Catalogue, n
situation sociale et au caractère des deux hommes de lettres dont notre peintre avait fixé l'image. Le portrait de deux diplomates lui donnait, au même moment, l'occasion de montrer d'autres ressources de son pinceau.
Son premier modèle ' était un homme d'Etat suédois, Charles-Gustave, comte de Tessin, un des personnages importants de son pays. Chef du parti aristocratique des chapeaux qui soutenait l'alliance française contre le parti démocratique, ami des Anglais et des Russes, il était venu défendre lui-même en France sa politique qui, deux ans plus tard, devait aboutir à la conclusion d'un traité formel. Il avait alors quarante-cinq ans '.
Aved nous montre l'amateur d'art qu'était aussi ce grand seigneur. Ses vêtements, d'une riche simplicité, sont pittoresquement disposés. La veste de satin, d'où s'échappent des manchettes de dentelle traitées avec minutie, se drape largement sur la chaise, l'habit jaune et bleu, brodé, ouvert sur le cou, laisse voir la chemise. La pose est familière. M. de Tessin, assis de trois quarts, s'appuie du bras gauche sur le dossier de son fauteuil et allonge ses jambes au premier plan. Il tient, en la froissant légèrement entre les doigts, une estampe de Jules Romain ^ A sa droite, une table sculptée, couverte d'un marbre veiné, porte un encrier, un livre, des médailles, une mappemonde. Un peu en arrière, sur un socle élevé, un groupe de bronze, un centaure enlevant une femme, sur lequel la lumière joue faiblement. Le visage est spirituel et vivant, le coloris discret. Sur le fond sombre de la toile, les objets d'art, les vêtements se détachent avec netteté.
L'autre diplomate, moins illustre sinon moins habile, était Français "*.