‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 27 sur 166 · Gaette de France du 23 juillet · texte numérisé non relu

Gaette de France du 23 juillet

4. Quelques nuages avaient passé sur l'amitié de Rousseau pour les Du Luc. Nous faisons allusion à ce passage de la lettre de Rousseau à Aved, en date du 10 mai 1739 : « Il ne me revient rien du côté de l’Archevêèché : mais quoique dans la plus critique de toutes les situations de ma vie, je n'y aye reçu que des leçons assez amères dont je n’avois nul besoin, je n'oublierai jamais les anciennes obligations que j'ai à M. le comte du Luc, et le passé l’emportera toujours sur le présent. » Pièce justificative I, n° 5.

50 MENPIEINNIREMAVED

trouver, s'il est possible, de quoi réparer une partie des pertes de mon cœur. Je vous dois les bontés de M. le marquis de Nesle; priez Dieu avec moi pour sa conservation. Où pourrois-Je trouver un nouveau protecteur plus solide et plus vertueux ? Adieu, je crains d'effacer ce que je vous écris par les larmes qui s’échappent de mes yeux ‘. »

Un mois après, le quatre août, Rousseau ne pouvait qu'exprimer encore une tristesse que ne parvenaient à dissiper ni la présence du joyeux Piron, qui l'était venu voir à La Haye, ni le souvenir du comte de Bonneval, dont Aved lui mandait des nouvelles ?.

Le malheureux poète finissait tristement sa vie. Exilé pour jamais de sa patrie, privé de toutes les satisfactions que son talent lui eût values en France, malade, perdant un à un ses amis, il lui était bien difficile d’être joyeux. C'est sur ces tristes impressions que s'arrête ce que nous avons conservé de sa correspondance avec Aved. Nous savons, par une lettre à Louis Racine, qu'en septembre Rousseau envoyait au peintre l'épigraphe qu'il voulait voir figurer au bas de son portrait. C'était un vers de Martial :

Certior in nostro carmine vultus erit 3

« Quand on ne parle que de ses mœurs, ajoutait-il, il est permis de se rendre justice à soi-même {. »

La gravure parut peu après : le Mercure de France d'octobre 1740 en annonce la mise en vente *. Son apparition dut être une des dernières joies de Jean-Baptiste Rousseau, qui mourut le dix-sept mars 1741”. Par la mort de Rousseau et du comte du Luc, par l'exil du marquis de Nesle 7, c'était,

en quelque sorte, toute une génération des amis d'Aved qui disparaïssait.

r. Pièce justificative I, n° 10.

. Pièce justificative I, n° 11.

3. MARTIAL, Epigrammes, liv. VII, ép. 84. Edition Gilbert. Leipzig, Teubner, 1896, in-18, p. 170. 4. Lettre à L. Racine, La Haye, 25 septembre 1740. ROUSSEAU (J.-B.), Œuvres, éd. Amar, t. V, p. 111. s. Mercure de France, 1740, p. 2281.

6. SÉGUY, Préface historique [aux œuvres de J.-B. Rousseau], p. 23. Rousseau, nous l'avons dit, léguait ses livres et ses papiers à M. de Séguy. 7. Le marquis de Nesle perdit son procès contre ses créanciers, au grand chagrin de Louis XV, et fut réduit à la portion congrue. D'ARGENSON, Journal et Mémoires, éd. Rathery, t. II, p. 410.

ES Es ET DER SE TCER LL ON ERR ŒUTS D'OR DES EE TS ES UE || Sscseesesue + Le ele SÉCODÉCEGEnER J La è

CIDEX

Page 1