‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 5 sur 166 · MARIETTE, Abecedario, t. 1, p · texte numérisé non relu

MARIETTE, Abecedario, t. 1, p

s- MARIETTE, Abecedario, t. I, p. 145.

6. Ibidem. Notons d’ailleurs qu'il est mort à La Haye et que la famille d’Aved vivait à Amsterdam.

7. Sur Bernard Picart, la source la plus précise que nous ayons trouvée est la notice qui figure dans le recueil de Dreux du Radier et Odieuvre, t. V, p. 293, et qui aurait été écrite « d'après des mémoires manuscrits >». D'après elle, Bernard Picart, passé une première fois en Hollande en 1606, revint en décembre 1698 à Paris, où il se maria en 1702. Puis il repartit pour la Hollande et embrassa le protestantisme à La Haye. C'est en 1711 qu'il s'établit à Amsterdam, où il se remaria l’année suivante. Il y mourut le 8 mai 1733. Voir aussi : PORTALIS, Les dessinateurs d'illustrations au xvur siècle, 2° partie, p. 501-508, et PORTALIS et BERALDI, Les graveurs du xvin* siècle, t. III, r°° partie, p. 302-305.

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époque, était une des villes de Hollande les plus riches en bons tableaux.

De plus, si nous en croyons Castillon, Aved parcourut toute la Flandre pour observer la nature et surtout les œuvres d'art que conservaient les villes ou les châteaux :

Il est bien difficile de savoir quel fut, dans la formation d'Aved, le rôle de ses premiers maitres. Leur influence ne se trouve guère dans son œuvre. Il ne dut tenir d'eux que les premiers éléments de son art. Mais de cette période date sans doute son amour pour les peintres de Flandre et de Hollande et sa connaissance de leur technique. Nous retrouverons dans son œuvre l'empreinte de ces maîtres et nous verrons que, toute sa vie, il utilisa l'expérience de connaisseur qu'il avait commencé d'acquérir ainsi.

Dès ce moment, Aved, nous dit le Catalogue de Rémy, «sentit qu'il étoit nécessaire de se former dans une école vivante et qu'il falloit s’instruire par l'exemple joint au précepte. Il vint à Paris en 1721. » Il avait alors dix-neuf ans *.

Il alla demander les leçons du peintre Belle *. Fut-il attiré chez celuici par la vogue dont jouissaient ses œuvres, ou Bernard Picart avait-il conservé quelques relations avec Belle # et lui envoya-t-il son jeune élève ? En tout cas, il put d'autant mieux profiter des leçons de l’académicien qu'il adopta comme lui le genre du portrait.

La peinture de portraits Jouissait à cette époque d'une faveur et d'un éclat sans pareils. En étudiant l'œuvre des Flamands et des Hollandais, Aved avait pu se prendre de goût pour cet art délicat et complexe. En regardant

autour de lui, il pouvait avoir l'ambition légitime d’égaler la brillante destinée

1. Le Nécrologe des hommes célèbres, année 1767, article Aved, p. 68.

2. REMY (Pierre), Catalogue raisonné... de feu M. Aved, p. IV. — Voir aussi le Nécrologe des bommes célèbres, année 1767, article Aved, p. 67, et MARIETTE, Abecedario, t. I, p. 41.

3. Le Nécrologe des hommes célèbres, année 1767, p. 68, nomme Belle : « Le Bel >; RÉMY (P.), Catalogue raisonné... de feu M. Aved, p. V, dit : « M. Bel >; MARIETTE, Abecedario : « Bel ».

4. Belle devait épouser en secondes noces, l’année suivante, Marie-Nicole Horthemels, sœur d’un graveur et d’un libraire. Il devenait ainsi le beau-frère de Nicolas Tardieu et de Charles-Nicolas Cochin. Or, les Horthemels étaient Hollandais, originaires de l'ile de Walcheren. Par cette voie, Belle pouvait avoir des relations avec la Hollande. JAL, Dictionnaire, articles Belle et Horthemels.

des portraitistes contemporains, les Rigaud, les Largillière. Il pouvait, tout simplement, vouloir atteindre au succès de son maître.

Sans qu'il ait Jamais brillé au premier rang, Alexis-Simon Belle avait fourni une carrière honorable. Ce bon élève de François de Troy, académicien en 1703, avait vu la fortune lui sourire depuis qu'en l'année 1704 un portrait de Jacques III Jui avait valu le titre de peintre du roi d'Angleterre. En 1701, il avait quarante-six ans et était l’un des peintres de la Cour et de la haute société. Aved dut s'entendre vite avec lui. Lorsque, l’année suivante, Belle, déjà veuf d'Anne Chéron, épousa Marie-Nicole Horthemels, la filleule de Rigaud, notre jeune peintre signa sur le registre de la paroisse à la suite de la famille de l'épousée

Dans cet atelier, Aved put rencontrer bien des artistes, et aussi des gens du monde, modèles de son maitre. Ses premiers biographes ? signalent parmi les compagnons de sa Jeunesse Carle Van Loo, Boucher, Dumont-le-Romain, Chardin surtout, qui demeura son ami fidèle ; nous le verrons, peu après son mariage, en possession de hautes protections, que, sans doute, il avait acquises depuis quelque temps déjà ?.

Que lui restait-il à apprendre, quand il entra chez Belle? Si, comme nous l'avons dit plus haut, nous admettons, avec Mariette, qu'il reçut ses premières leçons avant 1715, il travaillait depuis sept ans au moins lorsqu'il vint à Paris, et, par conséquent, n'en était plus au début du métier. Belle lui apprit probablement ce qu'il savait, ce qu'il faisait lui-même : placer le modèle selon la tradition française, disposer ses couleurs, ses accessoires, historier ses fonds d’une manière aussi agréable que possible. Que lui aurait-il enseigné de plus? Son talent honorable ne se signalait par aucune originalité. Il

continuait sans éclat ses prédécesseurs, et ses portraits, exécutés soigneuse-

1. L'acte du mariage, célébré à Saint-Sulpice le 8 janvier 1722, a été publié par Alexandre Tardieu dans sa Notice sur les Tardieu, les Cochin et les Belle (Archives de l'Art français, années 1855-1856, p. 61-62).

2. REMY (Pierre), Catalogue raisonné. de feu M. Aved, p. V. — Le Nécrologe des hommes célèbres, année 1767, article Aved, p. 67.

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