Lettre à nous adressée en mars
4. Le Nécrologe des Hommes célèbres, année 1767, p. 57. — Confirmé par RÉMY (Pierre), Catalogue raisonné. de feu M. Aved, p. Il.
LES ORIGINES ET LA JEUNESSE a
ne trouve mention d'un « beau-frère » d'Aved. N'y a-t:l pas là une confusion et ne faut-il pas remplacer « beau-frère » par « beau-père » ? Noël-Isaac Bisson, dont les actes ne mentionnent pas la qualité, pouvait bien être capitaine aux gardes hollandaises. Il habitait Amsterdam ', où Aved passa sa première jeunesse. Ce fut probablement lui qui veilla sur l’éducation du jeune homme *.
Celui-ci ne poursuivit pas la carrière militaire : ses goûts le portaient à l'étude des arts. Sa vocation fut déterminée, dit-on, par la vue des estampes de Bernard Picart?. D'après Mariette, il apprit « les premiers élémens du dessin » de François Boitard 4. Ce dessinateur ami de l’aventure avait roulé un peu dans toute l'Europe, dessinant çà et là des sujets faciles, voire obscènes. Après avoir parcouru la France et l'Angleterre il était venu échouer en Hollande. Aved ne fut pas très longtemps l'élève de cet « homme inquiet et débauché * » qui mourut vers 1715, quand notre futur peintre n'avait que treize ans °. C'est sans doute après cette mort qu'Aved reçut les leçons ou les conseils de l'artiste français dont les œuvres l'avaient séduit dès son enfance, le graveur Bernard Picart qui, en 1711, avait ouvert à Amsterdam une boutique d’estampes à l'enseigne de l'Etoile 7.
Il semble que les parents d’Aved n'aient pas contrarié la vocation du jeune homme et que leur fortune ait été suffisante pour lui permettre de travailler en toute tranquillité. Il put compléter les leçons de ses professeurs
par la vue et l'étude des œuvres des maîtres. Amsterdam, dès cette
1. Acte de mariage d'Aved, publié par JAL (A.), Dictionnaire.
2. Il va sans dire que nous nous sommes efforcé de retrouver trace, à Amsterdam, des Bisson. Nous n'avons rien trouvé.
3. Le Nécrologe des hommes célèbres, année 1767, p. 67. — RÉMY (Pierre), Catalogue raisonné... de feu M. Aved, p. I.