‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 23 sur 166 · Voir plus bas, p. 45 et · texte numérisé non relu

Voir plus bas, p. 45 et

4. Dans l’intervalle, le 18 mai, Rousseau se plaignait à Louis Racine du silence d'Aved : « Vous ne me dites rien de votre portrait. En quel état est-il? M. Aved, de qui j'attends inutilement une réponse depuis plus de six semaines, ne me dit point s'il avance. J'attends le mois d'août [le Salon] pour m'apprendre des nouvelles par le public... » Correspondance de J.-B. Rousseau et de Brossette, t. Il, p. 273.

« Mon cher amy, disait-il, permetté-moy de me servir de ce terme; vous avés bien raison de croire que je suis ny capable de vous oublier, ny insensible au marque d'amitiés que vous me donné ; le petit plaisir que Je vous et fait ne méritte pas une éloge aussy flatteur… Je vais vous parler à cœur ouvert et, sans compliment, Je vous diray que jamais rien ne m'a tant flaté que de vous avoir conue et de vous avoir eu chés [un mot déchiré] et, Sy vous aviés des veu et que vous voulussiés encore me faire cette honneur, j'en serés comblé... C'est une des plus grande aubligation que j'aie à M. le comte du Luc de m'avoir procuré votre connoïssance. Le sonnet que vous avés eu la bonté de m'adressé me met dans un très grand embaras ; Je vouderés merriter toutes les louange que vous me donnés et que l’on pus my reconoître... »

Il terminait en s’excusant de son retard, causé par le désir d'envoyer à Rousseau les œuvres de Roy, en donnant des nouvelles du portrait de Racine, qu'il venait d'achever, des nouvelles aussi de sa famille, de leurs amis : Titon du Tillet, d'Ormançay, l'abbé Junot, Poisson de La Chabeaussière, Magnac, et même d'Antoine Lebel ‘.

Rousseau dut répondre par une lettre que, malheureusement, nous n'avons pas conservée et où il insistait pour que l'on pressât la gravure de son portrait. En même temps il envoyait un nouveau texte, corrigé, du sonnet qu'il lui avait dédié ?. Malheureusement, ce sonnet a été imprimé dans la lettre que nous avons déjà citée? avec les corrections et nous ne pouvons plus faire la comparaison, qui eût été intéressante, avec le texte primitif.

D'ailleurs, l'estime de Rousseau pour Aved semblait grandir : « Je ne

1. « Votre amy Antoine fait toujours des progrès et Mile Bouchot. » Pièce justificative I, n° 6.

2. Nous trouvons mention de cette correction dans la lettre d’Aved du 11 juillet, que nous allons citer, et dans une lettre de J.-B. Rousseau à M. B., chanoine d'Anvers, le 1°’ janvier 1740 : « Je vous prie de supprimer totalement le premier sonnet que j'ai fait pour mon ami M. Aved. Il ne vaut rien. Il n'y a que le second qui vaille quelque chose, encore ne répond-il pas assez aux sentimens que j'ai pour cet incomparable ami. » ROUSSEAU (].-B.), Lettres sur différents sujets, t. 1, 1°* partie, p. 264-205.

Page 1