J.-A.-]. Aved à J.-B. Rousseau
22 septembre 1738.
Sy vous este sensible à l’empressement que le public a témoigné pour voir votre porteret, vous devez estre extrêm®ït content. Le Salon a esté ouvert pendant 18 jours ; il n’a pas désemplis de monde de tout étas grand et petis ; tout le monde voulet voir Monsieur Rousseau. Je ne scay lesquel étoient les plus empressé de ceux qui vous ont veu autre fois ou de ceux qui ne vous ont jamais veu. Ji ay actuellement trois graveurs qui sont les meilleur de Paris qui veulle vous graver tous les trois. Comme il n’en faut qu'un, je ne say comant me défaire des deux autres. L'on m'a fait demander plusieurs fois sy je voulés dre le porteret ; que [V on] m'en donneray tout ce que je soiteret; j'ai tout refusés. be des copie, j’en donneray à ceux qui m'en demanderont. Je me «trouve très satisfait d’avoir eu le bonheur de vous pindre, puis que c’est une des meilleur chose que j ay fait. Vous m'avés fait faire un pas, et c'est vous qui m'avés inspiré ; je sens bien que vis-à-vis de vou on ne fait rien d'ordinaire. Soufrés donc, Monsieur, que je vous en fasse mes remerciement, et sy j ay eu quelque honeur c’est de vous que je les tiens. J’ay eu l’honeur de voir M' Gouviers, qui m'a lue une lettre que vous lui écrivés, où il m’a fait voir des choses extremement flateuse pour moy. Je n'ay pas veu M' le comte du Luc; il est à Savigny pour jusqu’ à la Saint Martin. Je vois assé souvent M' le marquis de Nelle, et nous parlons presque toujours de vous quand nous sommes seul ; il vouderet de tout son cœur vous avoir chés luy, i il ne seray Jamais sy content ; il vous aime beaucoup. Nous lisons vos ouvrage ensemble auprès de votre porteret ; ne vous imaginés pas que ce soit une plaisanterie : rien n’est sy vrai. Je croy que l’on vous a envoiés la TE de M l’abbé des Fontaines ; il est venu nous rendre visite et veut avoir une de vos copie. Vous aurés bien de la peine à lire ma mauvaise lettre ; mais faite atention que les pintre ne save rien moins qu’écrire. Mais en revanche celuy pour qui je répondérés bien sait vous aimés de toute son âme et vous respecter, et sera toute sa vie, Monsieur, votre etc...
P. S. — Sy vous aviés quelque comission ycy à faire, et que vous m’en croyés capable, je vous auffre mes service très humble.
Publiée dans « The Collection of autograph letters’and historical documents, formed by Alfred Morisson ». Second series (1882-1893). Printed for private circulation, 1803, gr. in-8, tome I, p. 149-150.