‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 66 sur 157 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

Catalogue, n

4. Catalogue, n° 26. Le maréchal de Clermont-Tonnerre demeurait rue de Grenelle, au coin delà rue du Bac. Almanach I{pyal. On peut croire qu'il était en relation suivies avec Aved qui, peut-être, lui rendait quelques services à Saintry, puisque, au décès du peintre, il lui devait 720 livres pour avances faites pour son compte. Inventaire après le décès d'Aved. Pièce justificative VIII.

Le maréchal de Clermont-Tonnerre nous apparaît au bord d'un plateau qui domine une plaine où, le long d'un cours d'eau, défilent des soldats. Il est debout près d'une tente, les mains appuyées sur son bâton fleurdelysé. Sous la perruque blanche, le visage allongé, aux traits fins, sourit doucement. Bien entendu, il porte la cuirasse, par-dessus une veste de buffle dont on voit les pans relevés et les parements retroussés. Le cordon de l'ordre de Saint- Louis barre la poitrine, l'épée pend à un ceinturon de cuir. Le naturel parfait de l'attitude, la simplicité de la composition, l'harmonie du coloris charment le spectateur et sauvent cette belle toile de la froideur si redoutable pour les grandes « machines » de ce genre.

Aussi l'opinion des contemporains fut-elle unanimement favorable, voire même enthousiaste pour cette œuvre où l'un d'eux voulait voir « un des plus beaux portraits qu'on ait jamais fait » '. Le portrait enleva « tous les suffrages », dit Mariette '.

« Une belle chose, s'écrie Diderot, c'est le portrait du maréchal de Clermont-Tonnerre peint par Aved. Il est debout à côté de sa tente, en bottines, avec une veste de buffle à petits parements retroussés et le ceinturon de cuir. Je voudrais que vous vissiez avec quelle vérité de couleur et quelle simplicité cela est fait. De près, la figure paraît un peu longue, mais c'est un portrait, l'homme est peut-être ainsi. D'ailleurs éloignez- vous de quelques pas et ce défaut, si c'en est un, n'y sera plus. Il me fâche seulement qu on soit si bien peigné dans un camp. Il y a là une perruque que Van Dyck aurait, je crois, quelque peu ébouriffée ; mais je suis trop difficile » ^.

L'impression produite sur le critique était telle que, six ans plus tard, alors qu'Aved n'exposait plus depuis longtemps, elle persistait encore. « Je me souviens, écrit-il en 1765 à propos du buste du maréchal de Clermont-Tonnerre exposé par Pajou au Salon de cette année-là, je me souviens d'un portrait du maréchal peint par Aved ; le militaire était en

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