‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 30 sur 157 · I. Voir plus haut. p · texte numérisé non relu

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a. « Vous me faites un grand plaisir en m'apprenant que M. Aved avance votre portrait et que M. Hardion a été content du mien. » Rousseau à Louis Racine, a8 juin ly^q. Correspondance de J.-B. {{pusseau et de Brossette, t. II, p. 374. — « M. Hardion est venu voir votre porteret et celui de M. Racine, qui est finy... » Aved à J.-B. Rousseau, 15 juin 1739. Pièce justificative I, n* 6.

Il est bien difficile de savoir ce qu'il pouvait être, car nous n'en possédons plus que des gravures médiocres et fragmentaires. Il semble au moins que, dans sa composition, Aved observa la simplicité qui convenait aux goûts, à la personnalité, à la physionomie effacée de ce « fils de grand homme » '.

C'est probablement à une même famille qu'Aved dut la commande des portraits de Madame de Meinières, de l'abbé Capperonnier et, l'année suivante, de Madame Crozat. Madame de Meinières était en effet la nièce de Madame Crozat, et l'abbé avait été le précepteur des enfants de celle-ci. C'était d'ailleurs un érudit estimé.

Aved l'a assis à sa table de travail, fixant le spectateur, la main droite posée sur son édition de Quintilien, un de ses prmcipaux ouvrages, la gauche repliée, soutenant le visage \ Sur la table, une plume, un encrier, deux gros volumes. Une draperie foncée laisse voir, au fond, d'autres livres rangés sur une planche. Seules, les lignes du rabat éclairent la soutane sombre. La lumière se concentre sur le visage et sur les mains. Les traits sont fortement modelés. Les yeux grands et clairs sous d'épais sourcils, le nez aquilin, un peu fort, les rides qui barrent le front et soulignent la bouche aux lèvres charnues, les cheveux gris presque plats, dont les boucles retombent sur le cou, tous les traits disent une existence digne et laborieuse, vouée aux travaux calmes mais souvent pénibles de l'érudition. Le noir du vêtement, la simplicité du linge, confirment cette impression. Le portrait est peint largement, sans exagération. Aved a su rendre à merveille une physionomie tranquille et grave de savant. C'est peut-être là une de ses œuvres les plus caractéristiques.

La sobriété de la couleur, du vêtement, des attitudes, convenait à la

1. Catalogue, n° 79. Aved l'avait représenté « appuyé sur un bureau, ayant devant lui les œuvres de son illustre père et sous ses yeux ces vers :

Et moi, fils inconnu d'un si glorieux père,

Je suis encore loin »

Exposition de peintures, 1740. Abbé GUYOT-DESFONTAINES, Observations sur les écrits modernes de 1740. Bibl. Nat., Estampes, Coll. Deloynes, t. 47, p. 183-185.

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