Catalogue, n" 61 et 6a
soire. Il la montrait assise à la turque sur un tapis d'Orient et vêtue d'un costume aux riches couleurs : manteau bordé d'hermine, corsage décolleté de soie jaune brodé d'or, d'argent et semé de pierreries, pantalon bouffant à raies roses et blanches. Sur les cheveux poudrés, une écharpe également brodée d'or, de perles, de pierres précieuses s'enroulait. La beauté opulente de Madame de Magnac s'étalait à l'aise sous ces riches vêtements.
Il semble bien, du reste, qu'Aved ait eu l'intention de faire de ce portrait le centre d'un véritable tableau de famille, également « à la turque ». Tout au moins, dans le dessin que nous avons conservé de ce projet ' figure, au milieu de la scène, une dame dont la pose et le costume sont semblables. Un seigneur à caftan, pantalons bouffants et turban à aigrette lui prend la main. Deux janissaires, au fond, regardent la scène, un autre personnage ferme la porte. Nous ignorons d'ailleurs si ce tableau a été exécuté.
C'est probablement à cette époque que fut peint l'intéressant portrait de Madame de Bonnac, elle aussi en costume turc, et celui de son mari, qui lui fait pendant. Ils sont conservés tous deux chez M. le comte de Luppé ',
Le public put juger commodément des talents d'Aved en ce genre exotique. Le plus beau des portraits turcs de notre peintre parut au Salon de 1743. C'était celui de la marquise de Sainte-Maure^.
Au bord d'une terrasse qui domine le Bosphore '', dont la rive opposée porte, au milieu d'un bois de cyprès, une mosquée à minarets, Madame de Sainte-Maure est debout, accoudée au piédestal d'un grand vase. Elle a revêtu le costume d'une sultane : robe de pékin rayée de blanc et de rose, que recouvre une autre robe à rayures bleues et blanches, écharpe bleu et or, manteau aux reflets violets et argentés, bordé de fourrure,