‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 34 sur 157 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

Catalogue, n

chien ». Seul, l'abbé Desfontaines nous en parle : « Le joli portrait de Madame la Présidente de Meinières, dit-il, offre dans ses ajustemens l'assemblage complet de tous les caprices de la mode. Le pemtre, sans avoir recours à des habillemens pittoresques, a sçu rendre piquante la parure des dames, qui réussit rarement en peinture. ' »

La famille d'Aved conserve encore le portrait de la femme du peintre. Cette toile montre combien l'étude de l'école hollandaise avait influé sur son talent. Des œuvres comme les premiers portraits d'Aved par lui-même % comme le portrait de Capperonnier ^ prouvaient que notre artiste, à l'exemple de Rembrandt, avait appris à utiliser les ressources du clair-obscur. Mais, dans les portraits d'Aved, la pose du modèle, la joliesse de sa physionomie, donnent au tableau beaucoup d'élégance. Le portrait de Capperonnier, d'autre part, a gardé la disposition générale, l'ornementation des œuvres classiques des portraitistes français. Au contraire, dans le portrait de Madame Aved, l'influence du maître d'Amsterdam n'est en rien contrariée. Elle est sensible dans la pose, l'éclairage, les procédés de peinture. Et la femme du peintre elle-même fait penser à l'un des modèles familiers de Rembrandt : Saskia vieillie.

Son buste, vivement éclairé, se détache sur le fond sombre de la toile. Elle regarde le spectateur. Les traits sont encadrés et soulignés par la coiffure semée de perles ; une pèlerine bordée d'une légère dentelle couvre le buste et dégage à peine le cou. Brossé largement, avec des empâtements vigoureux mais qui, habilement pratiqués, n'enlèvent rien à l'harmonie de l'ensemble, ce portrait marque avec netteté le modelé des traits, des vêtements. Il n'est certes pas « flatté ». Si, comme ses dimensions, sa disposition l'indiquent, il a été peint en pendant au portrait d'Aved à vingt-cinq ans, il marque, de la part des deux époux, une singulière indifférence pour la beauté physique ''.

1. Abbé GUYOT-DESFONTAINES, Observations sur Us écrits modernes...

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