saisie assisté de M^ Gouallard son procureur. Parties Ouyes. Nous, après que la partie de Gouallard [a soutenu et mis en fait qu'elle n'exerce point l'art de peinture, ne travaille pour aucuns particuliers, ne vend point de tableaux et autres choses concernant ledit Art et qu'il a esté soutenu au contraire par les parties de Willaume que ladite partie de Goualard fait la profession dudit peintre, qu'il travaille pour differcns particuliers, vend et achète des marchandises concernant ledit Art. [Pdrtie rayée sur la minute.] [En marge de la partie rayée :] Ces parties se sont trouvées en faits contraires et qu'il a esté articulé et soutenu par les parties de Willaume que celle de Goualard fait la profession de M" peintre, qu'il travaille pour différens particuliers et fait et vend des ubleauz, soutenu au contraire par Goualard, pour sa partie présente, que c'est pour son plaisir qu'il travaille et qu'il ne vend point de tableaux.
Permettons aux parties de faire preuves respectives de leurs faits, tant par titres que par témoins, si aucuns marchés se trouvent avoir esté faits, dépens reservez.
Fait par Moreau, Procureur du Roy.
Archives Nationales, Chatelet de Paris, Y. 937S.
Du mardy dix-sept novembre, mil sept cent trente.
Willaume, les jurés peintres, Après que les parties se sont trouvés en faits contraires,
Goualard, Avet. qu'il a esté articulé et soutenu par les parties de Willaume que
celle de Goualard fait la profession de M" peintre, qu'il travaille
pour différents particuliers et fait et vend des tableaux ; soutenu au contraire, par Goualard pour
sa partie présente, que c'est pour son plaisir qu'il travaille et qu'il ne vend point de tableaux.
Permettons aux parties de faire preuves respectives de leurs faits, tant par titres que par
témoins, si aucuns marchés se trouvent avoir été faits, dépens réservés.
M[oreau.]
Registre de la chambre de Monsieur le procureur du I{py, commencé le 4 novembre ijtS et fwy k 27 juillet 17^,1. Par M' Philippes Edme Ca<juet, greffer. — Archives Nationales, Chatelet de Paris, Y. 9)64.
i9b PIECES JUSTIFICATIVES
IF. VEI{S ADRESSÉS A A FED EN 1739 Epître à M. Ayed, par M. de Foltdire.
Peindre des traits, copier un visage
C'est un secret que peut donner l'usage ;
C'est un secret qui devient si commun
Que, grâce au ciel, il cesse d'en être un.
Est-il au monde, état, province ou ville
Où l'on n'ait pas cette adresse futile.
Qui, didactique et froide en ses transports.
Croit peindre l'homme en peignant ses dehors ?
Mais de savoir décrire sur la toile
Le cœur humain, son penchant, son étoile ;
Dans un regard, sous un sourcil parlant.
Tracer l'état, les moeurs et le talent ;
Faire que l'âme, à travers les prunelles,
Donne au dehors de vives étincelles ;
Savoir enfin donner la couleur,
Le mouvement, le souffle, la chaleur
Et, par l'effet de cet adroit système,
Mettre en suspens la nature elle-même :
C'est un secret, assez rare partout.
Dont la recette est un présent du goût.
Oui, cher Aved, c'est la seule nature Qui sait fournir cette méthode sûre.
Pour la saisir, il faut l'étudier Et, comme toi, s'en rendre l'écolier.
Ceux que ta main consacre, immortalise, Seront toujours revus avec surprise.
Leur caractère au bout de ton pinceau Se fait sentir. Dans ton savant tableau Tout ce qu'ils sont en un point se rassemble : Tu peins le corps et l'âme tout ensemble. Et de là vient que tes riches portraits Répétant l'homme, avivant tous ses traits Plus éloquens, plus vrais que l'écriture, Font son histoire à la race future.
Rends par ton art, à nos derniers neveux, De notre temps tous les hommes fameux.
Et vous, beautés dont l'aimable jeunesse Malgré vos soins, court après la vieillesse,
VERS ADRESSÉS A AVED 197
Par le pinceau, l'inconstance des temps ^
Respectera vos charmes éclatans ;
Sur votre bouche, il fixera les grâces,
Et, sans jamais abandonner vos traces,
Le tendre amour, en dépit de la mort.
De vos attraits éternisant le sort,
Leur produira, dans le cours de chaque âge.
De tous les cœurs la tendresse et l'hommage.
Bibliothèque de l'École des Beaux-Arts, manusait /y/. La Collection Deloynes (Bibliothèque Natioiutle, Estampes, tome 61), donne une copie de cette épitre sans attribution d'auteur, mais en revanche, dans cette collection, la pièce de -vers est datée de ij}(). Le prosaïsme de ces vers rend peu vraisemblable leur attribution à Voltaire ou à Jean-Baptiste Rousseau. Pourtant, d'après Titon du Tillet, ce dernier poète avait écrit une épitre à Aved qui n'aurait pas figuré dans ses oeuvres (voir notre texte, p. ^71. Mais Titon parle peut-être du Sonnet que nous avons reproduit. Les vers de I{oy lui-même étaient plus légers. Le fameux 1 Glisse:^, mortels, n'appuyti^ pas » «f de Ità.
iqS PIÈCES JUSTIFICATIVES