‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 122 sur 166 · J.-B. Rousseau à J.-A.-]. Aved · texte numérisé non relu

J.-B. Rousseau à J.-A.-]. Aved

Bruxelles, 10 mai 1730.

Vous êtes le seul, Monsieur, qui m'ayez détrompé d’une opinion que j'ai toujours eue, et que l'expérience confirme tous les jours, qui est qu'il n’y a point d'amitié qui tienne contre deux mois de séjour, passés sous le même toit. Vous ne vous êtes point ennuyé de moi qui m’étois ennuyeux à moi-même, et je n'ai passé aucun jour avec vous sans le compter par quelque nouvelle marque de votre amitié, C’est à vous que je dois les seuls momens agréables que j'aye eus pendant mon triste séjour à Paris, et vous connoitrez quels sentimens vous in’avez inspirés, par le Sonnet que je vous envoye. Je vous prie de le regarder comme un monument de ma reconnoissance, plutôt qu’un effort de mon esprit, qui n’obéit jamais à mon cœur de la façon que je le souhaiterois.

Tandis que tu peignois mon image fidelle,

De toi même encor mieux tu traçois le portrait

Soyez bien convaincu, M., que ces vers ne sont qu’une bien foible expression de mes sentimens.

Souvenez-vous que vous devez une estampe de mon portrait au cher et illustre comte de Lannoy, de qui je reçois de nouvelles preuves de la plus généreuse amitié dont on ait vü l'exemple

depuis Tonavis et Pylade. Si on grave le portrait de M. Racine, procurez-moi cette estampe : je voudrais aussi qu’on gravât le portrait de cette Dame, dont vous avez fait un chef-d'œuvre. Il est

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