Catalogue, n
4. Livret du Salon de 1743, t. X de la réimpression Guiffrey, p. 24, n* 73 : « Madame la marquise de Ste-Maur, en sultane, dans le jardin du Sérail. »
babouches jaunes, turban clair. Sa main droite tient un mouchoir brodé d'or, la gauche, un rameau fleuri d'oranger. Madame de Sainte-Maure n'était pas d'une beauté éclatante et nous savons qu'Aved n'embellissait pas la nature. Mais peu de physionomies sont plus attachantes que ce doux et sérieux visage, dont le sourire semble le reflet d'une belle âme. L'harmonie des couleurs du vêtement et du fond, la simplicité, la grâce de l'attitude et du visage, tout attire le regard et le retient longtemps. Le charme exotique s'y unit à la grâce française.
Cependant, notre peintre continuait à représenter ses contemporains dans les vêtements de leur pays. A ce même Salon, il exposait deux portraits d'hommes : l'abbé Gédoyn, le marquis de Mirabeau.
Il a placé ce dernier devant des rayons chargés de livres que laisse voir le repli d'une draperie. Il est debout, la tête tournée vers la droite, la main gauche appuyée sur « le Polybe de Folard » ' posé sur la table et qu'il montre de la main droite. La veste de satin mauve, largement ouverte, laisse voir un habit uni, des manchettes plissées. Le visage régulier, encore juvénile, exprime, avec l'intelligence, beaucoup d'assurance. Le dessin des mains, leur modelé, sont remarquables de naturel, d'aisance et de vie. Les plis du vêtement sont traités avec largeur. Au premier plan, sur la table, une écritoire, des papiers, rendus avec un art minutieux, sans petitesse. Ce charmant portrait de gentilhomme écrivain, souple, élégant et sobre, est conservé au Louvre : aussi c'est une des œuvres les plus connues d'Aved '.
Quant au portrait de l'abbé Gédoyn, écrivain et érudit, nous ne l'avons pas retrouvé ^.
Qu'est devenu enfin le portrait de « Madame La Traverse » ^ ? Jusqu'à ces derniers temps, il semblait avoir échappé aux recherches. Cette « Ma-
1 . Ce doivent être les Commentaires du chevalier de Folard sur l'Histoire de Polybe qui sont joints ï la
traduction de Vincent Thuillier, Paris, 1727-1730, 6 vol. in-4'.