‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 19 sur 157 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

Catalogue, n

4. Toussaint (F.-V.), Anecdotes... sur le règne de Louis XV, p. 80-81.

Au moins dut-il y apporter sa conscience ordinaire. Nous en avons un témoignage indirect dans une de ses lettres à Rousseau où il raconte que le comte du Luc s'était presque brouillé avec lui, parce qu'il le négligeait un peu pour le portrait de Madame de Mailly. Il ajoutait, en terminant le récit de son entrevue avec le comte :

« J'ay esté trois heurs avec luy, où nous n'avons fait que de parler de vous. Je luy et dit qu'il me paroisset que vous aviés envie de revenir, et qu'il fauderet faire son possible pour cela; il m'a dit : est [ce] qu'il n'entend pas le françois? Ne seret-il pas en surté à l'archevesché, à Conflens ou à Savigny? un homme de son mérite sera toujours libre, — ce sont ces même parolle, — et l'on seret encore trop heureux de l'avoir... M. le marquis de Nesle... vous offre toujours sa maison, et vous pouvés le comter au nombre de vos amis. Un de mes amis me dit hier qu'il venet de chés M. de Fontenelle, où l'on avet beaucoup parlés de vous, et qu'il avet dit qu'il ne voiet pas que ce fût une chose bien difficile pour vous que de revenir ; qu'il n'y avet personne qui s'oposât à votre retour, et quand même vous vouderis [voudriez] finir par un acomodement, on dit que ce ceret la plus petite chose du monde, qu'il ne reste que le fils de Sorin ', qui est dans une misère affreuse. Tout le monde vous rend justice, et l'on est bien persuadé que vous n'avés nul part à tout ce dont il s'agit... Vous voyés, Monsieur, que je vous dit tout ce que j'entend dire dans le monde et même je prespar la voie afin de vous acuser juste. Je ne désire rien tant que d'avoir l'honneur de vous embrasser à Paris *. »

Le comte du Luc lui-même et M. de Senozan ', écrivirent à Rousseau dans 1« même sens, au mois de septembre 1738.

Cédant à de pareilles instances, Rousseau, vers la fin de novembre, se

1. Le géomètre Joseph Saurin, que J.-B. Rousseau avait accusé d'avoir fait les fameux couplets satiriques, et qui avait été acquitté ensuite de ce chef (un des faits qui avaient déterminé l'exil de Rousseau), était mort en 1737. Son fils, Bernard-Joseph, poète et auteur dramatique, ne mourut qu'en 1781. LALANNB, Dictionnaire historique.

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