‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 35 sur 157 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

Catalogue, n

Quel contraste entre l'élégant cavalier et cette femme déjà vieillie, épaissie, son aînée de vingt ans ' !

Nous touchons ici, pour ainsi dire, à l'extrémité du talent de l'artiste. Cette toile, qui ne manque pas de puissance, témoigne de son habileté technique, de son réalisme, de sa connaissance des peintres hollandais. Mais dans son œuvre bien d'autres tableaux, où l'influence française s'est fait mieux sentir, plus harmonieux, mieux équilibrés, plus originaux aussi, peuvent plaire davantage.

Ainsi, le Salon de 1740 permettait au public d'apprécier, en même temps que l'habileté du portraitiste, la souplesse de son pmceau. C'est avec raison qu'un critique du temps le félicitait d'être à la fois « l'Apelle des hommes illustres et des dames de son siècle » '.

Nous connaissons moins bien l'envoi de notre peintre au Salon de l'année suivante, 1741. Nous n'avons pas retrouvé les portraits de MM. Bachelier et Philippe. Nous ne pouvons apprécier que par la gravure de Mellini celui de M. de Pollinchove. Heureusement, le portrait de Madame Crozat nous reste.

C'est peut-être grâce au marquis de Nesle ou au comte de Tessin ' qu'Aved connut François-Gabriel Bachelier, l'un des quatre premiers valets de chambre du roi, l'époux de Mademoiselle de La Traverse, fille de l'acteur Baron 1 II avait à ce moment cinquante-six ans ^ Son portrait le représentait appuyé sur une canne à bec de corbin ^.

Quant à « M. Philippe », on le voyait assis, appuyé sur un livre ^

1 . Les Concourt sont encore plus sévères que nous dans leur appréciation des charmes de Mme Aved. CONCOURT (Ed. et J. de), Ld Maison d'un Artiste au xix* siècle et Les Portraits gravés de Femme du xviu" siècle {L'Art, t. 21, p. 63).

2. Abbé GUVOT-DESFONT AINES, Observations sur les éaits modernes...

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